Fin des campings pas chers : des Français renoncent aux vacances

Depuis quelques années, l’offre de camping haut-de-gamme gagne du terrain en France. Au point, que six Français sur dix ont déjà renoncé à partir en vacances d’après une étude de l’institut Ifop menée pour l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air et la Fondation Jean-Jaurès.

Rédigé par Paul Malo, le 16 Jul 2019, à 10 h 00 min

Que reste-t-il des bons vieux campings, tout simples, où l’on plante juste sa tente pour passer des vacances sans (trop) se ruiner ?

Quatre fois plus de quatre étoiles que de une étoile

Les campings, ces lieux où l’on prend des repas simples, où le ménage disparaît le temps d’un été, et où l’on est plus que l’on ne paraît. La seule, la dernière solution qui soit pour prendre des vacances sans stresser son banquier. Quoique…

En effet, le bon vieux camping est en voie de disparition, du fait de la montée en gamme de l’offre, et donc des tarifs. La valse des étoiles, après les hôtels, a bel et bien atteint les campings(1).

Le camping serait-il devenu un hébergement de luxe ? © wanderingstock

Louer un simple emplacement de tente pour un jour ou deux devient une gageure, quand les établissements préfèrent proposer un mobil home ou un bungalow pour une semaine, et pour un prix tutoyant celui d’un appartement. Ainsi, en 2001, les campings classés une et deux étoiles représentaient 65 % du parc total. Aujourd’hui, en 2019, ils ne représentent plus que 29 %(2).

À l’inverse, les campings haut-de-gamme, à trois, quatre ou cinq étoiles, ne cessent de gagner du terrain. Une simple comparaison : les quatre étoiles sont deux fois plus nombreux que les une étoile.

Les Gilets Jaunes en première ligne

Conséquence de cette « gentrification » des campings : c’est le nomadisme touristique qui disparaît peu à peu. Plus grave encore, c’est toute une catégorie de Français qui ne se voient tout simplement plus proposer de solution pour partir en vacances avec leur budget. Selon l’étude « Les Français et les vacances », menée par l’institut Ifop pour l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air et la Fondation Jean-Jaurès, 65 % des Français ont déjà renoncé à prendre des vacances pour des raisons financières, et quatre sur dix de façon répétée.

Le taux de renoncement aux vacances atteindrait 61 % chez les Gilets Jaunes © Dirk Jan Verkuil

Si l’on rapproche cette étude de l’actualité récente, on apprend que ce taux de renoncement « fréquent » grimpe même à 61 % parmi les Gilets Jaunes. De quoi mettre en lumière, au-delà du mouvement lui-même, le fait qu’il existe une véritable faille sociologique et économique en France,  le bas de la classe moyenne rejoignant les classes les plus défavorisées dans une même incapacité à pouvoir satisfaire les envies proposées par notre société de consommation.

Ne pas pouvoir partir en vacances, même les campings devenant trop chers, devient la dernière « injustice sociale » en date soulignent les auteurs de l’étude.

Le Saviez-vous ?

Les vacances à la maison ou staycation n’ont pas que des mauvais côtés. Même si on se tourne vers cette formule pour raisons économiques, elle permet de découvrir des curiosités près de chez soi que l’on a pas le temps d’admirer le reste de l’année.

Illustration bannière : Famille au camping -©John Wollworth
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2 commentaires Donnez votre avis
  1. Hélas d’accord aussi. Depuis la fin des années 90, début 2000, pour trouver un « camping proche de la plage » pas (trop) cher, c’est devenu impossible. Parfois plus de 25€/nuit* pour 3 en juillet-août en Côte d’Armor!?! Quand au sud, on y a renoncé depuis encore plus longtemps. On trouve des campings pas trop cher « dans les terres », simples et bien tenus, sans piscine. On prend la voiture pour aller à la plage… Où alors, camping à la ferme (5 à 15€/nuitée*). (*nuitée tout compris: emplacement, électricité, taxes)

  2. Tout à fait OK avec cet article ! Avant on pouvait partir en vacances en camping si l’on n’était pas très riche, maintenant, c’est encore plus cher qu’une location de maison. Même s’il y a tout sur place, mais tous les coûts sont également à l’avenant, ça ne justifie en rien les prix pratiqués. Voilà encore un moyen de moins pour ceux qui ne les ont déjà pas….De plus, c’était sympa à la bonne franquette, maintenant tout le monde se toise de haut comme si personne n’était assez bien pour passer à côté de l’autre. Il reste certainement encore quelques campings sympas, mais ça ne doit pas courir les lieux de vacances….Dommage…

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