Le crowdfunding : quand des inconnus financent votre projet

Des centaines de projets naissent dans la tête de nombreux individus chaque jour. Faute de moyens financiers, peu d’entre eux finissent par aboutir. Le financement communautaire ou solidaire change la donne.

Le crowdfunding : quand des inconnus financent votre projet

“L’union fait la force”, “les petits ruisseaux font les grandes rivières”… Le crowdfunding se base sur cette logique : ce sont les petits efforts accumulés qui peuvent faire aboutir de grands projets. A une époque où règnent en maîtres les réseaux sociaux et les communautés en ligne, le crowdfunding ou financement communautaire est le meilleur moyen de faire appel à la générosité des uns et des autres pour concrétiser son projet. De la finance solidaire en somme.

Crowdfunding, le financement communautaire

Né comme beaucoup de nouveaux mouvements aux Etats-Unis dans les années 2000, le Crowdfunding (de crowd, foule en anglais) consiste en la mise en relation d’une communauté déjà existante ou créée pour l’occasion et d’un porteur de projet en quête de financement. N’importe quel internaute séduit par le projet peut ainsi y participer en contribuant financièrement. Les participations peuvent démarrer dès 5 ou 10€ car c’est la capacité à mobiliser un maximum de personnes qui permettra le succès.

Le financement participatif ou crowdfunding est une immense opportunité pour tout porteur d’idées.

Un concept créatif, un peu trop visionnaire au goût des banquiers ? Il suffit de déposer son idée sur un site de crowdfunding et ce sont les internautes qui jugent si oui ou non le jeu en vaut la chandelle.
Pour chacun d’entre nous, c’est aussi une formidable opportunité de faire émerger des idées et des tendances qui ne sont pas imposées par les modèles économiques actuels. C’est l’occasion de sortir du moule en quelque sorte.

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Grâce au financement communautaire, un lien particulier se crée entre porteur du projet et contributeurs. On ne parle plus de retour sur investissement dans le sens pécuniaire du terme. Le contributeur reçoit des récompenses en nature, à hauteur de son investissement.

Cela peut prendre la forme d’une carte postale reçue de l’autre bout du monde pour un contributeur ayant participé à l’élaboration d’un carnet de voyage, un concert privé donné à domicile ou encore l’occasion d’aller sur scène avec une troupe de théâtre pour clore la pièce qui n’aurait jamais pu être montée sans ce type de financement.

Le crowdfunding rassemble des individus pour un projet humain, une expérience collective.

En résumé : le crowdfunding consiste à faire appel aux internautes pour concrétiser les créations et les projets les plus divers : création de start-up, musique, films, jeux vidéo, livres, recherche…

Le crowfunding est un mode de financement participatif qui bouscule l’économie ; il est fondé sur d’autres critères que la recherche unique de profit. Cette nouvelle tendance, qui s’inscrit dans le mouvement de l’économie collaborative, est avant tout une expérience de capital social partagé.

L’épargne des particuliers mal utilisée

L’assurance vie (1 450 Mds€) représente aujourd’hui 40 % du patrimoine financier des Français, contre 5 % seulement dans les années 1980. Mais une grande part de cette assurance vie ne finance pas l’économie « productive »… mais le déficit public ! 290 Mds€ sont placés dans la dette publique française, contre 60 Mds€ en actions non cotées (PME/ETI). Des chiffres à comparer au montant dérisoire (200 M€) investi chaque année en fonds propres dans les jeunes entreprises innovantes.

Les jeunes entreprises à potentiel : un désert de financements, aggravé en temps de crise

Les entreprises en croissance ont du mal à se financer. Les banques réduisent les crédits et les sociétés de capital risque ralentissent leurs engagements, les montants d’investissement limités (< 1 M€) ne permettant pas de couvrir des frais de gestion élevés et donc d’offrir une rentabilité acceptable.

Le crowdfunding, nouvelle forme de financement pour relancer l’économie

Dans un monde où la crise économique côtoie la défiance des Français aux placements intermédiés (FIP, FCPI, etc.), le financement participatif en capital, qui permet aux épargnants d’investir en direct des petits montants dans des TPE/PME de leur choix, peut être une alternative durable pour soutenir l’économie en redonnant aux Français du sens à leurs placements. En développant la culture d’entreprise, le crowdfunding peut permettre de réconcilier les épargnants avec les chefs d’entreprise.

Ne pas confondre financement et production communautaires

Crowdfunding  mymajorcompanyDepuis quelques années, les grandes maisons de disques (Universal, Sony Music Entertainment, EMI et Warner en tête) se font grignoter leurs parts de marché par des beaucoup plus petits.

MyMajorCompany, SellABand, Artistshare, Spidart, Slicethepie ou NoMajorMusik, ces noms sonnent-ils à vos oreilles ? Il s’agit de labels communautaires qui font de n’importe quel internaute lambda un actionnaire : l’internaute mise sur le succès d’un artiste et espère ainsi un retour sur investissement.

Dans le cas du crowdfunding, c’est différent. La participation financière est destinée au projet lui-même et ne sera pas reversée aux investisseurs. Cependant, les financeurs y gagnent aussi bien sûr. Ils ont le pouvoir de développer et de pousser des projets alternatifs qui n’auraient jamais pu aboutir sans leur apport. Et c’est une sacrée récompense ! Et c’est sans compter les avantages en nature qu’ils perçoivent (un CD dédicacé, un extrait de making-off d’un court métrage, voir son nom au générique d’un documentaire etc.).

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