Abeilles, papillons et plantes indigènes, citoyens d’honneur à Curridabat au Costa Rica

Au Costa Rica, une municipalité a donné la citoyenneté d’honneur aux pollinisateurs et plantes indigènes de son territoire. Et derrière ce geste symbolique, tout un programme de préservation de la biodiversité est également mis en place. Zoom sur Curridabat, la ‘Ciudad Dulce’…

Rédigé par Anton Kunin, le 25 May 2020, à 11 h 45 min

Une nouvelle étape pour la municipalité de Curridabat, au Costa Rica, qui revoit complètement ses plans d’urbanisation pour qu’ils tiennent compte des intérêts des habitants non-humains de la ville.

Curridabat – Repenser le rapport entre la nature et la ville et créer des « bio-couloirs » pour les pollinisateurs

Curridabat (32.000 habitants) est une banlieue de San José, la principale ville du Costa Rica, qui compte 72.000 habitants. S’il est rare qu’on en entende parler dans les médias, ce n’est pas pour autant qu’il ne s’y passe rien.
Maire de Curridabat pendant douze ans, Edgar Mora n’appréciait pas le fait que San José (qui abrite la moitié de la population du Costa Rica, mais occupe seulement 5 % de son territoire) ne corresponde pas du tout à l’image « carte postale » d’une nature luxuriante que le Costa Rica s’efforce de véhiculer pour faire venir des touristes.

Le Costa Rica est l’endroit du monde avec la plus grande biodiversité au kilomètre carré © Parkol

« L’idée a émergé par opposition au discours des citadins, qui pensent qu’il faut protéger la nature qui est loin de chez eux, quand c’est un concept distant. Mais ils négligent la nature quand elle est tout près d’eux », avait déclaré Edgar Mora.
C’est ainsi que la municipalité a entrepris de transformer son  paysage urbain : planter à travers toute la ville des arbres d’espèces locales, créer des espaces verts et des « bio-couloirs », à savoir des rues plantées, que les pollinisateurs (abeilles, colibris, chauves-souris, papillons… ) pourraient emprunter pour se déplacer d’un espace vert à un autre.

Les pollinisateurs, des « consultants du monde naturel » à traiter à leur juste valeur

Pour l’ancien maire Edgar Mora : « les pollinisateurs sont les consultants du monde naturel, les reproducteurs suprêmes, et ils ne le font pas payer ». Ils sont indispensables si l’on veut transformer chaque recoin d’un ville en couloir biologique et chaque quartier en écosystème… Et c’est ainsi que chaque pollinisateurs est devenu un citoyen d’honneur de la ville !

Désormais, Curridabat se pense non pas comme une ville dédiée à l’habitation de personnes et aux activités commerciales, mais comme un bout de territoire faisant partie d’un tout (95 % du territoire du Costa Rica est constitué de nature sauvage).
Selon Irene Garcia, en charge du projet « Ciudad Dulce » (« Douce Ville »), « nous ne parlons pas de forêt dans la ville, mais de ville dans la forêt ». Le nom de « Ciudad Dulce » est d’ailleurs devenu le surnom de Curridabat.

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Costa Rica, c’est l’énergie renouvelable et bientôt même la neutralité carbone

La préservation de la biodiversité n’est pas la seule démarche du Costa Rica en faveur de l’environnement. D’ores et déjà, le territoire puise 98 % de ses besoins en énergie de sources renouvelables. Et d’ici 2050, il ambitionne d’atteindre la neutralité carbone.

Illustration bannière : Deux nouveaux citoyens d’honneur au Costa Rica – © Ondrej Prosicky
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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