Consommateur piégé : les manipulations du merchandising

Rédigé par Jean-Marie, le 3 Feb 2014, à 9 h 04 min

On nous prend pour des idiots ! Jouer de notre soi-disant sens des bonnes affaires

Les produits complémentaires sont évidemment vendus à côté les uns des autres. Mieux, ils sont en pack de manière à laisser croire que l’un des produits du pack en moins cher. Avez-vous remarqué que parfois des produits en tête de gondole ne sont pas moins chers que les mêmes en rayons ?

Un produit en tête de gondole, on le pense moins cher, donc on le prend plus facilement. Souvent sans vérifier. C’est normal, quand on achète en promotion cela nous donne l’impression d’être intelligent !

Revendre les lots à l’unité

Parfois c’est l’inverse, on nous prive de bonnes affaires qui nous étaient destinées. Souvent les fabricants proposent d’ailleurs des packs avec, par exemple, une seconde boite de conserve à -40 %.

Mais, on sait que certains chefs de rayons les séparent pour les vendre à l’unité. On appelle cette pratique le « délotage ». Elle a donné lieu à des batailles entre les fournisseurs, trompés, et les distributeurs, mais cela n’a pas mis fin à la pratique

On compte sur notre étourderie

On ne dira pas que c’est intentionnel bien que certains le soutiennent : les erreurs à la caisse, en votre défaveur, ne sont pas rares. 7 % des prix vérifiés sont erronés dans un magasin sur deux et dans 60 % des cas les erreurs sont en défaveur du client. Alors forcément, statistiquement, on est perdant.

A savoir :  s’il y a une différence entre le prix indiqué en rayon et celui payé en caisse, le consommateur devra payer le prix le plus bas, sauf en cas d’erreur manifeste, comme un ordinateur à douze euros.

Faire de fausses promotions

Là il ne s’agit plus d’étourderie mais d’une stratégie bien organisée, surtout pour les packs de produits.

Il arrive qu’un pack de yaourts de 16 unités normal soit moins cher que le même pack en promotion et mis en avant avec une signalétique : 8 centimes de différence sur cet exemple relevé par une chaine de TV. Or parfois, un pack de deux produits, des shampooings, peut voir son prix au litre augmenter de 35 %. L’équipe Lundi Investigation a enquêté dans 20 hypermarchés et a découvert à chaque fois, 2 ou 3 promotions bidons ! Vérifiez toujours les prix au kilo !

On pourrait parler des pratiques « limites » de la grande distribution qui fait tout pour empêcher une trop forte concurrence (on trouve parfois exactement les mêmes prix dans toutes les enseignes !). Une étude de concurrence a montré que dans les secteur des télévisons, 80 % des produits étaient au même prix à l’euro près. Pas la peine de faire la tournée des magasins pour trouver votre écran plat moins cher.

Autre pratique courante pour brouiller la concurrence : empêcher de comparer les produits en en changeant les noms. Ici, ce modèle s’appelle Toshiba WX- 2009 et dans une autre enseigne Toshiba SZ-2004.

 On vous rembourse si vous trouvez moins cher ailleurs !

Quand un consommateur signale à un marchand qu’il a trouvé moins cher ailleurs, sans s’en rendre compte, il joue le rôle de « Police des prix » à la place du marchand.

Le consommateur joue ainsi contre son intérêt car cela va aider à ajuster le prix du produit signalé sur le niveau de la concurrence. Et donc empêcher de faire des bonnes affaires. Retour au point précédent. Merci bien pour l’attrape-nigaud.

C’est en 1999, qu’est apparu le terme « market manipulation » pour évoquer toutes ces pratiques visant à créer une asymétrie d’information entre le consommateur et les distributeurs.

Cette notion créée par Jon Hanson et Douglas Kysar souligne combien la distribution cherche à exploiter les limites cognitives des consommateurs pour conforter son avantage. Le but est de nous mettre en condition pour être plus disposé à acheter, quitte parfois à organiser des mises en scène ou des opérations trompeuses.

Si, en tant que consommateurs, nous ne sommes pas forcément aussi rationnels que nous le croyons, vous voilà désormais plus averti des techniques employées pour vous manipuler. Si, pour les grandes enseignes, in consommateur non averti en vaut deux, vous voilà maintenant mieux équipé pour être plus maître de vos choix.

Pour vous c'est un clic, pour nous c'est beaucoup !
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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

27 commentaires Donnez votre avis
  1. Thanks for shigrna. Always good to find a real expert.

  2. You coud’nlt pay me to ignore these posts!

  3. Voici pas mal d’années, j’avais fait l’acquisition d’un fer à repasser de marque ROWENTA dans un grand magasin qui vous rembourse la différence si vous trouvez moins cher ailleurs.Croyez moi j’ai cherché et encore cherché pour finalement me rendre compte que cela était impossible car si la marque était la même dans d’autre commerces, le type de l’appareil était différent. Il était impossible de trouver la meme référence.Je me suis pris la tête avec une vendeuse qui refusait d’admettre la vérité.

  4. pour ma part je fait mes cours dans les enseignes qui solde les produits qui arrivent à date limite de consomation ,je fait ainsi des économie et je réduit le gaspillage .

  5. Les promotions sont parfois aussi trompeuses, en particulier les achats par lot: toujours vérifier le prix au kilo, souvent supérieur lors d’achat par lot que celui à l’unité!

  6. D un autre côté moi.j ai pas les moyens de me payer un poulet à 20 euros on dit qu’on s y retrouvé. Et bien non faut quand même sortir 20 e ma moyenne surfacé près de chez moi me propose tout ce dont j ai besoin et de la a dire qu’ils. Veulent que j acheté des légumes pourris!!!!!faut pas exagérer nous sommes tout de même libre de se renseigner de comparer

  7. Vraiment un article inutile ! Vraiment pas très recherché ni complètement véridique. Nous avons toujours le choix, vous pouvez toujours allez faire vos courses ailleurs ou réfléchir au moment de l’achat; ce n’est pas encore interdit. Tant pis pour les moutons.

    • Donc pas grave qu’on manipule le client, il a cas aller ailleurs. Mais ou ailleurs? Tu irai ou toi?
      Et un mouton je te rappelle que t’en est un que tu le veuille ou non.
      Vraiment un commentaire inutile: pas très recherché et pas complètement véridique.

    • C’est exactement la même réflexion que je me suis faite. Y a un moment ou on va vraiment chercher la petite bête. Oui, les magasins font en sorte qu’on s’y sentent bien parce que si on est heureux, on achète plus. Waouw, grande découverte !

      Et quoi, on devrait faire en sorte que les gens se sentent stressés et n’achètent que le stricte minimum ?

      Chacun son intérêt. En tant que consommateur, c’est de dépenser le moins possible, en tant que vendeur, c’est l’inverse. Si votre métier ne vous rapportait rien, vous n’auriez pas de quoi vivre.

      Ça me semble être du bon sens …

      J’ai une grande nouvelle pour vous. Les gens vous manipulent, quand ils sont gentils avec vous, c’est parce qu’ils veulent attirer votre sympathie 🙂

  8. J’ai fait mon choix ! Plus de grande distri !. (pour ma part) = mal bouffe,
    on dit que le bio est + cher, mais hélas après avoir « succombé » aux offres « alléchantes » de la grande distribution, en fin de compte, dans un magasin Bio, vous achetez juste l’essentiel, c’est rapide, c’est bon et frais et on n’est pas tenté !

  9. Bonjour
    Une seule solution : BOYCOTT
    Je me suis donné pour objectif de ne pas dépasser 5% d’achats en grande distribution, les 95% en boutiques locales, bio et marchés. Calculs faits pour 2013 ça fait à peu près 7%, pour des courses de produits d’entretien et 1 ou 2 bouteilles 1 fois par mois. Seule exception : le carburant, la différence de prix étant incitative.

  10. Effectivement, les erreurs  » involontaires  » au niveau de la caissière sont rares . La plupart du temps il s’agit d’informatique ou prix non remis à jour en rayon . Cela peut correspondre jusqu’à 100 pct du prix . Systématiquement, après le passage à la caisse, il est recommandé de vérifier en gros la facture de façon à pouvoir réclamer immédiatement . Je pense que si les Responsables de magasin étaient poursuivis , il y aurait moins d’erreurs  » involontaires ….  » . Quelle personne pressée prend le temps de retourner à la Caisse principale pour un remboursement ou une plainte ? nous, consommateurs, sommes responsables de ce laxisme .
    L’Euro a fait perdre le sens de la valeur d’un produit !
    De plus, les prix sont de plus en plus difficiles à repérer. Avec la bénédiction de l’Europe, le poids des paquet est réduit à 600gr ou plus ou moins selon le bon vouloir …
    Prendre le temps de faire ses courses devient un luxe ! mais un luxe gratifiant ,
    Cordialement

    • Bonjour,
      Petite parenthèse par rapport au sujet, je reviens juste sur la phrase « L’euro a fait perdre le sens de la valeur d’un produit. » (cf. villers)
      Les valeurs des produits ont évolués, en partie à cause du changement de monnaie, mais c’est tout à fait normal.
      La perception de la valeur d’un produit est à mon avis plus une histoire de génération. Au même titre que l’on comparait les prix entre anciens et nouveaux francs, on compare les prix à l’époque du franc par rapport à l’euro.
      Pour ma part, j’avais 14 ans au passage à l’euro, je n’ai pas eu le temps de me forger une échelle de valeur en franc, je suis donc probablement plus attentif au nombre de centimes dans un prix que d’autres.

  11. Excellent article, clair et bien documenté.
    Peut-on cependant y ajouter quelques méthodes comme le fait de changer régulièrement les produits de place afin de ne pas créer « d’habitudes » chez le client ? Ou encore d’organiser la « pénurie » en ne proposant plus tel ou tel produit afin de favoriser tel ou tel autre ?
    La déréglementation des volumes et poids à aussi permis bien des abus: Le consommateur paie le même prix, mais la quantité a diminué (D’où l’intérêt du prix au kilo ou au litre) !

  12. Toutes réduction c’est à la caisse qu’il faut le dire, les caissières et caissier ne sont pas tous au courant des modification journalière des enseignes..ne pas se faire avoir c’est aussi faire ses courses après un repas et avoir une liste et un retrait en billets.

  13. Je dois faire partie des exceptions car je ne me laisse jamais piéger dans une grande surface quelle qu’elle soit ! je n’achète que ce dont j’ai besoin, un point c’est tout; au sujet des « promotions » il y a longtemps que je me suis aperçue que c’était un piège à gogos, je regarde le prix au kilo, hors promotion et celui-ci, en général le premier est plus intéressant…

    D’autre part, au point du vue musique, plus elle est forte, plus j’ai envie de fuir, donc je ne prends pas le temps de parcourir le magasin, je file direct à la caisse pour sortir au plus vite, quitte à oublier des achats ou à laisser tomber et me fournir ailleurs, là où c’est plus calme.
    Mes enfants pères et mère de famille agissent exactement comme moi, et me disent souvent que je suis un très bon exemple, ça fait toujours plaisir !

    • Je vous rejoins tout à fait; Ces méthodes marchent de moins en moins.

    • Daphné, je suis comme vous.Je fuis un magasin trop bruyant. Je prends la peine de comparer les promotions avec les produits normaux et si je ne trouve pas le produit que je cherche parce que le magasin a changé la disposition, je ne cherche pas et je vais l’acheter ailleurs. Pourtant, j’ai le temps de traîner dans les rayons, je suis à la retraite, mais c’est loin d’être mon sport favori. Je rentre dans le supermarché avec ma liste et je m’y tiens, sauf si j’ai oublié quelque chose bien sûr,liste de plus en plus courte car je fabrique moi-même mes produits d’entretien,je fais mes yaourts (mon mari lui, ne les aime pas, donc…) je fais un jardin l’été qui me permet de congeler, déshydrater ou mettre en conserve un max de légumes et j’achète un maximum de naturel ou de bio dans une « Ruche qui dit oui », équivalent des AMAP, mais pour la ville. Alors, comme vous tous ces pièges du marketing ne me prennent pas dans leurs filets.

  14. Dans le catalogue du 29 janvier au 8 février 2014 des Ets LECLERC : maxi formats, page 5, beurre de bretagne demi-sel et doux.
    Cette réduction s’est glissée parmi d’autres mais formulée différemment.
    Malheureusement j’ai acheté 3 lots mais deux demi sel et un doux et je n’ai pas eu la réduction car je me suis fait piégée.
    J’ai fait une réclamation dans le magasin : je n’avais qu’à bien lire !
    Je tenais à en faire la remarque car je ne trouve pas cela très normal et assez limite.

  15. J’voue que je suis très attentive à ne pas tomber dans les pièges, mais il y a un seul dont je ne résiste jamais, c’est la bonne odeur de pain ! souvent j’en prend même si je n’ai pas besoin et je le mange tout de suite en entrant…

    • Si vous saviez avec quoi et comment sont fait les pains et autres viennoiseries de la grande distribution, jamais plus vous n’en achèteriez !Quand à « la bonne odeur de pain », ça fait aussi partie des méthodes de merchandising employées pour tromper le consommateur.

    • Le pain!! effectivement! j’ai voulu en acheter en grande distribution ….si vous avez la possibilité de lire les étiquettes ! regardez ce que vous achetez!!! des EXXX , des farine de soja ou de riz, de l’huile de palme! j’ai reposé les baguettes et je suis partie dans une vrai boulangerie…

    • Hum moi aussi

    • à Nadja : sauf que dans les « vraies » boulangeries on ne sait pas du tout ce qui se trouve dans le pain. Si vous discutez du travail d’un boulanger avec d’autres consommateurs locaux, vous pouvez par exemple apprendre que cet artisan fait son pain en fumant, car il est fumeur et il travaille la nuit où il y a peu de contrôles et que de temps en temps de la cendre tombe dans son pétrin etc etc…sans parler des farines ou des additifs utilisées car les boulangers ne sont pas tenus à étiquetter leurs pains. Mieux vaut acheter du pain en boulangerie ou magasin bio.

  16. Rien de neuf là-dedans et rien de réellement dénonçable. L’enquête fait le journaliste et ici, point d’enquête.

    • Pas d’accord Ode, je trouve qu’il s’agit d’une excellente synthèse…. même si on n’a pas de consommateurs interrogés sur le terrain ; ça remet bien les idées en place et on prend conscience que les magasins sont vraiment organisés pas du tout au hasard !

Moi aussi je donne mon avis