Piéride du chou : protégez vos choux des prédateurs en juillet au jardin bio
Pour jardiner de saison, en juillet, nous vous recommandons de protéger vos choux, spécifiquement d’être attentif à la piéride du chou.

Les feuilles de vos choux sont criblées de trous ou réduites à leurs nervures ? La responsable est peut-être la piéride du chou. Ce joli papillon blanc est inoffensif, mais ses chenilles peuvent rapidement dévorer les brassicacées. Filet, inspection des feuilles, ramassage manuel et biodiversité : voici comment protéger naturellement le potager.
Ce qu’il faut retenir
- La piéride du chou peut être présente d’avril à octobre, avec plusieurs générations dans l’année.
- Un filet anti-insectes correctement installé reste la protection préventive la plus fiable.
- Inspecter régulièrement le dessous des feuilles permet de retirer les oeufs et les jeunes chenilles.
- Les plantes compagnes et préparations végétales peuvent compléter la prévention, sans garantir une protection totale.
Piéride du chou : pourquoi faut-il surveiller le potager ?
Le genre Pieris regroupe plusieurs espèces de papillons blancs. Les adultes butinent les fleurs et participent à la vie du jardin. Ce sont toutefois leurs chenilles qui posent problème au potager.
La plus connue est la piéride du chou, Pieris brassicae. Très répandue en Europe, elle fréquente aussi une partie de l’Afrique du Nord et de l’Asie.
Elle recherche principalement les plantes de la famille des brassicacées. Chou pommé, chou-fleur, brocoli, chou frisé, chou-rave, navet et radis peuvent ainsi lui servir de garde-manger.
Reconnaître les oeufs et les chenilles
La femelle de la piéride du chou dépose généralement ses oeufs jaunes en groupes sur les feuilles. Après leur éclosion, les chenilles restent d’abord réunies avant de se disperser.
Elles sont reconnaissables à leur corps vert jaunâtre ponctué de noir. Très voraces, elles peuvent grignoter les feuilles jusqu’à ne laisser que les grosses nervures. Leurs déjections risquent également de souiller le coeur des choux.

Les oeufs jaunes de la piéride du chou sont souvent regroupés sous les feuilles.
Ne pas confondre piéride du chou et piéride de la rave
Une autre espèce fréquente est la piéride de la rave, Pieris rapae, également surnommée « petit blanc du chou ».
Plus petite, elle pond généralement ses oeufs séparément. Sa chenille verte se montre plus discrète, mais peut également occasionner des dégâts importants sur les choux et les autres brassicacées.

Plusieurs chenilles de piéride du chou peuvent rapidement défolier un brocoli.
Quand la piéride du chou pond-elle ses oeufs ?
La piéride du chou passe généralement l’hiver sous forme de chrysalide. Les premiers adultes apparaissent au printemps, puis plusieurs générations peuvent se succéder jusqu’à l’automne.
La période de vigilance s’étend généralement d’avril à octobre, avec une activité souvent marquée pendant l’été. Le calendrier varie toutefois selon les régions et les conditions météorologiques.
Début juillet 2026, des pontes et de très jeunes chenilles étaient notamment observées dans plusieurs cultures de choux en Normandie. Un temps chaud, sec et ensoleillé favorise l’activité des papillons.
Il est donc préférable de contrôler les plants au moins une à deux fois par semaine. Regardez le dessus et le dessous des feuilles, mais aussi le coeur des jeunes choux.
Comment lutter naturellement contre la piéride du chou ?
Pour éviter les insecticides chimiques, mieux vaut combiner plusieurs méthodes. La prévention reste plus simple que la lutte contre une colonie déjà installée.
1. Installer un filet anti-insectes
Le filet anti-insectes constitue la solution préventive la plus fiable. Posez-le dès la plantation, avant l’arrivée des papillons.
Installez-le sur des arceaux afin qu’il ne touche pas les feuilles. Une piéride pourrait pondre à travers les mailles si le feuillage reste plaqué contre le filet.
Fermez soigneusement les côtés et vérifiez régulièrement l’absence de trous. Avant la pose, inspectez chaque plant pour ne pas enfermer des oeufs ou des chenilles sous la protection.
Une maille de 4 à 7 mm suffit généralement contre les papillons. Une maille plus fine protégera également les choux contre les altises et d’autres petits ravageurs.
2. Retirer les oeufs et les chenilles à la main
Dans un petit potager, le ramassage manuel est simple et efficace. Écrasez les pontes ou retirez la partie de feuille concernée. Les chenilles de piéride ne sont pas urticantes et peuvent être prélevées avec des gants.
Intervenez le plus tôt possible. Quelques oeufs sont beaucoup plus faciles à gérer qu’une colonie de chenilles affamées.
3. Préserver les ennemis naturels de la piéride
Les oiseaux insectivores, certaines araignées, les carabes et les guêpes parasitoïdes participent à la régulation des chenilles.
L’une de ces petites guêpes, Cotesia glomerata, parasite notamment les chenilles de piéride. Ses cocons ressemblent à de petits amas jaunes ou blancs. Si vous en voyez près d’une chenille, laissez-les en place : de précieux auxiliaires sont à l’oeuvre.
Pour accueillir ces prédateurs, conservez des fleurs variées, des haies et quelques zones moins entretenues. Évitez les traitements insecticides à large spectre, qui détruisent aussi les espèces utiles.
4. Tester les plantes compagnes avec réalisme
L’ail, l’oignon et d’autres plantes odorantes peuvent perturber la recherche des plantes hôtes par certains insectes. Vous pouvez les associer aux choux, tout comme le thym, le romarin, la sauge, le céleri ou la mélisse.
Cette diversité végétale est intéressante pour l’équilibre du potager. Elle ne remplace toutefois ni le filet ni l’inspection régulière des feuilles.

Les chenilles de piéride peuvent ne laisser que les nervures des feuilles de chou.
5. Utiliser la capucine comme plante attractive
La capucine peut elle aussi accueillir les piérides, car elle fait partie de leurs plantes hôtes. Certains jardiniers l’utilisent comme plante attractive, éloignée des choux.
Cette technique demande une surveillance attentive. Une capucine couverte d’oeufs pourrait devenir un véritable réservoir de chenilles. Retirez donc régulièrement les pontes et les feuilles très infestées.
Elle trouve facilement sa place dans un potager en carrés, où elle attire aussi les pollinisateurs.
6. Pulvériser des préparations végétales en complément
Le purin d’orties, les préparations à base de tomate ou l’infusion de tanaisie sont parfois conseillés pour perturber les papillons.
Leur efficacité reste cependant variable et moins bien établie que celle d’un filet. Considérez-les comme un complément, jamais comme l’unique protection.
Évitez les pulvérisations sur les fleurs et ne traitez pas en présence d’abeilles. La tanaisie contient par ailleurs des substances actives : manipulez-la avec prudence et conservez les préparations hors de portée des enfants.
7. Réserver le Bacillus thuringiensis aux fortes attaques
En cas d’infestation importante, certains produits de biocontrôle contiennent du Bacillus thuringiensis, notamment les sous-espèces kurstaki ou aizawai. Ils agissent surtout sur les très jeunes chenilles.
Utilisez uniquement un produit autorisé pour l’usage concerné et respectez scrupuleusement son étiquette. Pulvérisez uniquement les plantes attaquées, sans atteindre les végétaux alentour.
Même d’origine biologique, ce traitement peut toucher d’autres chenilles de papillons. Il doit donc rester une solution ciblée, utilisée après les mesures préventives.
Faut-il éliminer toutes les piérides du jardin ?
Non. Le papillon adulte participe à la pollinisation et les chenilles nourrissent plusieurs animaux. Quelques feuilles trouées sur des choux vigoureux ne justifient pas nécessairement une intervention.
L’objectif consiste à maintenir les dégâts à un niveau acceptable. Protégez en priorité les jeunes plants et les légumes dont le coeur commence à se former. Ailleurs, une petite tolérance contribue à préserver la biodiversité du jardin.
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Article mis à jour juillet 2026
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