Collapsologie : notre monde pourrait s’effondrer ! Et si on y réfléchissait ?

Certains penseurs et scientifiques voient l’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle se rapprocher, et entretiennent une réflexion sur le monde de demain. Zoom sur la théorie de l’effondrement, aussi appelée collapsologie, de plus en plus entendue au fur et à mesure que les crises s’amplifient.

Rédigé par Pauline Petit, le 10 Aug 2018, à 7 h 55 min

L’annonce de la fin du monde n’est plus réservée à quelques prophètes chevelus. Même le premier ministre Édouard Philippe a évoqué en juillet « une société qui s’effondre » si on ne prend pas les bonnes décisions. La théorie de l’effondrement a le vent en poupe cette année, même si elle existe depuis longtemps. De quoi s’agit-il exactement ? Qu’est-ce que la collapsologie ?

La collapsologie, une réflexion pour mieux se préparer au monde de demain ?

Pour l’ancien ministre Yves Cochet, partisan de la théorie de l’effondrement, « c’est le processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne sont plus fournis (à un coût raisonnable) à une majorité de la population par des services encadrés par la loi ».

collapsologie

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Elle est tenue par des penseurs et scientifiques que l’on réunit sous l’appellation de « collapsologues ». Du nom anglais Collapse, s’effondrer, également titre de l’ouvrage de Jared Diamond de 2009, un des piliers de la théorie de l’effondrement.

En France, le mouvement est représenté principalement par Pablo Servigne et Raphaël Stevens, qui ont publié en 2015 « Comment tout peut s’effondrer : Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes ».

Les collapsologues sont de plus en plus écoutés au fur et à mesure que les crises semblent prendre de l’ampleur. Une interview de Pablo Servigne sur YouTube compte plus de 300.000 vues. La websérie de Clément Montfort, Next, qui interroge les collapsologues, compte de dizaines de milliers de vues par épisode.

La collapsologie d’après ces chercheurs est « l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder ». On le sait, notre société est traversée par une série de crises : financière, sociale, écologique, politique… Pour les collapsologues, les crises vont se conjuguer pour avoir comme point final l’effondrement de la société telle qu’on la connaît actuellement.

Pour la majorité d’entre eux, cet effondrement adviendra dès 2030. Plus tôt pour certains, plus tard pour d’autres, il est en tout cas inévitable.

La fin du monde est pour demain

Est-ce qu’alors, on va tous mourir ? Personne ne l’espère. Malgré leurs théories alarmistes, les collapsologues ont foi en l’humain et dans sa capacité de résilience. Si l’effondrement ne se fera pas sans dommages, l’espèce humaine peut avoir sa place dans une société post-capitaliste.

L’entraide est la clé pour survivre dans une société effondrée. On reviendra à des micro-sociétés autonomes, qui peuvent assurer les besoins élémentaires des humains sans détruire la nature et la biodiversité.

 

Loin de crier à la fin du monde et au suicide collectif, la collapsologie étudie les nouveaux modèles qui peuvent amener à la résilience, à l’autonomie et à l’entraide entre les sociétés : la ferme en permaculture du Bec-Hellouin, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes… Tous ces lieux où des micro-sociétés tentent de construire un autre modèle.

Et les collapsologues eux-mêmes, dans leur vie personnelle, tentent également de mener une vie « résiliente » en mettant leurs paroles en actes. Et s’ils étaient déjà vraiment en train d’inventer la société de demain ?

Illustration bannière : Statue de la Liberté sous l’eau – © Pavel Chagochkin
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J'ai travaillé dans différents organismes, tous liés de près ou de loin aux questions qui me passionnent : la consommation durable et l'alimentation. J'ai...

2 commentaires Donnez votre avis
  1. Bonjour à tous,
    C’est très bien d’aborder ce sujet qui reste méconnu de la plupart de nos concitoyens.

    En 2016 date de ma prise de conscience de l’inéluctable après avoir eu comme info ce fameux voyage vers Mars pour sauver 100 000 humains, j’ai cherché le moyen de comprendre ce qu’il se passé à notre insu

    Je vais faire un rappel de quelques lignes que j’avais mis sur conso,concernant la date de l’empreinte de l’homme fourni par:
    – AERTH OVERSHOOT DAY – GLOBAL FOOT PRINT –
    dont nous avons eu la dernière mouture pour 2018, c’est le 1 er août, pour 2017, c’est le 2 août etc…

    J’ai croisé chaque année la date de l’empreinte de l’homme et la population humaine depuis 1970, l’année où l’homme est arrivé à la limite de l’équilibre avec la production biologique de la planète jusqu’à 2016.

    Tableau abrégé et simplifié, en milliards
    —–PLATEAU DE LA POPULATION SUPPORTABLE POUR LA PLANÈTE—–
    année Pop. Mondiale Pop. supportable Population éxcédentaire
    1980- 4,5 – 4,243 = + 0,257 ”
    1985- 4,8 – 4,061 = + 0,739  »
    1990- 5,3 – 4,147 = + 1,153 ”
    1995- 5,7 – 4,258 = + 1,442  »
    2000- 6,1 – 4,475 = + 1,625 ”
    —–PIC DE LA POPULATION SUPPORTABLE—–
    2005- 6,5 – 4,593 = + 1,907  »
    2010- 6,9 – 4,479 = + 2,421 ”
    2015- 7,2 – 4,455 = + 2,745  »
    2015-* 7,3 – 4,500 = + 2,800  »
    2016- 7,4 – 4,460 = + 2,940  »
    2017- 7,55 – 4,426 = + 3,124  »

    2020-* ?7,8 – 4,260 = + 3,540  »
    2025-* ?8,25 – 4,068 = + 4,182  »
    2025-* ?8,3 – 3,842 = + 4,408  »
    * population estimée
    —–FIN DU PLATEAU DE LA POPULATION SUPPORTABLE POUR LA PLANÈTE—–
    LA PROSPECTIVE CI-DESSOUS EST ESTIMEE – POPULATION 2030- SUR CHIFFRES DISPONIBLES DE L’ONU AU 26072016 POUR 2030 – ET POUR – L’EMPREINTE DE L’HOMME – SEULE L’ANNEE 2030 EST PROPOSEE PAR: EARTH OVERSHOOT DAYS
    2030- ?8,1 – 3,955 = + 3,614
    2030* ?8,5 – 4,168 = + 4,332  »
    —–RETOUR A UNE POPULATION SUPPORTABLE? OU EFFONDREMENT?—–
    2040- ?8,6 – 3,525 = + 5,070  »
    2050- ?9,8 – 3,082 = + 6,718  »

    —– L’EFFONDREMENT ANNONCÉE D’UNE CIVILISATION—–

    Pour garder un équilibre respectant la biodiversité, dont nous faisons partie, sur notre planète, bien loin d’un plan B, c’est 3 000 000 000 d’habitants à ne pas dépasser, c’est un calcul des plus simples et imparable, nous avons déjà la tête dans les étoiles mais le calendrier tourne année après année.
    (1)population mondiale, source ONU
    (2) les chiffres de la date de dépassement année après année sont disponible sur le site: aerth overshoot day.org

  2. Il ne s’agit plus tellement de réfléchir, mais d’agir!

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