Un cycle de l’eau « plus irrégulier et imprévisible », selon l’ONU
Le dernier rapport sur l’état des ressources en eau tire la sonnette d’alarme : le cycle mondial de l’eau subit des dérèglements structurels majeurs.

La planète oscille désormais brutalement entre des sécheresses historiques et des précipitations d’une violence extrême.
Des réserves d’eau douce en baisse continue
Tel est le constat dressé par le dernier rapport sur l’état des ressources en eau de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et de l’ONU. Seule une infime minorité des bassins versants mondiaux conserve aujourd’hui des débits fluviaux jugés conformes aux normales historiques. Cette instabilité grandissante s’accompagne d’un épuisement constant des réserves continentales. Depuis dix ans, les niveaux des nappes phréatiques, des lacs et des réservoirs ne cessent de décliner à l’échelle globale.
Selon la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, la planète entame dangereusement son stock stratégique d’eau douce, menaçant la viabilité des écosystèmes et exposant un nombre croissant de régions à un stress hydrique permanent. Quant à la fonte glaciaire, elle franchit un point de non-retour. La fonte des glaciers du globe atteint des niveaux record avec la perte de plus d’un millier de gigatonnes d’eau en l’espace de trois ans.
Le « pic d’eau » largement atteint
De nombreux territoires approchent désormais ou ont déjà dépassé le « pic d’eau », ce seuil critique à partir duquel le ruissellement issu des glaces diminue inéluctablement. Ce retrait définitif des glaciers menace directement l’approvisionnement futur des populations situées en aval, tributaires de ces cours d’eau pour leur consommation et l’irrigation. Les conséquences de cette crise s’étendent bien au-delà des enjeux environnementaux : elles ébranlent la sécurité alimentaire, fragilisent la production d’énergie et intensifient les tensions géopolitiques autour des bassins transfrontaliers.
Face à ce risque global, l’ONU exhorte les décideurs mondiaux à abandonner la simple gestion de crise pour adopter des politiques durables. Elle préconise notamment le renforcement des systèmes d’alerte précoce, l’investissement dans le suivi des données hydrologiques et une réduction nette de la consommation d’eau dans les secteurs clés.
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