Dans la famille biodiversité ordinaire, protégeons l’épervier

L’épervier est un rapace particulièrement proche des humains car il apprécie grandement la présence des passereaux urbains… dont il se nourrit. Il reste pourtant peu connu du grand public alors même qu’il évolue près des zones habitées. Redressons ce tort ensemble et découvrons une espèce bien présente dans nos airs !

Rédigé par Julien Hoffmann, le 28 Jul 2020, à 17 h 15 min

D’animaux en plantes, la biodiversité est multiple et se cache souvent à nos yeux, tout simplement  parce que nous n’y faisons pas attention. Il existe pourtant tout autour de nous une foule d’espèces qui constituent cette biodiversité ordinaire, que l’on se doit aussi de protéger avant qu’elle ne décline à son tour. Découvrons aujourd’hui l’épervier.

L’épervier, un petit oiseau de proie

L’épervier d’Europe (Accipiter nisus) est l’un des plus petits rapaces diurnes d’Europe avec une taille qui approche celle des pigeons allant de 28 à 37 cm de longueur pour une envergure maximale de 65 cm pour les mâles et 77 cm pour les femelles.

Les 26.000 à 42.600 couples présents en France représentent environ 20 % de la totalité de la population européenne qui globalement se porte assez bien.

épervier d'Europe

De petite envergure, l’épervier reste un très bon chasseur © Mark Medcalf

Fréquentant les zones agricoles extensives où ils apprécient tout particulièrement les haies, les bocages, les arbres champêtres ou encore les forêts mixtes, les éperviers ont également tendance à venir plus près des villes. On en trouve ainsi de plus en plus dans les zones périurbaines, voire même urbaines, où on les retrouve dans certains grands parcs (comme par exemple à Toulouse).

Particularités de l’épervier

L’épervier est un oiseau qui mange d’autres oiseaux et qui en a fait une spécialité de chasse. Étant relativement petit comme on a pu le voir, l’épervier se nourrit d’oiseaux de petite taille, principalement de passereaux (mésanges, rouges-gorges, etc. à hauteur de 97.5 % de son régime alimentaire) contrairement aux faucons pèlerins qui eux s’attaquent aux pigeons.

Volant à très faible altitude, l’épervier va ainsi parcourir son territoire tout au long de la journée pour y trouver des proies allant de perchoir en perchoir jusqu’à ce qu’il arrive à se mettre quelque chose sous le bec.

Ne craignant que très peu les humains, l’épervier peut tout à fait avoir un « parcours » de chasse qui passe au milieu d’habitations ou de cours de ferme !

Statut actuel de l’espèce

L’espèce est protégée au titre de la liste rouge de l’UICN et classée comme « préoccupation mineure » du fait de la grande taille de sa population mondiale estimée à environ 1,5 million de spécimens.
Si l’espèce est protégée, certains prélèvements d’oeufs au nid peuvent cependant être autorisés pour des fauconniers pratiquant la chasse au vol.

Les menaces qui planent sur l’épervier

La population d’épervier est à priori relativement stable que ce soit en France ou ailleurs ce qui n’empêche pas de se poser la question de la pérennité de sa population et de voir certaines régressions locales.

La chute du nombre de ses proies

Comme tous les prédateurs, l’épervier est tributaire de la bonne santé de ses proies et de leur nombre pour survivre.

L’effondrement des populations de passereaux, estimé à plus de 420 millions d’individus en moins en Europe sur les trente dernières années, pose ainsi question aussi sûrement que la régression de plus du tiers du nombre d’oiseaux des champs.

Le suivi des oiseaux a donc encore plus d’importance que jamais.

La disparition de son milieu

Si les éperviers s’adaptent de plus en plus au milieu urbain et péri-urbain la chose est certainement aussi due à la disparition de ses milieux de prédilection en campagne.

Ayant besoin de haies et de végétation arbustive de type bocage qui sont parmi les milieux qui ont le plus régressé les dernières décennies, l’épervier est un rapace diurne à suivre de près.

épervier

L’épervier s’observe facilement en ville aussi © Paul A Carpenter

Erreurs de chasse

Des faits relativement nombreux, notamment en Normandie, d‘éperviers tirer lors de chasses aux pigeons dans les bois et les lisières de bois ont été relevés.
Ce genre d’erreur peut, localement, avoir une incidence avérée sur les populations d’éperviers surtout en période de reproduction où les jeunes peuvent se retrouver sans parents.

Comment aider l’épervier

Comme pour toutes les espèces de notre biodiversité ordinaire, l’observation, la transmission aux jeunes publics comme aux plus vieux et le soutien aux associations de protection de la faune sauvage sont essentiels. Si vous pensez qu’un épervier a pris ses habitudes près de chez vous, n’hésitez pas à vous rapprocher d’une association locale.

Au-delà des structures locales et habituelles de protection des oiseaux, il existe également un observatoire qui permet de rassembler toutes les données de présence des rapaces. Vous pouvez ainsi aller sur l’observatoire rapace pour indiquer où et quand vous en avez aperçu un.

La connaissance est une des clés de la compréhension d’espèces comme l’épervier et permet de mieux saisir comment leurs effectifs évoluent. Il ne vous reste plus qu’à participer !

Illustration bannière : Épervier en vol © aaltair
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