Chloramines : nager régulièrement en piscine est-il risqué ?

Une exposition intense et prolongée aux chloramines des piscines présente des risques pour le système respiratoire et la peau.

Rédigé par , le 6 Jun 2026, à 10 h 20 min
Chloramines : nager régulièrement en piscine est-il risqué ?
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Vous pensez reconnaître une piscine bien désinfectée à sa forte odeur de chlore ? Erreur classique. Cette odeur piquante est souvent liée aux chloramines, des composés formés quand le chlore réagit avec la sueur, l’urine, les cosmétiques ou les peaux mortes. Résultat : yeux qui piquent, gorge irritée, nez bouché… et, pour les plus exposés, un risque respiratoire à ne pas négliger.

Le chlore en piscine qui interagit

L’apparition des chloramines dans les bassins résulte directement de l’interaction entre le chlore libre, utilisé pour éliminer les micro-organismes, et les résidus organiques apportés par l’homme : urée, sueur, peaux mortes, mais aussi le maquillage. Ce processus chimique engendre deux catégories de molécules : les monochloramines et dichloramines, qui demeurent dissoutes dans l’eau, et les trichloramines. Ces dernières, sous forme gazeuse, stagnent juste au-dessus de la surface en raison de leur densité supérieure à celle de l’air, polluant ainsi directement la zone d’inhalation des nageurs.

L’inhalation de trichloramines est en fait particulièrement agressive pour l’organisme. En effet, ce gaz attaque directement les cellules qui tapissent le système respiratoire. En plein effort physique, les nageurs dilatent leurs capillaires pulmonaires et respirent principalement par la bouche, ce qui facilite la pénétration profonde de ces agents toxiques. Cette agression répétée peut altérer durablement les fonctions pulmonaires, et même favoriser l’apparition de pathologies bronchiques chroniques, au premier rang desquelles figure l’asthme.

femme plonge dans une piscine

Des profils plus vulnérables

Les risques sanitaires majeurs concernent principalement les personnes subissant une exposition intensive ou précoce. Les maîtres-nageurs et les athlètes de haut niveau sont donc les plus durement touchés. D’ailleurs, l’asthme et d’autres troubles respiratoires étant fréquemment reconnus chez eux comme des maladies professionnelles ou liées à la pratique intensive. Les jeunes enfants et les bébés nageurs sont également particulièrement sensibles car leurs poumons sont encore immatures. Une exposition précoce peut ainsi modifier négativement leur capacité respiratoire à l’âge adulte. À l’inverse, le nageur occasionnel ne risque pas de pathologies graves, mais s’expose à des désagréments passagers.

Comment reconnaître une piscine surchlorée ? Plusieurs signaux d’alerte permettent d’identifier un environnement saturé en trichloramines. Outre une odeur piquante et persistante dans le hall, une température d’eau trop élevée constitue un indice, car elle favorise la prolifération de micro-organismes et pousse les exploitants à saturer les bassins en désinfectant. Sur le plan corporel, des irritations immédiates, comme les yeux qui piquent et la gorge qui gratte, ou des symptômes post-baignade tels qu’un nez bouché pendant plusieurs jours, traduisent une mauvaise qualité de l’air et de l’eau.

séance d'aquagym

Quelle hygiène dans l’eau ?

Étant donné que la production de chloramines dépend de la quantité de matières organiques introduites dans l’eau, la responsabilité de la qualité des bassins repose en grande partie sur les comportements individuels. Il est indispensable d’adopter des règles d’hygiène strictes avant d’entrer dans l’eau, notamment en se démaquillant. Mais aussi en portant un bonnet de bain et en se savonnant soigneusement sous la douche pour éliminer les impuretés de la peau. Par ailleurs, il faut impérativement éviter de se baigner en cas de plaies ou de maladies. Et bien sûr ne jamais uriner dans l’eau, et ne pas utiliser de savon après la baignade pour préserver le film hydrolipidique de la peau, déjà fragilisé par le chlore.

Le bon réflexe : avant d’entrer dans l’eau, prenez une vraie douche savonnée, retirez maquillage et cosmétiques, puis passez aux toilettes. Ce petit rituel réduit les matières organiques dans le bassin et donc la formation de chloramines.

Pour continuer à pratiquer la natation tout en limitant l’inconfort, plusieurs solutions s’offrent aux nageurs. Vous pouvez choisir des établissements équipés de systèmes de traitement alternatifs (comme l’ozone ou la filtration par les plantes) ou opter pour des bassins extérieurs mieux ventilés, qui réduisent drastiquement l’exposition au gaz. De même, privilégier les heures de faible affluence permet de nager dans une eau moins chargée et moins agitée par les remous qui dispersent les molécules toxiques. Enfin, l’utilisation d’accessoires simples comme un pince-nez s’avère très efficace pour protéger la sphère ORL des agressions chimiques.

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