Des filets de pêche biodégradables contre la pollution plastique

Le projet Indigo (pour Innovative fishing gear for ocean), notamment porté par l’université de Bretagne Sud, entend contribuer à créer des gilets et casiers biodégradables pour la pêche.

Rédigé par Paul Malo, le 17 Feb 2020, à 10 h 10 min

Et si demain, il n’y avait plus de filets ni de casiers à dériver dans les mers, piégeant les animaux qui y vivent ? Ou plutôt si le matériel de pêche était biodégradable afin de lutter contre la « pêche fantome » ? Alors que du 17 au 23 février se tient la Semaine de la pêche responsable qui vise à sensibiliser le consommateur sur ses choix en produits de la mer pour préserver les ressources marines pour les générations futures, les océans au coeur doivent faire l’objet de toutes nos attentions : lutte contre la surpêche, contre la pêche destructrice des fonds marins et contre la pollution plastique et l’accumulation des déchets… autant de problèmes qui mettent à mal les écosystèmes marins !

Lancé 12 mercredi février dernier à l’Université de Bretagne Sud, le projet Indigo s’attaque à une problème de taille : les filets et casiers de pêche qui représentent 27 % des déchets marins.

Filets, casiers, matériel de pêche – Une durée de vie de plusieurs centaines d’années dans les océans

Comment réduire les déchets marins qui tuent tant d’animaux marins et peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur l’écosystème marin ? L’Université de Bretagne Sud vient justement de lancer le projet Indigo. Son objectif : créer du matériel de pêches biodégradable, qu’il s’agisse de filets ou de casiers.

indigo filets biodégradables

Les filets abandonnés ont des conséquences dramatiques pendant de très longues années © Sineenuch J

En effet, expliquent les porteurs de ce projet, « les engins de pêche, avec une durée de vie estimée à plusieurs centaines d’années, représentent 27 % des déchets marins ». Ils sont ainsi à l’origine de plus de 26.000 kilomètres d’engins perdus chaque année dans la zone dite FMA (France Manche Angleterre) et de ce qu’on appelle la « pêche fantôme » (ou « ghost fishing » en anglais), véritable drame pour la biodiversité marine : on estime en effet que 30 % du déclin des stocks mondiaux de poissons seraient dus à ces filets abandonnés ; 70 % des animaux morts par étranglement le seraient à cause de ces mêmes filets devenus des déchets dans la nature.

Lire aussi : Des répulsifs sonores sur les filets pour sauver les dauphins

Lutter contre la pêche fantôme

« Et les conséquences pour l’environnement marin sont dévastatrices », expliquent-ils. C’est pourquoi « dans une démarche globale de réduction des déchets, il est primordial d’adapter la durée de vie du matériau à son utilisation ».
Au total, pas moins de six institutions de recherche (Universités de Bretagne Sud, de Plymouth et de Portsmouth, Ifremer, CEFAS et SMEL) et quatre partenaires privés (NaturePlast, Filt, IRMA et Marine South East) se sont associés au sein de ce projet Indigo (pour Innovative fishing gear for ocean).

indigo filets biodégradables

Un spectacle auquel on ne s’habituera jamais © MOHAMED ABDULRAHEEM

Ce projet a obtenu, fin 2019, un financement de programme européen de 4,2 millions d’euros sur trois ans. L’Université Bretagne Sud y collabore activement avec son plateau technique ComposiTIC, qui est spécialisé dans la conception de matériaux innovants. Imaginer des filets biodégradables permettrait de lutter plus efficacement contre la « pêche fantôme ».

Ghost Fishing ou pêcge fantôme des conséquences dramatiques pour la faune marine © Krzysztof Bargiel

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