La stévia : un savoir volé aux tribus Guaranis ?

La stévia pourrait être une monnaie d’échange pour les Guaranis contre des terres ou des projets de développement, puisqu’il s’agit de leur savoir ancestral.

Rédigé par Valérie Dewerte, le 29 Nov 2016, à 10 h 45 min

Elle est sur toutes les tables, dans les boissons, dans les armoires : la stévia. Ce remplaçant du sucre et de l’édulcorant classique, issu d’une plante, est désormais un incontournable de l’agroalimentaire, puisqu’il a un fort pouvoir sucrant mais ne contient que très peu de calories. Toutefois, selon certains, il serait issu de « bio-piraterie » : la stévia aurait été tout simplement volé aux Guaranis. Explications.

Les Guaranis : inventeurs de la stévia sans qu’on le sache

La stévia est une bonne chose pour la santé mondiale : l’ajout de stévia dans les sodas ou les plats cuisinés permet de réduire les calories de ceux-ci, et donc les risques d’obésité. Ce n’est pas aussi bon qu’avoir une alimentation 100 % naturelle voire bio, mais c’est déjà mieux que de l’édulcorant ou encore que le sucre. Pas étonnant que l’industrie agroalimentaire l’ait rapidement adoptée : en quelques années seulement elle a envahi les étals.

Sauf que la stévia aurait été volé. Plus précisément, les Guaranis, tribus autochtones d’Amérique du Sud, auraient été à l’origine de la découverte cette plante qui fait partie de leur savoir ancestral. Personne ne leur a demandé l’autorisation d’utiliser leur découverte qu’ils n’ont bien évidemment pas « brevetée » au sens moderne du terme. Pour les ONG, c’est de la bio-piraterie : les multinationales ont volé un savoir.

La stévia en échange d’une contrepartie pour les Guaranis ?

Les ONG veulent que le savoir des Guaranis soit reconnu, et de nombreuses entreprises seraient déjà dans une démarche responsable. Sauf que les indigènes d’Amérique du Sud sont régulièrement chassés de leurs terres par les industriels. Pour les ONG, il faut que ça cesse, et la stévia pourrait être une monnaie d’échange.

Les Guaranis se disent prêts à négocier avec les géants de l’agriculture et à partager leurs savoirs en échange d’une contrepartie. Pas forcément de l’argent, mais peut-être des terres ou des projets pour les communautés… Reste maintenant à convaincre les industriels de faire leur part.

Illustration sondage : Stévia – © Droit d’auteur : HandmadePictures Shutterstock
Illustration bannière : Femmes guarani qui protestent en chantant – © Julian Peters Photography Shutterstock
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