Edito – La révolution de la mobilité sera électrique ou ne sera pas

Un rapport d’une ampleur inédite, résultat d’une analyse de deux fondations, la FNH et la European Climate Foundation, montre que les véhicules électriques sont indispensables à la transition écologique, mais devront eux-mêmes évoluer.

Rédigé par Stephen Boucher, le 11 Dec 2017, à 16 h 40 min

À l’heure où un certain nombre de pays et de villes ont appelé à la fin des véhicules à combustion, certains contestent l’intérêt de la voiture électrique d’un point de vue environnemental. Ils ont raison de souligner que le coût de fabrication en termes écologiques d’une voiture et des batteries nécessaires reste considérable, même si, sur leur cycle de vie, il reste inférieur, mais de peu. Ils ont bien sûr que la réduction de la demande de mobilité, via l’autopartage, le covoiturage, le renforcement des transports publics, notamment, restent la priorité.

Néanmoins, cette étude montre qu’il ne faut pas jeter la voiture électrique avec l’eau du bain de la transition écologique en matière de mobilité, elle en est au contraire une pièce essentielle. Cinq ONG, des constructeurs tels que Renault, le fabricant de batteries Saft ainsi que RTE, le réseau de transport d’électricité, ont commandé et piloté cette étude avec le soutien intellectuel et financier des deux fondations, et la conclusion dissipera les doutes des derniers sceptiques en matière de mobilité électrique : les véhicules électriques sont incontournables si l’on veut réduire drastiquement l’empreinte écologique du secteur du transport. Et nous avons intérêt à accélérer la transition vers la mobilité électrique.

Mobilité électrique : la question n’est pas s’il faut la mettre en oeuvre, c’est comment l’accélérer

Résultat de mois de discussions et de calculs entre experts, l’étude a comparé six véhicules berlines et citadines aux motorisations électriques, hybrides ainsi que deux véhicules thermiques. Elle montre qu’une berline électrique émet près de deux fois moins (44 % de moins) de gaz à effet de serre qu’une berline diesel (26 t équivalent CO2 (CO2-eq) contre 46 t CO2-eq), et une citadine électrique trois fois moins qu’une essence (12 t CO2-eq contre 33 t CO2-eq).

Elle souligne toutefois qu’en 2030, l’empreinte du véhicule électrique pourra varier entre 8 et 14 t CO2-eq, en fonction notamment des choix énergétiques de la France.

revolution électrique

© Ollyy

La moitié parc automobile électrique d’ici 2030

S’appuyant sur un faisceau de preuves, elle montre qu’il est possible d’atteindre 50 % de véhicules électriques dans les ventes de voitures neuves d’ici 2030, mais que cela nécessitera des efforts et des investissements considérables de la part des gouvernements européens, de l’industrie et des autorités européennes. L’UE doit notamment investir massivement dans la capacité de production de batteries et sécuriser l’approvisionnement en matériaux essentiels.

Ce qu’il ressort de l’étude c’est que l’électrification de la moitié du parc de véhicules d’ici 2030 ne ferait accroître la demande d’électricité que d’environ 4 %. Ceci est donc réalisable avec des énergies renouvelables de moins en moins chères, mais les réseaux locaux et les infrastructures de recharge doivent être améliorés, soulignent les experts. Un cadre réglementaire crédible à l’échelle de l’Union, fondé sur un objectif ZEV (« Zero Emission Vehicle ») de plus en plus rigoureux, doit être établi à partir de 2025 afin de stimuler l’offre et rendre les véhicules électriques compétitifs et disponibles en Europe.

On ne doute pas toutefois, les questions énergétiques et de mobilité étant le domaine par excellence des intérêts économiques privés et des chapelles idéologiques particulières, que beaucoup rejetteront ces conclusions avant même d’avoir lu le rapport.

Si vous n’appartenez ni à l’un, ni à l’autre groupe, vous pouvez lire le rapport « How to electrify half of new car sales by 2030 » [en anglais].

Illustration bannière : Faire le plein d’électricité ©  Alexandru Nika
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Actuellement Directeur général de consoGlobe et plus spécifiquement Directeur de la rédaction, Stephen Boucher est anciennement directeur de programme à...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. Evidemment, pour une raison fondamentale, le moteur électrique consomme moins que le thermique, est plus durable, quelque soit la source d’énergie initiale! C’est encore mieux si la source est renouvelable, c’est évident! Néanmoins, la réponse doit être multimodale. La voiture électrique n’est qu’une partie de la solution, comme le vélo, les transports urbains, et surtout, un aménagement du territoire cohérent, structuré, le contraire de l’étalement urbain!

    • Vous oubliez que pour produire un KW d’électricité on en consomme TROIS cherchez l’erreur!!!!!!!!!!!!

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