Interdiction des munitions au plomb : les chasseurs veulent une aide publique pour changer de fusil

Alors que les règles concernant les munitions au plomb vont se durcir à la mi-février 2022, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) souhaite que l’État rembourse aux chasseurs le coût d’acquisition d’un nouveau fusil, révèle Le Parisien.

Rédigé par Anton Kunin, le 9 Sep 2022, à 12 h 00 min
Interdiction des munitions au plomb : les chasseurs veulent une aide publique pour changer de fusil
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Les chasseurs font valoir que l’adoption de nouveaux types de munitions les obligera forcément à changer de fusil, un achat qui représente un coût important.

L’ingestion de plomb, un risque grave tant pour les animaux que pour les humains

L’interdiction prochaine du port de munitions au plomb à moins de 100 mètres d’une zone humide agace les chasseurs. « L’Europe joue à un jeu dangereux en sacrifiant de manière délibérée l’avenir des 7 millions de chasseurs européens. Ses décisions dogmatiques, hors-sol et infondées mettent en péril des territoires ruraux déjà fracturés, nos traditions et notre art de vivre », tempêtait en août 2022 Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) dans un communiqué. Selon les informations du quotidien Le Parisien, le patron des chasseurs demande désormais à l’État une compensation financière pour permettre aux chasseurs d’acheter des fusils compatibles avec les nouveaux types de munitions.

Le règlement européen qui interdit le port de grenailles au plomb à moins de 100 mètres de zones humides, adopté en 2021, entre en vigueur à la mi-février 2023. Il se base sur un avis de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), qui avait conclu que l’utilisation de plomb dans la grenaille dans les zones humides entraînait un risque pour les oiseaux d’eau, qui ingèrent la grenaille de plomb tirée, ce qui provoque des effets toxicologiques, y compris le décès. « Chez les humains, l’exposition au plomb est associée à des effets sur le développement neurologique, à une altération de la fonction rénale et de la fertilité, à de l’hypertension, à des issues défavorables des grossesses et à la mort », faisait par ailleurs savoir l’ECHA, dans l’hypothèse où la personne ingérait du gibier empoisonné par le plomb d’une grenaille.

Vers une interdiction de facto totale de chasser ?

Même si le risque pour les humains apparaît limité, en France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande depuis 2018 de limiter la consommation de grand gibier à trois fois par an. Les enfants comme les « femmes en âge de procréer » sont même appelés à « éviter toute consommation (…) compte tenu des effets nocifs du plomb observés durant la période de développement foeto-embryonnaire et au cours de l’enfance ».

À lire aussi – En plus de la biodiversité, les munitions au plomb menacent l’environnement et la santé

Pour les chasseurs, ce nouveau règlement est problématique dans la mesure où il n’existe pas de grenailles en matériau alternatif possédant les mêmes propriétés physiques que le plomb, ce qui rendra la chasse moins efficace.
En plus, et la Commission européenne elle-même l’admet, « pour les États membres ayant une proportion importante de zones humides sur leur territoire, une interdiction relative à la décharge et au port de grenaille de plomb à l’intérieur et autour de zones humides pourrait, dans la pratique, avoir un effet similaire à celui d’une interdiction totale de toute pratique du tir sur l’ensemble du territoire, puisque les chasseurs de tous types se retrouveraient presque inévitablement et fréquemment à l’intérieur ou à proximité de zones humides ».

Selon l’ONG FACE, qui défend les intérêts des chasseurs auprès des institutions et gouvernements européens, 1 chasseur sur 4 envisage d’arrêter de chasser, et 30 % envisagent de chasser moins souvent une fois que les dispositions de ce règlement entreront en vigueur.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

7 commentaires Donnez votre avis
  1. Pilet, le chasseur, continue de vomir ses mensonges. Il en veut à tous les défenseurs de la nature, boucs émissaires. Dans le cas précis des oiseaux sauvages victimes de la grippe aviaire, il ne décolère pas de ne plus pouvoir les tirés à sa guise.

    • Laisse béton, en attendant plus de 100 fous retrouvés morts en bretagne la semaine dernière, cela va être compliqué d’accuser les chasseurs!

      Et les laridés sont tous protégés en France… sauf en ville

  2. Le plomb, c’est bio, c’est un élément parfaitement naturel… à quand son homologation en agriculture biologique?

    Au fait toujours pas d’article sur l’hécatombe provoquée par la grippe aviaire? la honte sans doute

  3. C’est du grand n’importe quoi je veux ci je veux sa et ainsi de suite .
    Quand je vois qu’il ne sont meme pas capable de faire leur boulot , faire en sorte que le gibier ne fait pas de dégats .

    ALORS UN GRAND NON sur toute la ligne

    • La LPO, l’ASPAS, FNE… sont par contre insurpassables dans la « régulation » des goélands, des mouettes, des sternes ou des fous, -90% en Normandie et ce n’est probablement qu’un début (observation personnelle basée sur les retours vespéraux de laridés vers la mer!). Vous savez que cela va finir par se voir?

  4. La pollution par le plomb est connue depuis des décennies et la règlementation ne date pas d’hier.
    Il y a des cartouches sans plombs depuis des lustres aussi il n’est pas nécessaire de changer de fusil!
    C’est encore une escroquerie des chasseurs, une de plus !
    Ce divertissement, ce loisir, ce soit disant sport, qui consiste à hotter la vie d’êtres innocents, de prendre des animaux pour cible juste pour le trophée, pour paraitre ; cette passion criminel devrait depuis longtemps être interdite !!!

    • entièrement d’accord !

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