Le sable, une ressource en voie de disparition

Le sable, omniprésent dans notre quotidien, est victime du pillage d’une industrie colossale, toujours plus vorace qui épuise cette ressource à grande vitesse. Éviter la pénurie devient un enjeu environnemental et économique à l’échelle planétaire.

Rédigé par Annabelle Kiéma, le 28 Aug 2020, à 7 h 57 min

Le sable évoque la plupart du temps la plage, les vacances, les îles paradisiaques. Pourtant, notre rapport avec le sable ne se limite pas aux deux ou trois semaines de congés d’été. Le sable fait partie de notre quotidien, il est même omniprésent. Pourtant, cette ressource dont nous avons tant besoin s’épuise. Elle est victime d’une industrie colossale, toujours plus vorace et de pillages.

Bientôt une pénurie de sable ?

Peu d’entre nous s’en rendent compte mais le sable arrive en troisième position des ressources les plus utilisées, après l’air et l’eau, mais devant le pétrole ou le charbon !

Il représente environ 200 usages quotidiens, allant de la filtration de l’eau à la fabrication de microprocesseurs et de produits de haute technologie, en passant bien sûr par le verre, qui c’est d’ailleurs l’une de ces principales utilisations.

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Juste après l’eau, le sable est la seconde ressource minérale exploitée par les humains © Krivosheev Vitaly

À côté de ces domaines assez évidents, le sable se cache aussi dans des produits beaucoup plus inattendus : parce qu’il est source de dioxyde de silicium, on en trouve ainsi dans le vin, le papier, le dentifrice et des milliers d’autres choses.

On se sert aussi du sable pour construire des avions puisqu’il entre dans la composition du plastique des réacteurs, de la peinture ou encore des pneus. En d’autres termes, dans notre société actuelle, le sable est devenu comme l’air ou l’eau : on ne peut pas vivre sans.

Le bâtiment, gros consommateur de sable

Là où le sable est vital, c’est bien pour le secteur du bâtiment. Dans les granulats (grains minéraux de tailles variables du sable au gravier), il forme la matière première du béton que l’on trouve dans quasiment tout type de construction. On estime que le boom immobilier actuel engendre une consommation de 2 tonnes par an et par être humain de béton !

Parce que son coût de production est relativement bas, et qu’il présente des qualités inégalables, le béton armé est donc le matériau de construction dominant à l’échelle planétaire. Or il est composé de 2/3 de granulats et de 1/3 de ciment et d’eau… Le sable est donc présent dans les 2/3 des constructions du monde entier.

Outre le bâtiment, le secteur public est lui aussi très friand du sable puisqu’il en a besoin pour construire des routes par exemple.

Combien de sable ?

  • Dans le monde, on utilise 40 milliards de tonnes de sable par an. À part l’eau, aucune ressource n’est exploitée à ce point. 30 milliards de tonnes servent à fabriquer du béton, et les 10 milliards restants pour les puces électroniques et l’extraction de gaz de schiste, selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).
  • En France, ce sont 383 millions de tonnes de sable qui sont nécessaires chaque année.
  • Pour construire un hôpital, ce sont 3.000 tonnes de sable qui sont utilisées.
  • Pour construire une autoroute, 30.000 tonnes de sable sont englouties à chaque kilomètre et 12 millions de tonnes pour une centrale nucléaire !

L’extraction du sable provoque des déséquilibres

Or le sable est une ressource non renouvelable. Pendant des années, le sable provenait de carrières qui s’épuisent. Face à ce constat et au besoin de s’approvisionner en cette ressource, on a décidé d’exploiter celui des rivières.

Mais cela a eu deux conséquences catastrophiques pour l’environnement : d’une part, l’extraction du sable provoque des crues ; d’autre part, lorsqu’on décide d’extraire du sable des rivières, on empêche le remblai naturel des plages.
En effet, le sable présent sur les plages provient de roches situées parfois à des milliers de kilomètres. Il est charrié par les cours d’eau et il s’écoule entre un siècle et un millénaire avant son arrivée dans les mers et les océans.

Alors que les mines et carrières de sables s’épuisent à travers la planète, le dernier endroit où trouver du sable est donc au fond de la mer. Pour aller chercher le sable au fond des océans, les industriels font intervenir d’immenses navires spécialisés capables d’extraire et emporter jusqu’à 400.000m³ de sable par jour. Ce pillage des fonds marins entraîne de graves conséquences sur l’environnement.

Lire page suivante : La surexploitation du sable : catastrophe écologique, opportunité économique

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Je fais partie de ce qu’on appelle désormais les « slasheurs » : je suis rédactrice / sophrologue / et j’enseigne le français comme langue...