Plastique : le génocide des Bernard-l’hermite

C’est la première étude menée sur le sujet et il était temps de s’y pencher vu les chiffres vertigineux qui ne concernent pourtant que deux endroits, un dans l’océan pacifique et l’autre dans l’océan indien. La pollution plastique est un fléau, encore faut-il savoir désormais dans quelle mesure.

Rédigé par Julien Hoffmann, le 18 Dec 2019, à 8 h 00 min

Il y a quelques mois, les îles Cocos (Océan Indien) et l’île Henderson (Océan Pacifique) si éloignées l’une de l’autre, avaient déjà été pointées du doigt : une quantité impressionnante de débris plastiques – se comptant par millions – jonchent leurs plages, pourtant paradisiaques. Le phénomène est tel que des chercheurs sur place ont décidé d’y regarder de plus près. Car, si nous avons connaissance de cette pollution colossale, nous savons encore peu en quoi elle impacte la faune marine.

Une étude menée conjointement par les mêmes chercheurs de l’Institut d’études marines et antarctiques (IMAS) de l’Université de Tasmanie et le Museum d’Histoire Naturelle de Londres est préoccupante(1). Elle démontre clairement l’impact dramatique de la pollution plastique sur les populations de bernard-l’hermite qui peuplent les plages des îles Cocos et Henderson.

Des millions de débris plastiques tuent et font barrage aux Bernard-l’hermite

Il s’avère que ces débris plastiques s’accumulent tellement que de petites espèces n’arrivent pas à franchir le barrage qu’ils représentent. Comme c’est le cas du Bernard-l’hermite. Le plastique empêche tout simplement ces animaux de remonter sur la plage pour se nourrir ou se reproduire.

Obligés de forcer cette barrière artificielle, les Bernard-l’hermite prennent d’énormes risques : ils se retrouvent empêtrer dans ces débris plastiques qui les tuent par étouffement. Mais ce n’est pas la seule raison qui fait qu’ils se tuent dans les déchets plastique qui couvrent les plages.

Ces crustacés n’ont pas de coquille qui leur est propre  : ils vagabondent de carapace en carapace. Lorsque l’un d’eux meurt, les autres alerté par un signal chimique, se précipitent pour essayer de récupérer sa coquille en espérant la trouver mieux que la leur. Et voila de nouveaux Bernard-l’hermite qui à leur tour meurent en émettant de nouveaux signaux qui vont attirer les suivants dans ces pièges mortels… Un cycle horrible se met en place.

Les estimations se chiffrent ainsi à 61.000 crabes piégés dans des débris sur l’île Henderson et 508.000 sur les îles Cocos !

Les conséquences d’un tel carnage ?

Les populations de Bernard-l’hermite sont peu connues. Mais il n’en reste pas moins qu’un demi-million d’entre eux sont morts dans ces deux petites partie des océans. Si on ne peut que difficilement savoir, à l’heure actuelle, ce que cela représente pour l’espèce sur terre, il y a tout de même de quoi s’inquiéter… Ces crustacés décapodes jouant bien évidemment un rôle dans les écosystèmes !

En effet, ces animaux aèrent le sol, le fertilisent, éliminent les détritus, dispersent les graines et… servent de repas autant sous l’eau que sur terre.

La plage est l’interface essentielle à la vie de ces petits crabes ! © gillmar

À l’échelle de quelques îles à peine, se sont désormais 570.000 travailleurs de la santé des écosystèmes qui ne joueront plus leur rôle, et il est temps de se pencher sur le problème au niveau mondial.

Illustration bannière : Bernard-l’hermite dans un verre en plastique – © Krzysztof Bargiel

Références :
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