L’UFC dénonce les dérives du financement participatif

Si les fonds collectés par le financement participatif étaient en hausse en 2016, cette croissance n’est pas sans risque, comme l’affirment la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et l’UFC-Que Choisir.

Rédigé par Nathalie Jouet, le 24 Feb 2017, à 9 h 30 min

L’UFC a dressé un bilan des plateformes de financement participatif. Rendements trompeurs, clauses illicites, défauts d’information… Les abus sont nombreux. L’association a d’ailleurs mis en demeure six plateformes dont les clauses sont jugées abusives.

Le financement participatif victime de son succès ?

Les prêts aux entreprises accordés par les épargnants via des plateformes de financement participatif ont doublé en 2016 puisque plus de 440 millions d’euros de fonds ont été collectés cette même année.

Le statut d’intermédiaire en financement participatif a été créé il y a seulement trois ans, et l’UFC-Que Choisir met déjà en garde contre ces plateformes. Pour rappel, ce type de placement permet aux particuliers d’investir dans des entreprises via une plateforme moyennant un rendement déterminé. Le risque est donc censé être peu élevé.

Toutefois, la réalité semble bien différente. En effet, sur les 337 entreprises auditées, 8 % ne publient pas leurs comptes, selon l’association de consommateurs. Leur publication constitue pourtant une obligation légale. De plus, plus de 40 % des prêts accordés par ces sites seraient en défaut de paiement. Or, cette part importante augmente le risque pour les prêteurs qui restent mal informés.

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Des rendements surestimés selon l’UFC-Que Choisir

L’association dénonce le défaut d’information des prêteurs. Unilend qui accueille le plus grand nombre de projets en France, affiche par exemple un taux de défaut allant de 1 à 2 %. Or, selon l’UFC, ce chiffre correspond au taux de défaut moyen des PME sur un an. « Les taux de rendement annoncés par les sites de crowdfunding ne prennent en compte ni les défauts de remboursement, ni la fiscalité qui pèse sur l’épargnant », déplore Matthieu Robin, chargé d’études à l’UFC.

L’association est formelle, elle souhaite « obtenir un assainissement » du système de financement participatif. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a donc été saisie par l’UFC-Que Choisir. Elle met également en demeure les plateformes Bolden, Lendix, Lendopolis, Pretup et Prexem de purger leurs conditions générales d’utilisation.

Illustration bannière : Financement participatif – © Vectortone Shutterstock
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