Clap de fin pour l’A45 : doit-on encore construire des autoroutes ?

Le 16 juillet 2020 marque la fin de la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) de l’autoroute A45. Une victoire pour ceux qui s’y opposaient.

Rédigé par Audrey Lallement, le 17 Jul 2020, à 10 h 12 min

Depuis une quarantaine d’années, des habitants luttaient contre la création d’un tronçon d’autoroute. Le projet a été définitivement enterré.

« L’État privilégie les alternatives routières et ferroviaires à l’A45 »

Victoire pour les opposants au projet d’A45 ! Le 16 juillet 2020 marque en effet la fin de la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) de cette autoroute. Cette dernière avait été signée pour 12 années en 2008. Ainsi, ce vieux dossier se clôt après des décennies de mobilisation des habitants qui avaient créé un collectif et celle de Pascal Garrido, l’ancien maire de la Talaudière(2).


Le projet consistait à faire construire un tronçon d’autoroute entre Brignais et la Fouillouse. Il était censé alléger le trafic sur l’A47 entre Givors et Saint-Étienne où il y a souvent des embouteillages et des accidents, en coupant à travers des terres agricoles. Il était estimé à 1,5 milliard d’euros et avait du plomb dans l’aile depuis qu’Élisabeth Borne, alors ministre de la Transition écologique, l’avait jugé non ‘consensuel’ : « L’État privilégie les alternatives routières et ferroviaires à l’A45 », avait-elle annoncé en octobre 2018 au journal Le Progrès.

Un autre projet de routes au Royaume-Uni

Cette affaire n’est pas sans rappeler un autre projet au Royaume-Uni. Il s’agit d’un programme de création de nouvelles routes dont le coût est estimé à 27 milliards de livres soit 29 milliards d’euros. Selon un rapport de Transport for Quality of Life, il pourrait ajouter 20 millions de tonnes de dioxyde de carbone en plus entre 2020 et 2032.

Rappelons ici que le trafic routier est l’une des principales sources des émissions de CO2 et que l’empreinte carbone des véhicules à moteurs thermiques est loin d’être négligeable. Le récent confinement d’une grande partie du monde l’a encore bien prouvé avec la baisse impressionnante de la pollution alors que le trafic routier était à l’arrêt quasi total.

D’après les auteurs de du rapport, les 20 millions de tonnes de CO2 supplémentaires proviendraient de :

  • La construction des routes elle-même
  • Une vitesse de conduite plus élevée sur les autoroutes qui augmente l’empreinte carbone ;
  •  Encore plus de trafic routier

Et d’ajouter que malgré le développement des voitures électriques, cette pollution supplémentaire serait inévitable. En effet, 80 % des bénéfices apportés par les transports électriques seraient annulés avec la création de ce nouveau réseau routier.

Une seule solution : ne plus construire de nouvelles routes !

Illustration bannière : Plus d’autoroute = plus de trafic = encore plus de pollution © Simple_Moments
Références :
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Bernard Pierré

    Il faut aussi mentionner le projet GCO (Grand Contournement Ouest) de Strasbourg qui n’a pas pu être stoppé malgré un combat de plusieurs années des militants, citoyens, élus qui refusaient le projet.

Moi aussi je donne mon avis