Demain je crée mon jardin sauvage

Pour beaucoup d’entre nous, le terme « jardin sauvage » est un oxymore : ou c’est un jardin, ou c’est sauvage ! On a du mal à imaginer un jardin où on laisserait pousser les « mauvaises herbes », où tout ne serait pas aligné au cordeau, avec séparation nette des espèces.

Rédigé par Paul Boucher, le 24 Sep 2020, à 17 h 00 min
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Le verger-potager

Les vergers-potagers ou jardins semi-sauvages offrent aussi une solution relativement simple pour l’amateur. ConsoGlobe est allé demander son avis à Olivier Barbié, fondateur de l’École d’Agriculture Durable à Albi et auteur de l’Abrégé d’agriculture naturelle.

« L’établissement d’un jardin sauvage est très simple. Il faut vraiment dédramatiser. D’ailleurs, pourquoi serait-il difficile de laisser faire la nature ? C’est bien le contraire qui est difficile ».
Olivier Barbié nous explique qu’il existe deux transitions : « commencer sur sol labouré ou sur prairie/gazon. Sur prairie, on travaille le sol sur 5 cm la première année (houe, charrue, cultivateur canadien, etc.) Alternative : on couvre le sol de 3 à 5 cm de matière organique, comme la paille, le brf, le compost ».

Qu’est-ce que le BRF ?

BRF pour bois raméal fragmenté : un mélange de résidus de broyage (fragmentation) et de branches (rameaux), hors compostage

« Le démarrage du jardin sauvage se fait comme suit : on sème à la volée un mélange de petites graines de légumes, de fleurs (soucis, cosmos, oeillets d’Inde, etc.), voire de plantes aromatiques et d’arbres. Ce semis est répété tous les 10-15 jours pour introduire des légumes de saison. Certains légumes sont semés pendant 6 mois tous les 15 jours : radis roses, salades. Quatre fois par an, on sème du trèfle blanc à la volée, encore. Les grosses graines (fèves, pois) et les légumes à repiquer (oignons) sont plantés aléatoirement au plantoir conique. De même, les plantes vivaces, les arbres et les arbustes déjà développés sont plantés sur toute la surface. Le bord du jardin est transformé en haie plus ou moins complétée par des arbres fruitiers ».

jardin sauvage

Le jardin sauvage reproduit, à son échelle, des milieux naturels locaux afin d’offrir un refuge à la vie sauvage, tant végétale qu’animale © Peter Turner Photography

« Comme on ne va au jardin que pour semer et récolter, les allées sont laissées telles quelles sous forme de petites sentes qui circulent dans le jardin ».

« Dans le cas du jardin naturel, un peu moins sauvage que le précédent mais aussi plus productif, les semis se font en ligne après avoir légèrement gratté le sol à la houe puis on tasse avec un petit râteau. Les plantations aussi se font en ligne. Mais dans ce cas, sur chaque planche, on associe deux ou trois légumes. Par exemple : artichauts, pois, pommes de terre, radis, soucis, topinambour, radis noir, mâche cosmos, groseillier, choux, tomates, carottes, corbeilles d’argent, etc. Cela permet de faire plusieurs récoltes au même endroit puisqu’on associe des légumes ayant des cycles différents en durée et ayant des dates de récolte décalées ».

« D’une année sur l’autre, on fait alterner ces associations de légumes (rotations des annuelles). Les planches laissées vides en hiver – il n’y en a que très peu – sont semées de moutarde, fève, phacélie, trèfle, etc. Pour augmenter le rendement, il suffit d’arroser et d’épandre du compost à la surface mais en plusieurs fois, pour ne pas étouffer les plantes ».

coup de coeur

Jardin sauvage

Avis aux amoureux du monde vivant, voici un recueil d’actions à mener pour aménager son terrain en faveur de la faune et de la flore sauvages. Plus de 25 aménagements de la haie à la prairie fleurie en passant par les massifs, le compost, la mare, le muret de pierres sèches, les plantes d’autrefois…

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Article republié

Illustration bannière : Framboisier dans un jardin sauvage © JoannaTkaczuk

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Professeur d’université à la retraite, Paul aime observer le monde moderne et ses évolutions. Il s’intéresse tout particulièrement à l’économie...

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