Les îles, des écosystèmes fragilisés

Sur les îles, l’extinction d’espèces animales s’effectue à une vitesse beaucoup plus élevée qu’ailleurs sur Terre. En cause, les espèces invasives qui les colonisent.

Rédigé par Anton Kunin, le 27 Oct 2017, à 11 h 10 min

Les îles abritent seulement 5 % de l’ensemble des vertébrés parmi lesquels 41 % sont menacés d’extinction, nous apprend l’étude d’une équipe internationale de chercheurs menée sur 465.000 îles à travers le monde.

Les écosystèmes insulaires encore plus fragiles qu’ailleurs

Selon les données rassemblées par les chercheurs, 39 % des espèces de vertébrés menacés se retrouvent à 76 % sur des îles où ont aussi été recensées des espèces de vertébrés invasives et à 97 % sur des îles où vivent aussi des espèces de mammifères invasives.

Lémurien à Madagascar © Artush

61 % des espèces disparues habitaient d’ailleurs sur des îles, et 37 % des espèces actuellement menacées sont également insulaires.

Si habiter une île présente un facteur de risque d’extinction plus élevé pour les animaux, ce n’est pas un hasard : les animaux des îles se caractérisent souvent par des populations et des taux de reproduction peu élevés. Ils possèdent également moins de capacités de défense comparé avec les animaux continentaux, ce qui les rend vulnérables vis-à-vis des prédateurs introduits par l’homme.

De surcroît, ils font aussi souvent l’objet d’une exploitation par l’homme, ce qui réduit leurs chances de survie et de reproduction.

Le bouleversement des équilibres naturels précipite l’extinction d’espèces

« Comme la biodiversité est une sorte de chaîne, pas un seul maillon ne peut être enlevé sans qu’il occasionne un impact sur d’autres maillons« , rappellent les auteurs de l’étude. Par exemple, la disparition d’oiseaux marins se reproduisant sur des îles peut altérer négativement la fertilité des sols, ce qui aura un impact sur les plantes qui pousseront (ou ne pousseront plus) sur ces sols.

Également en danger : les tortues géantes des Seychelles © KKulikov

La disparition sur l’île Maurice d’une espèce de tortue géante (Cylindraspis triserrata) a laissé un certain nombre d’espèces de plantes sans moyen de reproduction, car leurs graines étaient auparavant ingurgitées par ces tortues, avant de retourner à la terre par le biais des excréments servant ainsi de fertilisant.

Afin d’attirer l’attention des spécialistes et des pouvoirs publics sur les résultats de leurs travaux, les chercheurs ont élaboré des cartes de coexistence d’espèces incompatibles. À condition de prendre des mesures, il y a donc encore de l’espoir pour la biodiversité des îles.

Illustration bannière : galapagos – © Rene Holtslag
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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