Ne relâchez pas votre poisson rouge dans une rivière !

Lassitude ou sentiment de culpabilité face à l’emprisonnement de Bubulle : vous pourriez être tentés, après quelques mois à regarder votre poisson rouge tourner en rond, de le relâcher dans les eaux vives d’une rivière. Mais lui redonner la joie de la liberté et des grands espaces n’est pas une si bonne idée !

Rédigé par Elise Racque, le 1 Oct 2016, à 17 h 52 min

En effet, le poisson rouge, ou Carassius auratus, aussi placide qu’il n’y paraît, cache bien son jeu : il représente un véritable danger pour l’écosystème de nos rivières. Non seulement relâcher son poisson est interdit par l’article 521-1 du Code pénal, mais en plus, cela peut nuire à l’environnement.

Le poisson rouge, un omnivore qui détruit l’écosystème

Le poisson rouge n’a pas d’estomac. Ses intestins filtrent directement la nourriture qu’il ingère. Résultat : il a tout le temps faim et cherche constamment de la nourriture. D’ailleurs, dans son bocal, il mange même ses propres excréments, sous vos yeux incrédules.

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Les poissons rouges doivent rester dans leur bocal © Madeleine Ball (CC BY-SA 2.0) via Flickr

Mais une fois rendu à la rivière, même loin de son bocal désormais oublié, votre Bubulle va continuer le même petit manège en fouillant le sol. Ce faisant, il remue les sédiments, ce qui perturbe l’écosystème, et peut même déraciner certaines plantes.

De plus, les poissons rouges sont omnivores. Hors de l’aquarium, le cyprin doré, comme on l’appelle aussi, découvre tout un tas de choses à avaler : des plantes bien-sûr, mais aussi des oeufs de poissons et des larves d’amphibiens ou d’insectes.

Une espèce invasive

Le poisson rouge se reproduit extrêmement vite. Et pour ne rien arranger, il n’hésite pas à s’accoupler avec d’autres espèces de poissons. Alors un poisson qui mange quelques oeufs, détruit quelques plantes et remue un peu le sol, passe encore, mais avec toute une armée de descendants, cela commence vraiment à poser problème !

De plus, comme ils viennent d’un milieu apprivoisé, les poissons rouges rejetés dans les rivières risquent de transmettre des maladies rares et des parasites contre lesquels les autres espèces ne sont pas préparées biologiquement, et qui leur sont donc souvent fatal.

Des monstres en puissance ?

En Australie, le problème prend des proportions énormes. Dans la Vesse River, au sud-ouest du pays, des pêcheurs ont capturé des poissons mesurant jusqu’à 40 centimètres et pouvant peser deux kilos.

Ce phénomène est dû aux conditions exceptionnelles du milieu où vivent ces poissons, et ne devrait pas se produire en Europe. Les cousins australiens de nos poissons rouges nagent en effet dans des eaux supérieures à 30°C ce qui accélère leur croissance. De plus, la Vesse River longe des terres agricoles, qui fournissent aux poissons des nutriments en abondance.

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Frai de poissons rouges © Perky [GFDL, CC-BY-SA-3.0 or CC BY-SA 2.5-2.0-1.0] via Wikimedia Commons

Des nageurs longue distance

Face à la reproduction invasive des poissons rouges, des chercheurs australiens de l’Université Murdoch ont étudié leurs migrations et leur rythme de vie. Ils se sont concentrés sur 15 poissons, qui avaient été relâchés. Selon les résultats de l’étude publiés le 12 août 2016 dans la revue Ecology of Freshwater Fish(3), ces poissons ont adopté un rythme saisonnier. Lorsqu’ils se reproduisent, ils se dirigent vers des eaux plus calmes qui se trouvent souvent à de très longues distances : l’un des poissons a même nagé 230 kilomètres en un an.

Ainsi, non seulement le Carassius auratus détruit son milieu et se reproduit de manière invasive, mais il est en plus capable de coloniser de nouvelles régions. Les chercheurs auteurs de l’étude tentent donc d’imaginer un moyen de limiter ces déplacements au maximum, pour pouvoir contrôler le développement de l’espèce.

Mais pour limiter la prolifération des poissons rouges en eaux vives, le meilleur conseil est encore de les garder chez vous, dans un aquarium assez grand pour qu’il s’y sente bien.

Illustration bannière : Bubulle, le poisson rouge – © Jonathan James (CC BY 2.0) via Flickr
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Journaliste en formation, j’ai le sentiment de vivre une période charnière où l’information sur les modes de vie alternatifs et l’environnement prend...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Les poisson rouge on horreur des eaux des rivières, ils n’aime pas les courants, il est plutôt végétarien comme les autres carpes, mais son problème c’est qu’il est TRES VISIBLE et bien sur face à un brôchet il ne fera pas long feu, les sandres, black-bass et silures vont aussi le manger rapidement. Ce n’est vraiment pas bien, il ne vivra pas plus d’un jour ou deux. Strictement aucune chance qu’il se mète a proliférer.

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