La France devrait manger moins de viande pour réduire sa consommation d’eau !

Manger moins de viande en adoptant un régime plus sain pourrait réduire l’empreinte eau jusqu’à 35%, selon des chercheurs. Ces derniers conseillent donc d’adopter un régime favorisant le poisson, les fruits et les légumes.

Rédigé par MEWJ79, le 11 Sep 2018, à 10 h 10 min

On le sait : manger de la viande entraîne une consommation d’eau élevée. En effet, la production de viande nécessite beaucoup plus d’eau que celle des légumes ou des fruits. Et la France bat des records !

Une « empreinte eau » élevée en France

Manger de la viande entraîne une consommation en eau gargantuesque, selon une nouvelle étude sur « l’empreinte eau » des régimes alimentaires en Europe, réalisée par la Commission européenne et publiée dans Nature Sustainability(1).

Les bovins sont les plus gros consommateurs d’eau © Kateryniuk

Cette « empreinte eau » des aliments peut être calculée en mesurant la quantité d’eau requise pendant leur culture et leur transformation. Au cours de leur étude, les scientifiques ont étudié les habitudes des habitants de trois pays : la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Au final, le Royaume-Uni possède la plus petite « empreinte eau » moyenne avec 2.757 litres par personne et par jour. L’Allemagne arrive juste après (2.929 litres). Des trois pays, c’est la France qui a la pire « empreinte eau » : 3.861 litres par personne et par jour. À titre de comparaison, les Américains consomment plus de 9.000 litres par jour. Et dans chaque pays, les chercheurs ont constaté de fortes disparités entre les différentes régions. Ainsi les zones rurales ont des empreintes eau plus élevées que les villes, principalement en raison des différences de régime alimentaire.

L’empreinte hydrique totale liée à la consommation alimentaire. a – c, intervalle de valeurs en fonction de la fréquence (c’est-à-dire 0-10 %, 10-25 %, 25-50 %, 50-75 %, 75-100 %) pour la France (a), le Royaume-Uni (b ) et en Allemagne © © nature.com

Manger moins de viande pourrait réduire l’empreinte eau jusqu’à 35 %

En France, cette tendance se manifeste par une division Nord-Sud distincte, les régions viticoles françaises du Sud-Ouest (comme celle de Bordeaux) utilisant jusqu’à 5.000 litres par personne et par jour. Pour comprendre ce que cela signifie : 3.000 litres par jour représentent plus d’un million de litres par an. Et selon les scientifiques, une empreinte plus élevée est associée à une alimentation malsaine, en grande partie parce que la production de viande nécessite beaucoup plus d’eau que celle des légumes ou des fruits.

Manger moins de viande en adoptant un régime plus sain pourrait réduire l’empreinte eau jusqu’à 35 %, selon les auteurs de l’étude. L’économie d’eau pourrait être plus importante encore si la viande était remplacée par du poisson, avec une baisse de 55 % de l’empreinte hydrique. Il est intéressant de noter que le passage à un régime végétarien implique les mêmes économies.

PLus de légumes et moins de viande pour réduire la consommation d’eau © golubovystock

Changer les habitudes alimentaires permettrait non seulement d’économiser de l’eau mais présenterait également l’avantage d’améliorer la santé dans des pays où plus d’un tiers des personnes sont en surpoids et environ le quart sont obèses.

Selon une étude du Crédoc, la consommation carnée a baissé, en France, de 12 % en dix ans(2).

Illustration bannière : Manger de la viande – © Eight Photo
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

3 commentaires Donnez votre avis
  1. Une fois de plus un peut trop raccourci. Certes il faut diminuer la consommation de viandes, mais augmenter celle des poissons peut poser d’autres problèmes vis à vis des métaux lourds et autres polluants dans l’eau. Encore pire avec les fruits de mer (qui sont les filtres naturels de la mer). Quant aux végétaux, le problème est sensiblement le même. Même s’ils sont moins concentrateurs de ces poisons. en résumé, ce n’est pas la viande qu’il faut diminuer mais bien TOUT!

  2. bonjour,
    contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire l’eau n’est pas un problème en France ,c’est même une solution contre le réchauffement climatique …

    Il faut réconcilier les Français avec l’usage de l’eau !

    D’abord le vocabulaire : L’eau n’est pas consommée elle est UTILISEE, cette notion est très importante, parce que la molécule d’eau que vous avez bu aujourd’hui et reyclable a l’infini, c’est exactement la même que vous boirez dans un an, dix ans ou plus ! La sation MIR est le parfait exemple que l’on peut vivre dans un univers clos avec très peu d’eau, à condition que l’eau circule ! Dans le corps humain, ce n’est pas la quantité d’eau qui maintient la vie mais la circulation de l’eau ! Arrêter de boire et vous allez mourir très vite !

    On peut vivre avec très peu d’eau, la France dispose d’une pluviométrie importante mais on applique des restrictions d’eau l’été … Où est l’erreur ?

    Pour comprendre il faut suivre le parcours de l’eau entre les nuages et la mer.

    Sur les zones naturelles et agricoles, la répartition est la suivante :

    10% d’évaporation,
    60 % d’évapotranspiration (indispensable à la vie des plantes et donc à notre alimentation),
    20% de ruissellement, le chiffre est volontairement exagéré pour couvrir tous les cas de figures et les types de sol.
    10% d’eau qui s’infiltre dans les sols vers les nappes phréatiques.

    En région Nouvelle Aquitaine, les surfaces naturelles et agricoles couvrent 90,7% du territoire, soit 7,6 millions d’hectares, si on considère une pluviométrie moyenne de 600mm , on reçoit 45 milliards de m3 par an, ce qui donne 4,5 milliards de m3 d’infiltration … alors que les prélèvements de la TOUTE la Région dans les nappes phréatiques ne représentent que 1 milliard de m3 … Ce qui confirme, toutes les études faites dans la région : l’équilibre entre les prélèvements et le renouvellement de la ressource (recharge des nappes) est respecté pour 89% des masses d’eau souterraines, (cf Etat_des_lieux_eau_Nouvelle_Aquitaine). Ça veut dire aussi que nos prélèvements dans les nappes représentent un 1/4 des infiltrations et que le reste retourne à la mer par voies souterraines pendant l’hiver, donc si on prélève de l’eau dans les nappes l’hiver ça n’aura aucun impact sur le volume d’eau disponible l’été ! Et surtout, toute l’eau stocké l’hiver ne sera pas prélevée l’été … ce qui préserve les nappes !

    Sur les zones artificialisées (villes ) la répartition est plus simple :

    10% d’évaporation
    10% d’évapotranspiration (parce qu’il y a quand même quelques espaces verts)
    80% de ruissellement puisque les sols sont complètement étanches !

    En région Nouvelle Aquitaine, les surfaces artificialisées couvrent 9,3% du territoire soit 781 000 hectares, si on considère une pluviométrie moyenne de 600mm, ça donne 4,5 milliards de m3 par an et donc 3,7 milliards de m3 de ruissellement ! D’après le code de l’environnement rubrique 2.1.5.0 : rejets d’eaux pluviales, les communes ont l’obligation de créer des bassins de rétention pour traiter les eaux pluviales et pour les infiltrer . Exactement les mêmes bassins de rétentions qui existent le long des autoroutes. Mais les communes ne respectent ce code de l’environnement et rejettent toutes les eaux de pluie vers les cours d’eau, et souvent en passant par les assainissements collectifs …
    Pour la région nouvelle aquitaine, les zones artificialisées rejettent l’équivalent de 3 fois le prélèvement TOTAL de TOUTE la région (potable, agricole et industrie) dans les nappes phréatiques, c’est énorme !
    Il faut être réaliste techniquement il serait très difficile de construire des bassins de rétentions pour autant d’eau, mais il faudrait au minimum infiltrer 1 milliards de m3 pour compenser les prélèvements, ou faire des réserves pour tous les usages non domestiques (industrie et agriculture par exemple) ce qui reviendrait à diviser par DEUX les prélèvements dans les nappes !

    En tout cas la nature, en France, et particulièrement généreuse en eau, et si la répartition annuelle n’est pas bonne on peut facilement y remédier !

  3. Je suis d’accord qu’il nous faut manger moins de viande tel est mon cas.
    Puisque la consommation de viande se réduit en France… on exporte les animaux dans d’autres pays ce qui ne résout pas les problématiques que vous soulevez, notamment la consommation d’eau.
    Ceci est donc pure hypocrisie !

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