Chimiothérapie : des champignons hallucinogènes pour aider les malades ?

Le centre de cancérologie de l’université du Texas MD Anderson lance un essai clinique sur le recours à la psilocybine dans le cadre de la chimiothérapie.

Rédigé par , le 8 Sep 2026, à 9 h 11 min
Chimiothérapie : des champignons hallucinogènes pour aider les malades ?
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Et si prendre de la psilocybine, le principe actif des champignons hallucinogènes, protégeait des effets secondaires d’une chimiothérapie.

Chimiothérapie : protéger les nerfs sensoriels

Étonnant : Une étude publiée dans la revue Science révèle que la psilocybine, le principe actif hallucinogène présent dans certains champignons, pourrait prévenir les neuropathies périphériques causées par la chimiothérapie. Ce traitement médical provoque en effet des engourdissements, des picotements et des sensations de brûlure permanente chez de nombreux patients. Au-delà de l’inconfort généré, ces séquelles contraignent parfois les oncologues à réduire ou interrompre les soins de manière prématurée, ce qui nuit directement aux chances de guérison.

Sur le plan biologique, la chimiothérapie endommage le réseau de transport de l’énergie au sein des cellules nerveuses, provoquant la dégradation des terminaisons situées aux extrémités du corps (mains et pieds). Administrée en amont des séances chez les rongeurs, la psilocybine protège les nerfs sensoriels en maintenant l’acheminement des mitochondries et préserve également l’activité électrique du cerveau. Ces bénéfices s’obtiennent sans affaiblir le système immunitaire ni nuire à l’efficacité antitumorale du traitement.

Mieux tolérer les thérapies

Un aspect particulièrement novateur réside dans le fait que cette action protectrice semble indépendante de l’effet psychotropique de la molécule. Les chercheurs ont en effet constaté qu’une version non hallucinogène de la psilocybine offre une protection équivalente en laboratoire, ce qui ouvrirait la voie à des thérapies mieux tolérées sans le « trip » ou les altérations de la conscience généralement associés aux substances psychédéliques.

Bien que ces résultats précliniques soient très prometteurs pour les experts, ils nécessitent encore une confirmation chez l’humain afin de garantir leur efficacité et leur sécurité. Dans le cadre de ce long processus réglementaire, le centre de cancérologie MD Anderson de l’université du Texas va lancer un premier essai clinique sur des patients atteints de cancer à l’automne.

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