Trop de médicaments sont donnés systématiquement aux enfants

L’association de défense des consommateurs UFC-Que choisir publie aujourd’hui une « liste noire » des médicaments pour enfants. Inutiles voire dangereux, on a tendance à avoir recours aux traitements chimiques même quand il n’y a pas besoin !

Rédigé par Séverine Bascot, le 22 Feb 2018, à 12 h 30 min

Dans sa nouvelle édition, le magazine mensuel Que Choisir révèle les résultats d’une enquête menée sur les médicaments qu’on administre trop facilement aux enfants dès la première quinte de toux ou poussée de fièvre !

Des médicaments à éviter pour traiter les pathologies bénignes chez les enfants

Chez les enfants encore plus que chez les adultes, prendre un médicament n’a rien d’anodin. D’autant plus que dans la plupart des cas, ce geste pourrait être évité : en effet les maladies infantiles, souvent spectaculaires, sont généralement inoffensives. Rhume, fièvre ou toux, diarrhée ou reflux, on peut être efficace pour les soigner au naturel, d’autant plus que des médicaments à éviter demeurent sur le marché…

enfant malade

Des remèdes naturels existent contre les maux bénins des enfants © George Rudy

 Contre le rhume

Les enfants sont fréquemment sujets au rhume, un trouble qui n’est pas grave après l’âge de 6 mois. Pour soulager le nez qui coule ou qui est bouché chez les moins de 15 ans, évitez les sprays décongestionnants comme Pernazène ou Rhinofluimucil – qui contiennent des vasoconstricteurs pouvant présentés des risques cardiaques, ainsi que les sprays antiseptiques (Dolirhume) potentiellement irritants, et les suppositoires combinant un antiallergique et du paracétamol, qui sont absolument inutiles pour soigner un rhume.

Que Choisir recommande aussi d’éviter l’usage de certaines huiles essentielles (camphre, thym, lavande…) avant 12 ans.

Contre la toux

Comme le rhume, la toux est une affection bénigne, qui n’a la plupart du temps pas besoin d’être traitée si on s’attaque à sa cause.

Contre la toux sèche, Que choisir recommande de bannir complètement les sirops codéinés tels que Euphon, Néocodion, etc., ainsi que les traitements à base de dextrométhorphane, de pholcodine ou de noscapine qui peuvent provoqués des effets secondaires graves. De même, les sirops antihistaminiques (Humex toux sèche, Toplexil, ou encore Rhinathiol) sont inutiles et peuvent même être dangereux.

Attention : si la toux s’accompagne d’une fièvre persistante, de difficultés à respirer ou si elle est liée à une allergie, consultez un médecin

Les cas de toux grasse

Bannir les fluidifiants bronchiques (Mucomyst, Bronchokod et tous les génériques à base d’acétylcystéine…) surtout chez les moins de deux ans ! Ils sont en vente libre, soyez donc très vigilants !

Contre la fièvre et les douleurs

Contre la fièvre, trop de parents apeurés administrent encore du paracétamol de manière systématique en association avec de l’ibuprofène. Pour quelques dixièmes de fièvre, cette médication souvent abusive comporte des risques alors qu’il existe de bonnes astuces anti fièvre naturelles.

Lire aussi : 8 astuces anti fièvre naturelles pour les enfants

Si un traitement s’avère nécessaire, le paracétamol (Doliprane, Dolko, Dafalgan pédiatrique) peut être administré dès la naissance, mais il faut veiller à respecter la posologie. Même chose dans le traitement des douleurs (oreilles, tête, gorge, dents…)

L’ibuprofène (Advilmed, Nurofenpro) est également efficace contre la fièvre comme contre les douleurs intenses (sauf dentaires), mais un avis médical est nécessaire car il comporte des risques d’effets secondaires.

Contre la diarrhée

Le seul moyen de prendre en charge la diarrhée reste la prévention de la déshydratation, surtout chez les moins de deux ans.

enfant malade

© alexjey

Les médicaments antidiarrhée comme Imodium enfants, peuvent bloquer le transit et expose à des somnolences gênant la réhydratation. De même, les antiseptiques intestinaux comme Panfurex, Nifuroxazide, délivrés sur ordonnance aux plus de 2 ans, sont même potentiellement toxiques pour l’enfant (troubles allergiques, effets indésirables cutanés graves…).

De même, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme Advilmed et Nurofenpro, proposés en vente libre pour le nourrisson sont totalement contre-indiqués en cas de déshydratation, puisqu’ils peut provoquer de l’insuffisance rénale chez l’enfant déshydraté.

Contre le reflux du nourrisson

Source d’inconfort chez les bébés, le reflux du nourrisson est pourtant généralement sans risque pour eux, et ne nécessite aucun traitement mais plutôt des ajustements quant à la façon de les alimenter. Les médicaments autrefois prescrit dans les cas de reflux à base de dompéridone (Motilium, Peridys, Oroperidys…) ont été sortis du marché du fait de leur totale inefficacité et de leur dangerosité. Sont toujours en vente Peridys et Oroperidys (abandon en cours), Motilium). Faites le tri dans votre amoire à pharmacie !

Illustration bannière : Fillette malade – © sirtravelalot
Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
consoGlobe vous recommande aussi...



Voyageuse insatiable, j'ai parcouru le monde autant pour des raisons personnelles que professionnelles : rien de mieux pour prendre la mesure de l'état de la...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. l’Ibuprofène est aussi un anti-inflammatoire non stéroïdien…

Moi aussi je donne mon avis