Du sable breton vendu illégalement sur Internet

Selon nos confrères de France Bleu, des internautes ont repéré qu’on pouvait acheter des sachets de sable de la plage de Camaret sur un site de vente en ligne. L’annonce a été dénoncée aux autorités.

Rédigé par Marine Tertrais, le 16 Oct 2017, à 11 h 40 min

De plus en plus de communes du littoral font face à un problème de taille : la commercialisation du sable de leurs plages. Un phénomène qui prendrait de l’ampleur.

Du sable de Penmarc’h, Bénodet ou Camaret

Vendre du sable ou des galets des plages françaises est strictement interdit. Pourtant, sur le site de vente en ligne eBay, des internautes ont découvert une annonce de vente sable : des sachets de cinquante grammes de sable de Camaret, une plage du Finistère, pour la modique somme de trois euros. Selon nos confrères de France Bleu, ce genre de business serait de plus en plus répandu(1).

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 » Nous sommes désarçonnés par cette situation « , explique à la radio Eric Raphalen, adjoint à la mairie de Penmarc’h, une autre collectivité qui rencontre ce même problème.  » Nous creusons le sujet – sans mauvais jeu de mot – avec l’avocat de la mairie « . Il faut rappeler que ramasser du sable sur les plages, même des petites poignées, est passible de 1.500 euros d’amende.  » Les plages perdent du sable « , dénonce l’élu. Et c’est regrettable.

Penmarc'h Finistère

Penmarc’h dans le Finistère © jopelka

Une atteinte au domaine public

Ramasser du sable est toléré mais en vendre est clairement illégal. L’auteur de cette annonce n’a pas pu être contacté, mais il serait basé à Amiens. Selon toute vraisemblance, il chercherait à attirer des collectionneurs de sable, des arénophiles. Pour limiter au maximum ce commerce, l’Association française d’arénophilie exhorte les collectionneurs à ne pas acheter de sable, ni en vendre.

Découvrez les chiffres de l’extraction du sable marin dans le monde sur le Planetoscope

Le risque, c’est que le littoral se détériore au fil des ans. Certaines communes font déjà face à un phénomène d’érosion de leurs côtes.  » Ramasser le sable, c’est porter atteinte au domaine public « , explique le Conservatoire du littoral, dans les colonnes du Figaro. Sur Internet, on trouve d’autres annonces de vente de sable d’Ajaccio (Corse), d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), de Guadeloupe ou de Martinique. Surtout ne l’achetez pas ! Ce serait du recel.

Illustration bannière : Le sable, une ressource à surveiller – © Julia von Keller
Références :
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Ah, que voulez-vous ? Ce capitalisme que personne ne veut renier nous donne des idées où le j’m’en foutisme, l’irrespect des autres et la bêtise apparaissent en relief ! Il y a quelques décennies de cela, ce phénomène sévissait dans le Grand Canyon du Colorado : pareil, les gens repartaient avec une ou deux pierres du célèbre site. A raison de plusieurs centaines de milliers de visiteurs (estimation basse) par an, cela faisait des tonnes et des tonnes du précieux paysage qui disparaissaient chaque année. Et ça a vite commencé à se voir !
    Les responsables du site ont alors lancé un grand appel à travers tous les USA pour que les touristes rapatrient ce qu’ils avaient illégalement subtilisé et… ça a marché ! Des milliers d’Américains ont renvoyé leurs cailloux par la Poste !

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