L’école démocratique sans notes, sans cours et sans professeurs : rêve ou réalité ?

Un vent nouveau souffle de par le monde. Des écoles ‘démocratiques’, ‘libres’, ‘participatives’ou ‘du troisième type’ surgissent en France et ailleurs. Est-ce une utopie ou la voie de l’avenir ?

Rédigé par Paul Boucher, le 5 Feb 2017, à 12 h 40 min

Depuis que l’école existe, des éducateurs inspirés – Saint Augustin (354-430), Comenius (1592-1670) ou Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), pour ne citer que les plus célèbres – ont avancé l’idée qu’il vaut mieux laisser l’enfant libre de découvrir les choses par lui-même. Mais les idées révolutionnaires ont souvent la vie courte et l’organisation traditionnelle finit (presque) toujours par reprendre le dessus.

École démocratique : les enfants maîtres de leur école

Aux États-Unis, dans une petite ville au nord de Boston, une étonnante école démocratique existe pourtant depuis plus de 50 ans : la Sudbury Valley School. Ici les enfants de 4 à 18 ans sont laissés entièrement libres de choisir leurs activités : lire ou jouer dehors, pratiquer un instrument de musique ou faire de l’informatique, pêcher à la ligne ou dessiner. L’école est entièrement gérée par les enfants eux-mêmes, avec la participation des parents et du personnel, sur la base du volontariat.

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Dans les écoles démocratiques , les enfants sont libres de choisir leurs activités © Syda Productions Shutterstock

De son côté, la Finlande a lancé une petite révolution l’an dernier en décidant de supprimer les matières scolaires traditionnelles pour les enfants de 6 à 16 ans. Systématiquement placé par l’enquête PISA parmi les trois meilleurs pays du monde pour son système scolaire, ce petit pays nordique a décidé qu’en 2020 tous les élèves travailleraient par thèmes interdisciplinaires : le Marché commun, le changement climatique, ou encore, par exemple, l’indépendance de la Finlande.

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Marjo Kyllonen, Ministre de l’éducation pour la ville de Helsinki a dit ceci au journal britannique The Independent : « Il y a encore des écoles où l’on enseigne selon des méthodes anciennes, qui fonctionnaient au début du XXe siècle. Mais aujourd’hui les besoins ont évolué et nous devons créer quelque chose qui soit adapté au XXIe siècle ».

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Faire évoluer les méthodes d’enseignement © Syda Productions Shutterstock

École démocratique, en France aussi

En France des instituteurs issus pour la plupart des méthodes actives (Freinet, Montessori…), comme Maurice Berteloot et Bernard Collot, sont à l’origine du mouvement dit « de l’école du troisième type ».

« Concrètement, elle pourrait se décrire ainsi », expliquent-ils : « une école sans horaires, sans leçons, sans cahiers, sans programme, sans évaluation, ouverte en permanence aux parents, à d’autres adultes pendant et hors du temps scolaire, y compris pendant les vacances. L’école du troisième type est une conception globale de l’école dans une unique finalité : contribuer à la construction de l’enfant en adulte avisé, disposant des outils de l’autonomie pour être et agir dans une société où il ne sera pas passif »(1).

« L’école du troisième type sera celle qui respectera intégralement les possibilités de la nature humaine, qui sont immenses. [Elle] sera celle de l’autodétermination. » affirmait Maurice Berteloot à Avignon, en 1994.

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Apprendre les maths en s’amusant © Photographee.eu Shutterstock

Alors, l’école démocratique, douce rêverie pour babas cools ? Ou projet réaliste dans un monde en pleine évolution, où les hiérarchies du XX° siècle disparaissent peu à peu, où le numérique déconstruit toutes nos habitudes, et où l’adaptabilité au changement permanent devient une qualité essentielle ?

Illustration bannière : Fillette en pleine lecture – © Roman Sorkin Shutterstock
Références :
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Professeur d’université à la retraite, Paul aime observer le monde moderne et ses évolutions. Il s’intéresse tout particulièrement à l’économie...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. L’école est déjà une catastrophe à l’heure actuelle, seuls ceux qui ne veulent pas le savoir, n’en ont aucune idée… Où va-t’on? vers le revenu universel, c’est bien cela, comme les politiques n’ont plus besoin d’être instruit, la preuve en est les résultats obtenus dans tous les pays… Alors il est vrai que si c’est pour rester chez soi avec 800 euro par mois, autant est un boof…

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