La Déclaration musulmane sur le changement climatique est décisive

Rédigé par Camille Peschet, le 28 Aug 2015, à 8 h 19 min

Le 17 et 18 août derniers, à l’initiative de la Fondation Islamique pour l’Ecologie et les Sciences Environnementales, Greenfaith et Islamic Relief Worldwide, une soixantaine de leaders musulmans venus de 22 pays ont adopté à Istamboul une « Déclaration musulmane sur le changement climatique ». Après l’Encyclique du Pape François, c’est une contribution majeure en amont des négociations climatiques de Paris en décembre cette année.

La Déclaration musulmane : un appel pour un accord ambitieux lors de la COP21

Dans ce texte de 8 pages, où sont repris les conclusions du GIEC – le Groupement Intergouvernemental des Experts du Climat des Nations Unies – et du Millenium Ecosystem Assessment, un rapport mondial faisant autorité sur les questions de biodiversité, et où est affirmé que la croissance économique illimitée n’est pas viable, les signataires appellent les dirigeants à trouver un accord ambitieux pour le climat avec des objectifs clairs et des moyens contraignants pour les faire respecter.

déclaration musulmane

Ils rappellent également la nécessité de travailler à l’adaptation au réchauffement climatique, tout particulièrement pour les pays fortement menacés par la montée des eaux comme c’est le cas pour le Bangladesh.

Limiter un maximum les énergies fossiles

Laisser « plus de deux tiers des stocks d’énergies fossiles dans le sol et investir massivement dans les énergies renouvelables » est aussi l’un des appels de cette déclaration. Appel d’autant plus fort que sur les dix pays plus gros producteurs de pétrole au monde, cinq sont musulmans et qu’aucun d’entre eux n’a encore présenté ses engagements de réduction de gaz à effet de serre en amont de la conférence de Paris.

Il est d’autant plus difficile pour ces pays d’ignorer cette déclaration que dans la liste des signataires figurent trois muftis, du Liban, de l’Ouganda et de Bosnie, le président du conseil indonésien des Musulmans, ainsi que le directeur du département des fatwas et des jugements sur la charia de l’académie d’Arabie Saoudite.

Les investisseurs sont, quant à eux, invités à orienter leurs financements vers l’économie verte et à stopper les investissements pour l’exploitation des énergies fossiles.

Le monde est beau et verdoyant et en vérité Allah a fait de vous ses intendants.

Un texte qui s’appuie sur le Coran

La déclaration s’appuie sur le Coran pour dénoncer « la cupidité humaine » et « l’utilisation déraisonnable et court termiste des énergies fossiles », ainsi que pour redire la nécessité de veiller aux populations les plus fragile et de laisser un monde viable aux génération futures.

déclaration musulmane

Pour Shaban Ramadhan Mubaje, le Grand Mufti d’Ouganda les musulmans ont l’obligation de « quitter le monde meilleur que nous l’avons trouvé ».

Une front intereligieux pour le climat

Avec l’encyclique « Laudate Si » du pape et la « Déclaration musulmane sur le changement climatique » ce sont 2,2 milliards de Chrétiens et 1,6 milliards de Musulmans qui sont appelés à s’engager pour le climat et pour le respect de l’environnement afin de ne pas « mettre fin à la vie telle que nous la connaissons sur notre planète ».

Même s’il est maintenant nécessaire que cette déclaration soit relayée dans chaque pays par les imams et les autorités religieuses, les Musulmans n’ayant pas, comme l’Eglise catholique, une autorité unique. Mais ce qui est sûr, note un observateur des négociations climatiques, c’est que « cela commence à faire du monde aux côtés des écolos ». Le Climate Action Network, qui regroupe toutes les ONG environnementales actives sur le climat ne s’y est pas trompé en soutenant la préparation de symposium d’Istamboul.

Illustration bannière : Mosquée d’Istamboul – © MilanTomazin Shutterstock
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Portée par un cadre familial m'ayant sensibilisée à une consommation responsable et en faveur d'une production énergétique renouvelable, je me suis...

6 commentaires Donnez votre avis
  1. C’est sur qu’en vivant comme vivaient les gens au 7e siècle après JC on préserverait la planète. Mais maintenant on est 7 milliards d’humains dont le principal souci est de consommer toujours plus. Les dernières tribus primitives vont disparaître dans les 20 ou 30 prochaines années et pourtant ce sont eux qui savent vivre dans ce qui reste de nature, qui savent la préserver pour que leurs descendants puissent continuer. Pour l’heure ce sont les coupeurs de forêt qui font la loi, les grands pollueurs qui rejettent dans l’eau des rivières et des océans les produits toxiques indispensables à notre mode de vie. Les braconniers et quelques millionnaires qui vont tuer les derniers grands animaux et les beaux oiseaux. Je ne vois pas bien comment cela va finir… Si chacun y mettait du sien cela ferait il une différence? Ca vaut la peine d’essayer. Il nous faudrait des coachs en recyclage, des stages de vie en adéquation avec la gravité de la situation. On peut rêver…

    • Vous vous leurrez, les produits toxiques ne sont pas indispensables à notre mode de vie !

  2. On est sur la bonne voie en tout cas. Maintenant il faut agir et continuer nos efforts.

    Petite apparté : pourquoi toujours lier la religion aux problèmes qui sont liés aux “humains” ? D’abord le pape, ensuite les imams…
    On subit tous les effets du changement climatique et sur ce sujet qu’on soit blanc ou noir, musulman ou chrétien, unijambiste ou bicéphale, on devrait laisser cela de côté et penser à la planète, qui représente “tout”.

    • TOUS unis pour LA bonne cause, c’est ce qu’il faut absolument , je suis partante,Romain!

    • Si la religion peut jouer un rôle positif au lieu de servir d’alibi à des guerres diverses et variées, applaudissons au lieu de râler!
      L’élément le plus intéressant de ces initiatives est qu’elles sont susceptibles de sensibiliser un nouveau public.

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