Pourquoi le « ghost fishing » est en train de tuer les fonds marins

Quand un bateau de pêche est laissé à l’abandon en plein milieu des océans, il continue d’attraper des poissons dans ses filets inutilement. Pire, il pollue et peut provoquer des accidents. Conscients de ce problème environnemental, des pays se sont mis d’accord sur un ensemble de directives visant à marquer l’équipement de pêche pour limiter ces dérives.

Rédigé par Audrey Lallement, le 18 Feb 2018, à 8 h 00 min

Avez-vous déjà entendu parler du « Ghost Fishing », la pêche fantôme ? Il ne s’agit pas d’un type de pêche qui se ferait à minuit, mais de bateaux laissés à l’abandon ou bien perdus lors de tempêtes ou d’accidents. Bien que sans équipage, ces navires peuvent continuer de pêcher, provoquant un réel impact sur l’environnement marin.

En s’engageant auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à faire marquer les équipements de pêche, plusieurs pays espèrent rendre les océans plus propres, la navigation plus sûre et lutter contre la pêche illégale.

« Ghost fishing » : des bateaux fantômes qui continuent de pêcher

Laissés à l’abandon et sans aucune  surveillance, les bateaux fantômes continuent de pêcher des poissons. Problème : les poissons attrapés sont pris au piège puis meurent, attirant ainsi les charognards qui meurent à leur tour, pris dans les filets. Un vrai cercle vicieux ayant des répercussions extrêmement nocives sur les stocks de poissons.

ghost fishing

© set

Tous les ans, au moins 640.000 tonnes d’équipements de pêche seraient laissées à l’abandon dans les océans. Fabriqués principalement en plastique, ils deviennent des débris et rejoignent les 8 millions de tonnes de déchets plastique, dont 10 % sont issus du secteur de la pêche, déversés dans nos océans chaque année.

Océans plus propres, navigation sécurisée et lutte contre la pêche illégale

Le problème de la « pêche fantôme » a été soulevé pour la première fois en avril 1985, lors de la 16ème session du Comité des pêches (COFI) de la FAO. L’objectif de cette agence spécialisée des Nations Unies est d’éliminer la faim dans le monde et compte 194 pays membres.

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© Serhii Ostapenko

Le 9 février 2018, une étape dans la lutte contre la pêche fantôme a néanmoins été franchie. En effet, plusieurs pays se sont mis d’accord sur un ensemble de directives visant à marquer l’équipement de pêche. Par ailleurs, la confirmation du COFI est attendue en juillet 2018. La FAO nourrit plusieurs espoirs avec ces directives : des océans plus propres, une navigation plus sûre mais pas seulement.

Découvrez en temps réel le nombre de kilos de poissons pêchés chaque seconde issus de la pêche durable sur le Planetoscope

En effet, selon M. Árni M. Mathiesen, sous-directeur général de la FAO pour les pêches, « Marquer correctement les équipements de pêche est un moyen efficace d’améliorer la gestion des équipements dans son ensemble, de prévenir l’abandon, la perte ou le rejet et facilitera la récupération des équipements perdus, ainsi que l’identification des opérations de pêche illégale ».

Marquage des équipements : une aide pour la pêche artisanale

Même si ces directives ont été conçues pour avoir une portée mondiale, la FAO et ses pays membres reconnaissent qu’elles devront s’accompagner d’une aide auprès des pays en développement où se pratique la pêche artisanale. Dans ces régions du monde, la plupart des ports ne possèdent pas d’installations permettant de se débarrasser des équipements de pêche.

Ainsi, « les contraintes liées au marquage de l’équipement devront prendre en compte les conditions et les besoins locaux. La FAO a déjà lancé plusieurs projets pilotes pour résoudre ces problèmes ». On sait déjà que les premiers retours de certains projets sont positifs.

Illustration bannière : Le problème du Ghost fishing ou pêche fantôme a été soulevé pour la première fois en 1985 ©  j.wootthisak
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