Fruits et légumes bio : les marges honteusement démesurées de la grande distribution !

Selon l’UFC-Que Choisir, si la grande distribution appliquait au bio les mêmes marges brutes qu’aux fruits et légumes conventionnels, les ménages économiseraient 18% par an, soit 121 euros, sur leurs achats de fruits et légumes bio.

Rédigé par MEWJ79, le 23 Aug 2019, à 10 h 00 min

L’UFC-Que Choisir dénonce les marges beaucoup trop élevées des grandes surfaces qui font exploser le prix des produits bio. L’association cite ainsi la pomme dont la marge est 149 % supérieure à la conventionnelle.

Produits bio en grandes surfaces : des marges brutes 75 % plus élevées

Les prix des produits bio en grandes surfaces sont élevés, c’est un fait. Chacun se demande pourquoi les fruits et légumes sont si chers, parfois même plus que dans les magasins spécialisés. L’UFC-Que Choisir a la réponse. En effet, selon une enquête publiée dans le magazine du jeudi 22 août, les marges brutes de la grande distribution sur les produits alimentaires bio sont 75 % plus élevées que sur les productions conventionnelles.

En plus d’être très chers, les produits bio vendus en supermarché le sont souvent (sur)emballés dans du plastique ! © Naty.M

Afin de parvenir à ce constat, l’enquête s’est basée sur 24 fruits et légumes les plus consommés en France, durant une année, de mai 2018 à mai 2019. L’association de défense des consommateurs conclut : si la grande distribution appliquait au bio les mêmes marges brutes qu’aux fruits et légumes conventionnels, les ménages économiseraient 18 % par an, soit 121 euros, sur leurs achats de fruits et légumes bio.

Une marge brute de 149 % sur la pomme

« On ne voit pas ce qui justifie que la grande distribution se gave », déclare Alain Bazot, le président de l’association de défense des consommateurs sur franceinfo(1).

Mais sur le site de l’UFC, une explication est apportée : les grandes surfaces surfent sur la peur des consommateurs concernant les pesticides utilisés dans l’agriculture et donc les risques sanitaires qu’entraîne la consommation d’aliments non bio.

Honteux : la grande distribution fait des marges mirobolantes sur les pommes de terre, mais aussi les pommes et les tomates © BobNoah

Dans le détail, selon l’association, seul l’oignon voit sa marge être équivalente qu’il soit bio ou non. C’est une tout autre histoire pour la pomme de terre, la tomate et la pomme, pour lesquelles les marges brutes sont respectivement 83 %, 109 % et 149 % supérieures au conventionnel. « La palme des sur-marges revient au poireau, où la grande distribution marge 2,5 fois plus sur le bio que sur le conventionnel (plus 165 %) », conclut UFC-Que Choisir.

Une raison de plus, s’il en fallait encore une, de fuir ces temples de la surconsommation ?

Les distributeurs ont critiqué « une étude biaisée » qui aurait été menée sans méthodologie. Interrogé par Le Parisien, Jacques Creyssel de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) se défend : « Les prix des fruits et légumes évoluent selon la météo, les arrivages, il faut regarder une période beaucoup plus longue que dix jours ». Il met en avant « les coûts spécifiques au bio » comme la durée de vie plus courte des produits frais bio, un emballage séparé pour les distinger des produits conventionnels et le besoin de davantage de main-d’oeuvre. Il demande également le nom des enseignes incriminées(2)

Illustration bannière : Enfant choisissant des légumes bio – © Maria Sbytova
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Journaliste, je fais le grand écart entre football et littérature jeunesse.

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