Votre maison peut perdre de la valeur à cause de ses émissions de CO₂
Une maison peut perdre de la valeur parce qu’elle émet trop de gaz à effet de serre. C’est ce que révèle une nouvelle étude sur le Diagnostic de performance énergétique (DPE).

Le diagnostic énergétique influence désormais les prix de vente, mais aussi les choix de chauffage. Une évolution qui pourrait accélérer la transition écologique des logements.
DPE : les logements polluants perdent de la valeur
Depuis juillet 2021, le diagnostic de performance énergétique (DPE) ne mesure plus seulement la consommation d’énergie. Il tient également compte des émissions de CO2. La note finale, de A à G, correspond au moins bon des deux résultats. Une réforme dont les effets sur le marché immobilier commencent à se faire sentir. Et l’impact est loin d’être négligeable : pour 15 % des maisons vendues, les émissions de gaz à effet de serre dégradent la note finale du DPE, apprend-on d’une étude réalisée par Alexandre Garel, professeur à Audencia, publiée dans The Conversation.
Cette mauvaise note se répercute sur les prix. Lorsqu’un logement bascule dans une catégorie inférieure à cause de ses émissions, sa valeur recule en moyenne de 2 %. Pour une maison à 200.000 euros, cela représente 4.000 euros de décote. Mais attention : les acheteurs ne semblent pas réellement examiner l’empreinte carbone du bâtiment. Ils regardent surtout sa lettre énergétique. Lorsque les émissions ne modifient pas le classement final, aucun effet significatif sur les prix n’est observé. C’est donc la mauvaise note, davantage que le CO2 lui-même, qui pénalise les vendeurs.
Énergie : le chauffage devient décisif pour le logement
Cette évolution change la donne pour les maisons chauffées au gaz ou au fioul. Ces combustibles fossiles émettent du CO2, contrairement aux équipements électriques qui n’en produisent pas directement sur place. En France, où plus de 90 % de l’électricité est décarbonée, les pompes à chaleur présentent ainsi un intérêt environnemental majeur. Elles consomment également moins d’énergie qu’un chauffage électrique classique. Une étude de l’Ademe mesure une production moyenne de 2,9 kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure d’électricité consommé.
Faut-il alors remplacer systématiquement sa chaudière ? Pas sans examiner l’isolation. Une maison mal isolée conserve des besoins de chauffage importants, quelle que soit l’énergie utilisée. Réduire les déperditions et abandonner progressivement les combustibles fossiles restent deux démarches complémentaires.
Enfin, une meilleure note DPE ne garantit pas une baisse réelle des émissions. Les chercheurs observent une amélioration des performances climatiques des maisons vendues, mais ne peuvent pas encore déterminer si elle résulte de travaux ou du report des ventes des biens les plus polluants. C’est toute la limite d’un indicateur qui influence déjà les prix, sans prouver à lui seul les bénéfices environnementaux.
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