France : un nouveau plan pour réduire l’utilisation de pesticides

Réunis autour d’une même table, quatre ministres (Écologie, Santé, Agriculture et Recherche) ont présenté un nouveau plan d’actions sur les produits phytopharmaceutiques et une agriculture moins dépendante aux pesticides. Sa portée pose néanmoins question.

Rédigé par Anton Kunin, le 26 Apr 2018, à 11 h 40 min

Même si le plan prévoit de « diminuer rapidement l’utilisation des substances les plus préoccupantes pour la santé et l’environnement », le gouvernement se veut plus prudent quant à une interdiction immédiate d’autres produits, sur lesquels des recherches supplémentaires seront menées.

Les agriculteurs seront aidés financièrement pour développer des alternatives aux pesticides

Petit soulagement pour les Français soucieux des impacts négatifs des pesticides : le gouvernement vient d’annoncer que la redevance pour pollutions diffuses sera prochainement « modernisée et progressivement renforcée ». À en croire l’annonce faite le 25 avril 2018 par les ministres de l’Écologie, de la Santé, de l’Agriculture et de la Recherche, cette redevance acquittée par les agriculteurs qui utilisent ces produits sera « davantage modulée » pour mieux tenir compte de la dangerosité des produits. Ses recettes, que l’État évalue à 50 millions d’euros minimum à partir de 2019, financeront l’accompagnement des agriculteurs dans le cadre du plan Ecophyto2 qui sera renforcé et présenté au mois de juin, et de la conversion à l’agriculture biologique.

De nouvelles études seront commandées © totojang1977

Le gouvernement a également rappelé que la France contribuait aux travaux visant à réformer les agences européennes pour que soit mis en place un mécanisme de financement d’études indépendantes sur la dangerosité des produits phytopharmaceutiques, contrairement au système actuel où les décisions sont prises sur la base d’études fournies par les industriels eux-mêmes.

Pesticides : de nouvelles études scientifiques seront lancées en France

Autre annonce importante : des dispositions législatives seront prises pour réduire les risques concernant les riverains des zones agricoles où sont épandus les pesticides. Cependant, même si le principe est acté, sa mise en oeuvre ne se fera pas immédiatement. Dans un premier temps, le gouvernement fera une fois de plus appel aux scientifiques de l’Inserm, l’Inra, l’Ineris et de l’Anses « pour mieux appréhender les effets des pesticides sur la santé humaine ou sur les écosystèmes ». Bonne nouvelle cependant : le cadre réglementaire concernant les pesticides sera désormais évalué dans les 6 mois.

pesticides

Épandage de pesticides © Fotokostic

L’association Génération Futures, qui a été associée à la concertation qui a précédé l’annonce de ce plan, salue les avancées concernant une meilleure protection des riverains, mais regrette que les produits les plus dangereux ne soient pas définis avec précision. L’association dénonce également le lancement de nouveaux travaux scientifiques visant à évaluer la dangerosité des pesticides, puisque de tels travaux ont déjà été réalisés et que leurs conclusions sont connues.

Illustration bannière : Pulvérisation de pesticides – © hedgehog94
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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