Le Vatican repeint ses murs avec du lait de vache

Construit en 1484, le Palais du Belvédère est en train de se refaire une beauté. Pour le restaurer bâtiments et statues, les ouvriers du Vatican ont opté pour une technique ancestrale : le lait de chaux.

Rédigé par Aurélien Savart, le 4 Jan 2018, à 10 h 45 min

C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe ! À croire que les techniciens du Vatican se sont rappelés de cet adage au moment d’entretenir les façades, statues et autres oeuvres d’art… avec du lait

Le lait de vache plus résistant que les peintures synthétiques

L’architecte en chef du Vatican, Vitale Zanchetti est clair sur la question : « C’est une ancienne technique qui a prouvé son efficacité face aux peintures synthétiques. Nous ne sommes pas nostalgiques d’une époque. La peinture dure plus longtemps, c’est tout ».

Le lait utilisé provient de Castel Gondolfo, la résidence d’été du pape située à quelques encablures de Rome. Acquis par Pie XI en 1929 pour montrer l’attachement de l’Église catholique au monde rural, la propriété fournit le Saint-Siège en légumes, fruits, herbes aromatiques, oeufs, volailles… issus de l’agriculture biologique. Quant au lait, les 80 vaches en produisent chaque jour pas moins de 700 litres !

vatican lait

© Gilmanshin

L’encyclique Laudato si’ du pape François, consacrée aux questions environnementales, a servi de guide pour les travaux de restauration. « Nous avons vraiment essayé d’appliquer ces méthodes non invasives, pour l’environnement et pour les gens », a rappelé Barbara Jatte, directrice des Musées du Vatican. Mélangé avec de la chaux et des pigments naturels, le lait s’applique à la main grâce à une technique séculaire.

Des restaurations à base d’huiles essentielles de thym et d’origan

Ce n’est pas la première fois que les restaurateurs du Vatican utilisent des méthodes ancestrales pour rénover leur domaine. Ces derniers sont à la pointe en ce qui concerne l’utilisation des huiles essentielles pour nettoyer et protéger les 570 statues et oeuvres d’art en marbre des champignons qui les attaquent lentement et les détériorent au fil du temps.

Lire aussi : Maison : préférez la chaux, c’est tout beau !

Pour résoudre ce problème, le Saint-Siège a mené des recherches qu’il a partagé lors d’une conférence internationale en octobre 2017. Les équipes ont démontré que les essences d’origan et de thym retardaient la détérioration des oeuvres sans les endommager. Les huiles utilisées proviennent de cultures biologiques en Sicile et ne sont aucunement dangereuses pour la santé de la centaine de restaurateurs qui travaillent dans la Cité.

Illustration bannière : Palais du Belvédère, Vatican © Yuriy Biryukov / Shutterstock
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