Pierres et bois pour un potager sans ravageurs et plein de vie

La pierre et le bois peuvent être des atouts pour un potager sans ravageurs, encore faut-il savoir comment les mettre en oeuvre et se contraindre à tout laisser en place pendant plusieurs années.

Rédigé par Julien Hoffmann, le 26 Nov 2018, à 14 h 35 min

Il s’en passe des choses dans un potager… Pire encore, ce n’est jamais vraiment la même chose d’une année sur l’autre ! Laisser des espaces que vous ne toucherez pas, en les équipant de pierre et de bois, donnera plus de constance à votre potager.

 Pour un potager sans ravageurs, il faut mieux le comprendre

Un potager est un lopin de terre que les humains utilisent afin de faire pousser des choses qui se mangent ou simplement de belles choses. Un potager est ce que l’on appelle un agrosystème, un écosystème agricole.

Muret en pierre sèche © Yolanta

S’il existe de nombreuses techniques pour cultiver sa terre en respectant l’environnement et la biodiversité comme le paillage par exemple, laisser tout simplement sa place à la nature n’est pas non plus inutile. Il suffit tout simplement de dédier une partie de votre espace à la nature et de ne plus l’en déloger.

Essayer de maîtriser les animaux qui y vivent ou même qui ne font qu’y passer, est souvent aussi vain que d’essayer de vider la mer avec un seau. Par contre, y favoriser une biodiversité florissante et variée d’auxiliaires, c’est donner toutes les chances à votre « agrosystème » de trouver lui-même un équilibre.

Du bois ?

S’il y a quelque chose que l’on retrouve pratiquement partout dans la nature, c’est bien du bois !

Le bois peut se trouver sous bien des formes de la branche encore verte aux rondins déjà décomposés en passant par les sections plus grosses d’arbres fruitiers taillés. L’intérêt de cette matière première (car c’est une matière première) est avant tout qu’elle se trouve partout et, la plupart du temps juste là, dans ou aux abords de votre potager. Quoi de plus simple que de l’utiliser plutôt que de perdre du temps et de l’énergie, dans tous les sens du terme, à le ramener à la déchetterie.

Sans aller jusuq’à aménager un hôtel à insectes, des débris de bois peuvent abriter la biodiversité au potager © Leriaphoto

Et effectivement, le bois et toutes les essences que l’on peut trouver, devraient avoir toute votre attention :

  • Un tas de branchages de bonne taille pourra faire un abri pour hérissons
  • Un tas de bûches suffisamment grand pourra donner refuge aux chrysopes pour leur hivernage
  • Un tas de vieilles souches déjà un peu décomposées favorisera les carabes, ces dévoreurs de limaces et autres insectes dérangeants
  • Un empilement de branchages de toutes tailles constituera un abri à bien des décomposeurs de la matière organique comme les cloportes par exemple

Quand vous disposerez votre tas de bois, de bûches ou de souches, réfléchissez bien à l’emplacement que vous choisirez. Il n’est pas dit que grand monde soit attiré la première année… Mais plus vous le laisserez en place longtemps, plus il intéressera la faune environnante !

Et des pierres ?

S’il n’est pas forcément aussi facile de trouver des pierres que de trouver des branchages selon les endroits, il faut bien dire que ce n’est pas si compliqué que cela.

Hors les pierres permettent également à bien des animaux de s’y abriter plutôt qu’ailleurs. De nombreux travaux ont été réalisés sur le sujet, notamment à travers tous les ouvrages en « pierre sèche » (techniquement de construction sans jointages).

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Ce tas de pierres – ou de briques usagées pourquoi pas ? – aura l’avantage premier d’accumuler la chaleur. C’est la clef de la réussite d’un tel amas car les lézards adorent la chaleur ! Animaux à sang froid, ils ont besoin de la chaleur du soleil mais aussi des pierres, pour réchauffer leur organisme et pouvoir chasser ensuite. Et bien évidemment, ils chassent les jeunes limaces mais aussi d’autres insectes que vous préférerez certainement les voir dévorer plutôt que vous enquiquiner comme les mouches et les moustiques.

Contrairement à l’utilisation du bois, la pierre a également un avantage technique non négligeable : en accumulant la chaleur durant le jour elle la restitue durant la nuit. Si c’est là profitable pour les lézards il faut savoir que ça le sera aussi pour toutes vos cultures qui apprécient le chaud comme les poivrons, les tomates ou encore les aubergines.

Comme pour la mise en place du bois, il s’agit de bien réfléchir le lieu où vous allez mettre en place votre tas de pierre ou petit muret improvisé. Mais dans le cas de la pierre, pensez bien à enterré la base de votre ouvrage d’art de 15 bons centimètres ou plus. C’est à cette profondeur que de nombreux lézards viendront pondre leurs oeufs pour qu’ils soient bien protégés du froid !

Illustration bannière : Tas de branchage pour potager – © gawee fonkawee
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