La Birmanie ou le salut par les ressources naturelles

Rédigé par Jean-Marie, le 10 Oct 2012, à 18 h 57 min
La Birmanie ou le salut par les ressources naturelles
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Vers plus de transparence  pour plus de pétrole

Le nouveau gouvernement, plus démocratique, a pris quelques initiatives bienvenues pour booster le secteur des mines. Il s’intéresse de près à l’Extractive Industries Transparency Initiative (EITI), un accord international pour donner de la transparence aux opérations minières.

Les Etats unis et l’Union européenne ont en 2007 adopté un embargo sur les importations de pierres précieuses, de bois, de métaux et de minerais en provenance de Birmanie. La chine continue de fermer les yeux et laisse passer les importations illégales.

Selon la Banque asiatique du développement, le secteur minier birman représente déjà 56, 2 milliards de dollars en 2010 (contre 2,3 mds en 2000), grâce à une croissance de 37,6 % ! La richesse de la Birmanie en zinc, argent, cuivre, chrome, or et autres pierres précieuses commence à lui porter profit.

La Birmanie, pays du jade et du rubis

Le pays a aussi quelques gisements majeurs de gaz et de pétrole mais manque cruellement des capitaux et surtout des savoir faire nécessaires à leur exploitation. C’est pourquoi le régime a ouvert grand la porte aux compagnies pétrolières étrangères pour s’attaquer à ces gisements inexploités : 23 lots ont été attribués à des sociétés occidentales pétroliers et offshore en mai 2012. Ces compagnies vont pouvoir au passage se refaire une virginité en évitant le passage obligé des généraux corrompus. (3)

La Birmanie détient des réserves prouvées de pétrole et de gaz de 2,1 milliards de barils et de 25 milliards de m3. Son ministre de l’Energie estime détenir en sus, de grandes quantités de gaz de schiste.  Mais en  2011–2012, « seulement » 13,8 milliards ont été investis par des majors étrangères (soit 31 % du PIB !) car le pays ne s’est pas encore transformé en un havre accueillant et rassurant pour des investissements géants.

En effet, le pays souffre toujours d’un régime accusé de manque de transparence, de corruption ainsi que d’insuffisantes infrastructures de transport, énergétiques ou de communication modernes. Egalement dans le viseur, la politique environnementale de la Birmanie qui est insuffisante (pour être gentil) pour protéger sa belle biodiversité : l’exploitation forestière menace les forêts, le traitement des déchets miniers fait défaut ainsi que le traitement des eaux qui n’est pas aux normes internationales. Sans parler des conditions d’exploitation minières dangereuses relevées dans les mines d’or des état du Kachin et de Karen, ou dans les mines de cuivre dans le nord du pays.

*

(1) Conclusions tirées du récent rapport des Natural resources experts de GlobalData
(2) Raport de l’ONG environnementale Global Witness de 2005
(3) En 2009, un rapport de l’ONG Earth Right International (ERI) a mis en lumière la soit disant « collaboration » des géants de l’énergie que sont Total et Chevron, avec la junte militaire birmane. Ce rapport accusait les multinationales pétrolières françaises et américaines de soutenir financièrement la junte militaire au pouvoir accentuant le « haut niveau de corruption en Birmanie »

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Jean-Marie Boucher est le fondateur de consoGlobe en 2005 avec le service de troc entre particuliers digitroc. Rapidement, il convertit ses proches et sa...

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