La face de l’éponge qui gratte

Elle est un objet fort utile et indispensable pour briquer : nous avons nommé l’éponge. Au quotidien, elle nous sert à laver, récurer, astiquer. Et pour cela, elle a plus d’une corde à son arc : une face pour gratter, une autre pour essuyer ! Mais, n’aurait-elle pas aussi une face cachée ?

Rédigé par Eva Souto, le 20 Dec 2013, à 12 h 19 min

Une enquête sur l’autre face de l’éponge… qui prend place dans notre série “les substances que nous cache…”

L’éponge, ou l’indispensable objet du quotidien

Un nettoyage sans éponge, c’est un peu comme un arbre sans racine. Et pourtant, l’apparition de l’éponge remonte à peu de temps. Il faut attendre 1932, époque où on les fabriquait intégralement à partir de viscose. Ce n’est qu’à partir des années 1960, qu’elles se modernisent, adoptant une face pour gratter (verte) et une face pour essuyer (jaune).

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© Oksana Kuzmina

Depuis, l’éponge est l’objet par essence de la propreté et du lavage. Et sa structure poreuse n’y est pas étrangère. En effet, cette dernière lui confère une grande capacité d’absorption : environ 22 fois sa masse sèche.

Sa double face pour gratter et essuyer/absorber, en fait un objet idéal pour frotter, laver et sécher. Si cet objet astucieux fait partie intégrante du parfait équipement pour nettoyer, connaissons-nous vraiment tout sur lui ?

 Les trois types d’éponges

Ainsi, il existe trois types d’éponges qui ont chacune leurs caractéristiques propres : modes de fabrication, recyclables ou non, avec une composition chimique ou pas.

L’éponge synthétique

Elle est en mousse de résine (dérivée du pétrole), souvent jaune et souvent traitée avec des produits chimiques qui lui donnent sa couleur et son côté résistant.

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Éponges synthétiques © Yuriy Golub

Elle n’est pas biodégradable. Qui plus est, si elle est dotée d’une face abrasive, elle contient une colle capable de résister à l’eau qui aggrave son impact écologique.

 L’éponge synthétique végétale

L’éponge végétale est fabriquée à base de viscose, issue de cellulose (pulpe de bois) et de coton. Auxquels il faut également ajouter des particules de sel, qui sont à l’origine des trous caractéristiques des éponges. À noter que le tout est parfois traité contre les bactéries pour éviter la prolifération de petites bêtes.

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Éponges synthétiques végétales © Francesco Scatena

L’éponge végétale est biodégradable, voire compostable si non traitée avec un additif suspect (cet élément n’est pas toujours indiqué) et si non utilisée avec des produits potentiellement toxiques ou non dégradables.

Si le fabriquant n’a pas apposé de garanties sur son produit, plusieurs risques, notamment que des produits chimiques potentiellement polluants voire toxiques aient été utilisés dans la fabrication de l’éponge. Ceci pour donner à l’objet sa couleur, son aspect ainsi que sa résistance.

L’éponge naturelle

Plutôt utilisée pour la toilette, et notamment des peaux sensibles : l’éponge naturelle est d’origine animale. Il s’agit du squelette du dermosponge, vivant dans les mers chaudes tempérées. Par exemple, en Méditerranée, il est récolté depuis l’antiquité, sans que l’espèce ne semble en péril à ce jour.

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Éponge naturelle d’origine animale © necla bayraktar

Avant d’atterrir dans notre évier, sur notre plan de travail ou dans notre douche, l’éponge connaît de multiples transformations avant de devenir le produit fini que nous connaissons.

L’éponge et l’environnement : ça gratte un peu

Bien souvent, sa production est énergivore et peu écologique. Si l’éponge est associée de fait à la propreté, ses modes de production eux, en revanche, sont pointés du doigt pour leur côté peu “durables”.

En effet, les impacts sur l’environnement ne sont pas très enthousiasmants : utilisation de ressources fossiles ou forestières, procédés de production énergivores et faible capacité de recyclage ou biodégradation en fin de vie.

Une production plus ou moins polluante

 

C’est le cas par exemple, pour le procédé de fabrication des abrasifs : une fois mélangés, nylon et polyester qui en forment la base, sont transformés en nappes qui sont ensuite chauffées. Ces dernières passent alors dans des bains de grains, de liants ainsi que de colorants avant d’être à nouveau “cuites” puis collées sur l’éponge. Ceci permet d’obtenir un effet plus ou moins grattant. Nul n’en doute, un procédé de fabrication très gourmand en énergie. L’éponge perdrait-elle donc la face ? Toutes les éponges sont-elles concernées ?

Lire page suivante : des éponges écolos

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Eva est passionnée d’écriture. Elle est sensible aux sujets de société, et en particulier, à ceux qui touchent au développement durable, au commerce...

3 commentaires Donnez votre avis
  1. IL y a aussi l’éponge qui est vendu au magasin bio,2,45 les deux, c’est à
    choisir !

  2. 50 à 100 milliards de quoi? d’éponges? d’euros? d’articles peu précis et pas signés?
    et par jour? par mois? par an? par article peu précis et pas signé?

    C’est vraiment navrant ce site, aucune précision, aucune rigueur, l’anonymat comme solution aux critiques, c’est pas parcequ’on traîte d’écologie qu’on doit travailler sans rigueur.

  3. Il y a aussi Auchan qui fabrique des éponges grattantes en cellulose 100% naturelle, tampon en fibre recyclées, abrasif à base de coquilles de noix, avec emballage 100% biodégradable et compostable.
    Et il vaut mieux privilégier des marques fabriquant en France, comme Spontex, et l’éponge d’Auchan ci-dessus, plutôt que Scotch Brite fait à l’étranger.

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