La microfinance : une arme contre le chômage ?

Rédigé par Paul Boucher, le 26 Feb 2015, à 19 h 27 min

Micro-crédit, macro-tendance

Littéralement « Banque des villages », la Grameen Bank est spécialisée dans le micro-crédit. Elle dispose aujourd'hui de près de 1 400 succursales et travaille dans plus de 50 000 villages. Depuis sa création, elle a déboursé 4,69 milliards de dollars de prêts et affiche des taux de remboursement de près de 99 %. Dans les années 1980-1990 des initiatives similaires voient le jour ailleurs : la Banco Solidario en Bolivie ou l'ADIE (association pour le droit à l'initiative économique[2]) en France, entre beaucoup d'autres. Aujourd'hui il existe pléthore d'ONG, de banques coopératives ou sociétés mutualistes qui investissent ce secteur. Pour ne citer que la France, à côté de la Banque Postale, du Crédit mutuel, des Caisses d'épargne, de la Banque populaire et de la BNP, qui ont toutes maintenant des services de microfinance, on peut citer PlaNet Finance[3], créée par Jacques Attali, et d'autres associations comme France Active[4], Initiative France[5], les Boutiques de Gestion[6] ou la Fondation de la Deuxième Chance[7], pour ne citer que les organismes les plus connus. microfinance-microcredit-micro-finance-pret-euros-02
  • A écouter, l'interview sur France Inter de Christian Sauttet, directeur de France Active, mercredi 25 février 2015.

Est-ce que le micro-crédit réduit le chômage ?

La réponse est : oui et...non. Comment ça, une si bonne idée ne marcherait pas ? ! Hélas, l'économie n'est pas chose simple et parfois les meilleures idées connaissent un destin inégal. Le paradigme traditionnel du microcrédit est à peu près ceci : « Les pauvres sortent de la pauvreté en empruntant, créant leur microentreprise et accroissant leurs revenus ». En fait, l'emprunt ne remédie qu'à l'un des problèmes financiers des pauvres. Certes, il donne accès aux activités bancaires. C'est ce qu'on appelle l'inclusion bancaire. Elle est bienvenue, car elle apporte une certaine indépendance et autonomie, notamment pour les femmes. microfinance-microcredit-micro-finance-pret-euros-05 Mais pour être autonome on a besoin aussi d'épargne. On emprunte pour se donner les moyens de gagner de l'argent, bien sûr, mais aussi pour pouvoir en mettre de côté : construire une maison, marier sa fille, acheter un tracteur ou une machine-outil. Or, les IMF (instituts de microfinance) ont mis du temps à comprendre que pour vraiment venir en aide auxpersonnes sans argent, il faut aussi les accompagner pour les aider à faire face à tous les risques qui les menacent,par exemple, leur ouvrir un compte épargne, leur apprendre à faire grandir leur entreprise et à la gérer correctement. C'est ce qu'on appelle maintenant la microfinance accompagnée. Autre difficulté  : le succès même de la microfinance a conduit à son industrialisation sur le plan mondial. Certains ont compris aussi qu'il y avait de l'argent à gagner chez les pauvres ! Ce qui a inévitablement conduit à des abus. On se souvient des paysans indiens poussés au suicide par l'endettement excessif auprès de banques soi-disant « solidaires ».

Un bilan globalement positif - Les instituts de micro-crédit apprennent

Toutes les associations citées plus haut ont compris ceci et ne prêtent de l'argent que dans un contexte de conseil et d'accompagnement. Malgré les réserves exprimées plus haut, la microfinance a donc constitué un apport globalement positif :
  • Elle a mis fin à certains préjugés sur les pauvres, en France comme ailleurs.
  • Elle a conduit nombre de banques commerciales à s'intéresser aux personnes dépourvues d'argent, mais pas sans idées ni sens des affaires.
  • Elle a eu un impact très positif sur l'avancée des femmes dans beaucoup de pays sous-développés.
  • Elle a changé le regard sur ce qu'on appelle la « charité » : plutôt que donner de l'argent aux pauvres, il vaut mieux créer les occasions de réussite que ces personnes sauront saisir.

Catherine Barbaroux, invitée de l'économie par radioclassique

*

Références [1]Acteur français né le 7 octobre 1890 et mort le 12 mars 1971. // [2]http://www.adie.org // [3]http://france.planetfinance.org/ // [4]http://www.franceactive.org // [5]http://www.initiative-france.fr // [6]http://www.bge.assoc.fr // [7]http://www.deuxiemechance.org/fr-fr/
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Professeur d’université à la retraite, Paul aime observer le monde moderne et ses évolutions. Il s’intéresse tout particulièrement à l’économie...

7 commentaires Donnez votre avis
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  3. Bonjour, j’aime beaucoup votre site, il y a plein d’articles très instructif et qui vont dans le sens de mais idées, mais vos publicités deviennent bien trop invasives et si cela continue, je vais aller voir ailleurs si j’y suis. Désolé pour ce commentaire désobligeant, ce n’est pas dans mes habitudes, mais là, je craque
    Altobert.

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    C’est ce qui me plait dans ces formules.
    Suite à votre article, et à une émission récente sur France Inter, je vais aussi regarder côté français.

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