100 millions de smartphones « dormants » dans nos tiroirs

Qui n’en a pas un au fond de ses tiroirs ? La France foisonne de vieux smartphones inutilisés, mais ni jetés, vendus ou recyclés pour autant.

Rédigé par , le 25 Aug 2026, à 9 h 30 min
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C’est un chiffre de l’Ademe qui donne le tournis : en France, chaque année, environ 26 millions de smartphones arrivent en fin de vie. Soit 71000 par jour.

Des millions de smartphones « dormants »

Le plus embêtant : la grande majorité de ces téléphones demeurent parfaitement fonctionnels au moment de leur mise au rebut. Techniquement, ils sont en général conçus pour durer entre six et huit ans. Pourtant, les utilisateurs s’en séparent en moyenne après seulement deux à trois ans d’usage. Ils cèdent ainsi aux sirènes du marketing autour des nouveaux modèles.

On estime à plus de 100 millions le nombre de smartphones usagés qui dorment au fond des tiroirs ou des placards des ménages français. Soit un chiffre nettement supérieur à la population totale du pays. Entre crainte de perdre ou de se faire voler des données personnelles, manque de motivation pour les revendre, ou simple oubli, ces équipements ne sont pas réinjectés dans les circuits de reconditionnement ou d’occasion, piégeant ainsi inutilement d’immenses volumes de ressources exploitables.

Une véritable « mine urbaine » négligée

En effet, la fabrication d’un unique smartphone nécessite l’assemblage d’environ 70 matériaux distincts, incluant des métaux précieux ainsi que des terres rares comme l’or, l’argent, le cuivre et le cobalt. L’extraction initiale de ces ressources engendre de lourdes dégradations environnementales et s’effectue parfois dans des zones de conflit soumises à de graves enjeux éthiques et humains. Les experts qualifient désormais ce stock d’appareils de véritable « mine urbaine ». Il faut dire qu’une tonne de vieux smartphones contient une concentration d’or supérieure à celle d’une tonne de minerai brut extrait de la terre.

Malgré ce potentiel exceptionnel, à peine 15 à 20 % des appareils usagés en France sont effectivement collectés pour être recyclés ou reconditionnés. Si le marché des appareils reconditionnés connaît une croissance encourageante en proposant une alternative plus économique et écologique aux produits neufs, il reste très insuffisant. Et ce même si les démarches simples se multiplient : revente, le don à des associations, reprise contre bons d’achat en magasin ou dépôt dans une borne de collecte dédiée.


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