Pesticides : 1.044 demandes d’indemnisation en 2025, le vrai coût de l’agriculture chimique

Le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) a reçu 1.044 demandes en 2025, un record qui révèle l’ampleur sanitaire et financière de l’exposition professionnelle aux produits phytopharmaceutiques.

Rédigé par , le 7 Sep 2026, à 9 h 33 min
Pesticides : 1.044 demandes d’indemnisation en 2025, le vrai coût de l’agriculture chimique
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Pour la première fois, le fonds a dû puiser dans ses réserves pour verser 25,9 millions d’euros, témoignage de l’insoutenabilité économique de l’agriculture chimique pour la collectivité.

Coût sociétal des pesticides : le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides a même dû puiser dans ses réserves

Avec 1.044 demandes enregistrées en 2025, le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides enregistre une hausse de 6,8 % par rapport à 2024, marquant une progression de 244 % depuis 2021. Cette reconnaissance croissante des maladies professionnelles liées aux pesticides a un coût important pour la collectivité. Les indemnisations ont atteint 25,9 millions d’euros en 2025, soit une augmentation de 35,5 % en un an. Sur les 1.044 demandes, 795 ont été acceptées, reflétant la solidité des dossiers. Les pathologies reconnues incluent le cancer de la prostate, la maladie de Parkinson et des hémopathies malignes, qui touchent principalement les travailleurs en polyculture-élevage, cultures céréalières et viticulture.

À noter que le FIVP a dû puiser dans ses réserves, car les recettes issues de la taxe sur les produits phytopharmaceutiques ne suffisent plus à compenser les indemnisations croissantes. Ce déséquilibre financier met en évidence les coûts sociaux et sanitaires de l’agriculture chimique, suggérant la nécessité d’une réforme du système de financement ou d’une transition vers des pratiques agricoles moins dépendantes des pesticides.

Au-delà des chiffres : l’urgence des maladies liées aux pesticides

Les pathologies indemnisées, telles que le cancer de la prostate, la maladie de Parkinson et les hémopathies malignes, touchent majoritairement des hommes et commencent à inclure des cas d’exposition prénatale. Autant dire que le risque lié aux pesticides dépasse le cadre professionnel, touchant aussi l’environnement et les populations vulnérables. Les demandeurs sont principalement des retraités, anciens agriculteurs exposés pendant des années sans protection adéquate. Les écarts géographiques dans les demandes révèlent une inégalité d’accès à l’information sur le FIVP, suggérant que de nombreuses victimes ignorent leurs droits. Il existe d’ailleurs des disparités régionales dans les taux de saisine, certaines zones, comme l’Armorique et le Maine-et-Loire, étant plus actives que d’autres.

Ces disparités régionales dans les demandes d’indemnisation révèlent un problème de communication. Une meilleure information pourrait accroître les demandes et sensibiliser à l’impact économique de l’agriculture chimique. La transition écologique s’avère essentielle pour réduire l’usage des pesticides et soutenir l’agroécologie. Cela allégerait à terme la charge financière pour la collectivité… à condition d’agir avant que les ressources du FIVP ne s’épuisent et que le coût humain ne devienne irréversible.

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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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