La crise sanitaire profite à l’industrie pharmaceutique

En pleine crise sanitaire, l’industrie pharmaceutique tire son épingle du jeu grâce, notamment à la hausse des ventes de médicaments. Augmentation qui ne se poursuivra probablement pas au second trimestre.

Rédigé par Audrey Lallement, le 7 May 2017, à 15 h 27 min

La crise sanitaire a provoqué une ruée vers les médicaments lors du premier trimestre 2020, permettant aux laboratoires pharmaceutiques d’obtenir de bons résultats. Reste à savoir si cette tendance se poursuivra. Rien n’est moins sûr.

Les ventes de médicaments en hausse

À qui profite la crise sanitaire ? Aux laboratoires pharmaceutiques sans aucun doute. Et pour cause, la pandémie de COVID-19 a fait exploser la demande de médicaments. Craignant la pénurie, les Français ont stocké certains traitements, comme ils l’ont fait pour la farine, les pâtes et le papier toilette.

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Une étude de l’Assurance maladie et l’Agence de sécurité des médicaments publiée en avril révèle que la crise sanitaire a engendré une hausse des ventes de médicaments de 20 % à 40 % selon les classes thérapeutiques. Ainsi, lors des deux premières semaines de confinement, les chiffres de ce surcroît de ventes ont atteint 405.000 pour les antidiabétiques et 490.000 pour les statines. L’étude révèle aussi une hausse de vente des antirétroviraux VIH (+32 %), antiparkinsoniens (+20 %), médicaments à base de lévothyroxine (+41 %) ou encore de la pilule contraceptive (+45 %).

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On a constaté une hausse des ventes de médicaments spécifiques dès le mois de mars – © Ink Drop

Le succès du Doliprane

Ce phénomène a permis à l’industrie pharmaceutique de réaliser un bon premier trimestre. Alors que l’industrie mondiale est bien en peine, les laboratoires semblent tirer leur épingle du jeu. C’est la conclusion qu’ont pu tirer nos confrères des Échos après avoir passé en revue les performances actuelles des grands noms des industriels pharmaceutiques(1).

Vendu sans ordonnance, le paracétamol a connu une telle ruée au début de la crise sanitaire que le gouvernement a dû encadrer sa vente en limitant le nombre de boîtes par personne. Résultat, le fabriquant Sanofi a pu constater une augmentation de 20 % des ventes de cet antalgique. Par ailleurs, les ventes de médicaments de la division « grand public » du laboratoire français ont progressé de 4,2 % à 1,3 milliard d’euros. Au premier trimestre 2020 il affichait un chiffre d’affaires de 8,9 milliards d’euros.

De beaux résultats pour les laboratoires pharmaceutiques

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Le paracétamol s’est notamment très bien vendu – © Nuttachai Wantanaboon

Du côté du laboratoire suisse Novartis, son chiffre d’affaires net a progressé de 11 %, à 12,3 milliards de dollars (11,17 milliards d’euros), sur le premier trimestre. « Une performance supérieure à la moyenne des analystes qui tablaient sur 12 milliards. Son résultat net s’inscrit lui aussi en hausse de 16 %, à 2,1 milliards, » lit-on dans Les Échos. L’américain Pfizer a lui aussi profité de la pandémie en réalisant un « meilleur premier trimestre que prévu, même si les ventes restent en baisse ». Les ventes du britannique GlaxoSmithKline (GSK) « au premier trimestre ont bondi de 19 % à 9,1 milliards de livres (10,4 milliards d’euros) ». Beaux résultats aussi pour Johnson & Johnson, Roche et Merck.

Globalement, la crise sanitaire a été profitable pour les géants de l’industrie pharmaceutique. Il n’est pourtant pas sûr que le second trimestre soit aussi bon que le premier. En effet, avec les restrictions de déplacement et le stock des armoires à pharmacie des particuliers, il n’est pas du tout certain que les médicaments se vendent autant qu’au premier trimestre.

Illustration bannière : Le coronavirus a eu un impact immédiat sur l’industrie pharmarceutique – © Alliance Images
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