Le béton de chanvre et lin, c’est du solide

Le béton n’a pas bonne réputation quant à son bilan carbone. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas sa fabrication qui pèse le plus lourd dans la balance, mais plutôt le transport des matières premières qui est le plus à blâmer, et en seconde position, le ciment, liant indispensable à la fabrication et source principale d’émission de CO2.

Rédigé par Annabelle, le 13 Jun 2015, à 17 h 25 min

Le béton de lin, un avenir prometteur

Le lin est une jolie plante aux fleurs bleues qu’on pourrait qualifier de « multi-usages ».

Déjà exploité par les Egyptiens il y a des milliers d’années, le lin se distingue à plusieurs niveaux : ses tiges servent à fabriquer du fil à partir duquel on confectionne une toile solide, légère et confortable.

Son huile, particulièrement riche en oméga-3 est employée dans l’alimentation humaine et animale.

Le lin entre dans la composition d’encre, de peintures et de traitements du bois.

On fabrique également des matériaux isolants à partir de cette plante.

Très cultivée dans un grand quart nord-ouest de la France (Flandre, Picardie, Bretagne, etc.), le lin est une plante renouvelable puisqu’elle pousse vite, demande peu d’énergie et peu de transport. Comme le chanvre, le lin ne nécessite pas de traitements phytosanitaires pour sa culture.

Fabrication du béton de lin

Les parpaings en béton de lin sont développés par le CoDEM Picardie (Construction Durable et Eco Matériaux), un espace dédié à l’innovation pour la construction durable.

Les ingénieurs du CoDEM développent un béton de lin fabriqué à partir de déchets de la plante. Car ce sont en effet les anas du lin, petits résidus issus du broyage de la tige centrale, qui sont utilisés dans la fabrication du béton. Ceux-ci sont mélangés à des liants hydrauliques.

Mise en oeuvre du béton de lin

Les parpaings en béton de lin sont destinés à être à la fois isolants et matériaux porteurs.

Les qualités thermiques du béton de lin, sont excellentes. Tout comme son cousin le béton de chanvre, le béton de lin va présenter d’excellentes propriétés thermiques, mais également des propriétés mécaniques suffisantes au montage d’une structure d’un étage.

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7 commentaires Donnez votre avis
  1. Pour le chanvre, il serait intéressant d’avoir la précision de combien de pouzzolane faut-il mettre pour les proportions données ainsi que de quelle granulométrie.
    Quant au béton de lin, il n’y a aucune indication de dosage.
    Et pourquoi pas moitié lin moitié chanvre.
    Car si les anas de lin donnent un amalgame plus compact que le béton de chanvre, par contre il en ressort un volume nettement plus petit.
    En résumé, tout ceci donne des envies mais en fin de compte on n’est pas beaucoup plus avancé.
    Le béton de chanvre sous toiture est compliqué à mettre en oeuvre car il faut le faire avant la couverture. Et s’il fallait intervenir plus tard, comment? Redécouvrir tout le toît?
    Quant au sol, le chanvre n’aime pas l’humidité, d’où des drains pour aérer dans le hérisson. C’est aussi compliqué et finalement reprend le principe d’un refroidissement par air au sol.
    Donc, le chanvre, d’accord, pour les murs à ossature bois. Y ajouter du lin ou remplacer le chanvre par du lin pourrait être intéressant, mais là on manque de renseignement. Quant au Codem, il travaille pour lui, pas pour les autoconstructeurs et ne donne pas de renseignement.
    Conclusion, l’article met l’eau à la bouche mais aurait besoin d’être étoffé.

  2. vous devriez vous rapprocher de l’association construire en chanvre, qui est chargée de valider les règles professionnelles sur les bétons de chanvre et vous verrez que tout n’est pas si simple: le dosage de chaux pour 1m3 de chènevotte n’est pas le même suivant qu’on réalise un sol un mur ou un toit, le liant hydraulique n’est pas le mieux approprié pour un matériau bio-sourcé qui doit pouvoir respirer pour ne pas se dégrader….
    ce matériau qui est un matériau roi doit être utilisé convenablement sinon les contre exemples risque de dissuader des personnes susceptible de l’utiliser et ce serait dommage pour nos petits enfants.

  3. Apparemment, le béton de lin possèdent aussi ses avantages 🙂

  4. le coût , c’est chaux.

  5. Alec6 a raison le texte ne parle que du ciment « le ciment, liant indispensable à la fabrication et source principale d’émission de CO2 »
    et pas du tout de chaux

  6. pourquoi parlez-vous uniquement du ciment ? on peut le remplacer avantageusement par de la chaux qui a un bilan carbone meilleur, et même si la mise en oeuvre a quelques contraintes, il a de meilleurs performances que le ciment. ainsi il est hygro-régulateur.

    • Sahf erreur, il est justement question de chaux!
      « Il faut un mètre cube de chènevotte pour deux cents kilos de chaux pour produire du béton. On y adjoint des roches volcaniques, (pouzzolane, pierre ponce) pour équilibrer le mélange. »

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