Pesticides à proximité des habitations : trois semaines pour donner votre avis

Alors que le gouvernement ne propose qu’une zone d’exclusion de 5 à 10 mètres autour des zones d’épandage des produits phytosanitaires, une vaste consultation est lancée ce lundi 9 septembre.

Rédigé par Paul Malo, le 9 Sep 2019, à 11 h 25 min

Les produits phytosanitaires font l’objet de nombreux débats. On peut mentionner le glyphosate, le rôle de grosses entreprises comme Monsanto ou le traitement des champs. La distance entre les zones d’épandage et les habitations pourrait ainsi être réduite.

Une décision gouvernementale en octobre-novembre

Pensez-vous que cinq ou dix mètres suffisent pour protéger les habitants des zones d’épandage de produits phytosanitaires ? Les ONG environnementales, elles, jugent la distance proposée par le gouvernement « très insuffisante ». Elle est d’ailleurs nettement inférieure à ce qu’ont proposé différents maires ayant pris des arrêtés anti-pesticides à travers l’Hexagone, dont Daniel Cueff, celui de Langouët (35).

Lire aussi : Pesticides – les fruits et légumes les plus pollués

La distance minimale à respecter proposée par le gouvernement serait de 10 mètres pour les « substances les plus dangereuses ». Selon un porte-parole du ministère de l’Agriculture, ce lundi, « le gouvernement va soumettre à consultation un projet de décret qui part des recommandations scientifiques de l’Agence nationale de sécurité sanitaire »(1). Une consultation qui durera trois semaines. Le gouvernement devrait in fine trancher en octobre-novembre. Des dispositions spécifiques pour la protection des riverains doivent ainsi être prises dans le cadre de la loi Egalim.

Mobilisation citoyenne contre les pesticides

distance épandage pesticide habitation

La distance épandage pesticide et habitation fait débat – Vignobles de champagne en Côte des Bar près de Baroville en Champagne-Ardennes – © FreeProd33

Les organisations écologistes, dont France Nature Environnement (FNE), jugent le projet gouvernemental nettement insuffisant, tant au vu de l’avis de l’Anses que des études scientifiques. Nicolas Hulot, ancien ministre de l’Écologie, a également jugé cette décision insuffisante.

France Nature Environnement appelle tous les citoyens à se mobiliser pour que cette décision soit modifiée. Du côté d’Europe Écologie Les Verts (EELV), si l’on reconnaît le caractère historique dans le fait que l’État admette qu’il y ait un grave danger pour la population, la décision semble pour autant anecdotique.

Le gouvernement est pour sa part strictement opposé à une interdiction générale. La raison ? Une zone de non traitement de 150 mètres réduirait de façon drastique les surfaces cultivables en France.

Pour autant, le maire de Langouët avait pour sa part pris un arrêté interdisant les pesticides à moins de 150 m des habitations. Selon lui, le gouvernement n’a pas pris la mesure de la pollution engendrée par l’utilisation de produits phytosanitaires, à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel.

De son côté, la FNSEA, principal syndicat agricole, dénonce la position des écologistes à propos de la consultation sur les pesticides et aimerait « Que ces gens-là arrêtent de délirer », préfèrant des solutions locales pour protéger les riverains des épandages de pesticides, plutôt qu’une délimitation stricte par la loi… Interrogée par Europe 1, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA a déclaré :  « Cette zone de non-culture va représenter jusqu’à 15 % des surfaces pour certains agriculteurs. Qui va la payer ? La perte de revenus, qui la prend en charge ? Il faut aussi poser cette question-là, on raisonne économiquement ».

Pour participer à la consultation jusqu’au 1er octobre 2019, rdv ici

Et ici pour répondre à notre sondage !

Illustration bannière : La distance d’épandage pesticide habitation pourrait être modifiée prochainement – © Photoagriculture / Shutterstock.com
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54 commentaires Donnez votre avis
  1. Mon avis est qu’il faut éloigner au maximum les pesticides des habitations, écoles, village!!!
    Il y a danger!! les potagers perso ne sont plus bio!!
    les enfants naissent avec une seule main!! etc etc comment peut-on encore se poser la question!!

    • il faut tout simplement les interdire. c’est poison pour l’homme et les animaux et les insectes et les plantes…
      qu’on refasse comme les gaulois d’antant..

  2. trop de pesticides,tout repenser.

  3. Bonsoir
    Il faut au moins 150 mètres.
    Si on veut rentabiliser cet espace il suffit d’y semer du trèfle un bon fourrage pour vaches qui ne nécessite pas de pesticides!!!

  4. Bonsoir

    Une distance de 5 à 10 mètres tiens du ridicule.
    Autant en emporte le vent.
    150 mètres n’est pas de trop!!
    Il n’y à qu’à semer du trèfle un bon fourrage pour animaux.
    Comme cela le terrain sera également exploité est intelligemment.
    Le trèfle ne nécessite pas de pesticides

    Cordialement

  5. j’habite une ferme ou lorsque j’ai acheté il y avait des prairies,un verger avec des pommiers ,une mare ,des aies ,des chênes … au changement d’exploitant (suite départ en retraite ) le nouvel exploitant à bouchée la mare, arraché les pommiers et les aies ,tronçonné les grands chênes .
    maintenant il traite les parcelles plus de 5 fois dans l’année ,il pulvérise même lorsque il y a du vent .lors des pulvérisations vous ne pouvez plus rester dehors ,vous devez faire rentrer les enfants et boucher les aérations de la maison ,on sent le produit pendant plusieurs jours …situation intolérable !!! 150 mètres est un minimum !!!
    ce ci est un scandale sanitaire !!! un de plus !

  6. j’habite une ferme ou lorsque j’ai acheté il y avait des prairies,un verger avec des pommiers ,une mare ,des aies ,des chênes … au changement d’exploitant (suite départ en retraite ) le nouvel exploitant à bouchée la mare, arraché les pommiers et les aies ,tronçonné les grands chênes .
    maintenant il traite les parcelles plus de 5 fois dans l’année ,il pulvérise même lorsqu’il y a du vent .lors des pulvérisation vous ne pouvez plus rester dehors ,vous devez faire rentrer les enfants et boucher les aération de la maison ,on sent le produit pendant plusieurs jours …situation intolérable !!! 150 mètres est un minimum !!!

  7. Venant de la campagne, je pense qu’il faudrait respecter 2 distances selon la nature du produit: pulvérisation au moins 100 mètres par vent faible et au moins 50 mètres pour les étendages au sol.

  8. 150 mettres

  9. je pense que la distance proposé par plusieurs maires de notre pays devrait être la bonne c’est a dire 100 à 150 m de toutes parcelles ou il y a des habitations. Car eux au moins protègent leurs administrés, ils sont au courant des effets nocifs générés par tout ces produits phytopharmaceutiques de synthèse dans leur commune, mais autoriser les produits en agriculture biologique »

  10. demeurant en pleine campagne, j’ai vu les effets néfastes de tous ces traitements, plus d’insectes, plus d’oiseaux. lorsque mon voisin cultivateur pulvérise ses produits je me hate de tout fermer, car cela prend à la gorge. Des terrains sont définitivement morts, ils ne produisent qu’à grand coup d’engrais et s’il pouvait longer le grillage de la maison pour ne pas perdre un m² ce serait bien pour eux. quand aux maires ruraux la plupart sont agriculteurs, et leurs co listiers aussi……alors comment leur faire appliquer une distance de bienveillance……

  11. Les commentaires judicieux ci-dessus s’inscrivent dans le contexte de 70 années d’après guerre dominé par l’exacerbation macro-économique de masse, avec son consumérisme de surproductions fréquentes à bas coût, et son paramétrage uniforme de tout tuant le qualitatif au profit du quantitatif.
    Nos sociétés occidentales avec leurs frictions dites populistes révèlent la nécessité de valeurs humaines respectées, empêchant que des côtes à côtes deviennent des faces à faces belliqueux.

    • Je souscrit à l’analyse précédente.

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