Cites – La protection des espèces menacées au centre des discussions à Genève

Depuis samedi dernier, des centaines d’experts et responsables politiques représentant 180 pays sont réunis à Genève dans le but de débattre 56 propositions pour mieux protéger les animaux et plantes sauvages : c’est la 18e Session de la conférence des parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Zoom sur les premières propositions.

Rédigé par Anton Kunin, le 19 Aug 2019, à 13 h 00 min

Le rythme d’extinction des espèces animales et végétales s’accélère. Le constat est là mais que fait-on réellement pour l’endiguer ? 12 jours de discussions pour « se concentrer sur le renforcement des règles et normes en vigueur, tout en élargissant les avantages du régime CITES à de nouvelles plantes et à de nouveaux animaux menacés par les activités humaines » suffiront-ils à changer la donne ? Retour sur les 2 premiers jours de discussions.

CoP 18 – Une mobilisation contre l’extinction « sans précédent» des espèces

Cet événement, organisé tous les 3 ans depuis le début des années 1970, se produit dans un contexte alarmant après la publication du rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), publié en mai 2019, qui annonçait qu’un million d’espèces étaient menacées de disparition.

Cites – Le saviez-vous ?

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), aussi appelée Convention de Washington, est un traité international signé il y a plus de 40 ans.  Il vise à fixer les règles de protection et de commerce international de plus de 35.000 espèces menacées d’extinction, ainsi que des parties et produits qui en sont issus.

Chaque État signataire doit mettre les règles du Cites dans sa loi et veiller à les faire respecter, sous peine de sanctions commerciales ou d’embargos en cas de non-respect !

Revenons sur les faits marquants du week-end !

La chasse aux trophées, toujours une « activité non commerciale »

C’est par un appel de 50 eurodéputés et d’autant d’ONG visant à interdire la chasse aux trophées, que s’est ouverte à Genève la 18e Session de la conférence des parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Les députés européens qui ont fait le déplacement réclament que soit abolie, au niveau international, la notion de « chasse aux trophées », qui permet de chasser des espèces menacées d’extinction.

Peut-on encore continuer à tuer le ‘gros gibier’ pour des raisons récréatives ? © Barbara Ash

C’est un paradoxe du droit international : alors que la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) prévoit des garde-fous et des sanctions décourageantes pour les individus impliqués dans le commerce d’espèces menacées d’extinction, ce traité autorise de s’en prendre aux mêmes espèces s’il s’agit de la « chasse aux trophées ».

C’est donc lors du 18e point d’étape réunissant les signataires de ce traité, qui se tient à Genève du 17 au 28 août 2019, que 50 députés européens et une cinquantaine d’ONG ont demandé que soit abolie cette exception.

Concrètement, ils demandent que soit interdit au niveau international non seulement ce type de chasse, mais aussi l’importation des trophées de chasse. Il faut savoir que selon le CITES, rédigé en 1975, la chasse aux trophées est considérée comme une activité non commerciale. Ainsi, si un braconnier vendant des défenses d’éléphant encourt une lourde peine, un chasseur aux trophées qui récupère les défenses après avoir tué un éléphant est dans ses droits.

En plus, en vertu du CITES, il a même le droit de les importer en Europe s’il parvient à prouver que ces trophées proviennent de « sources durables ».

Lire aussi : Une carte blanche pour les chasseurs de trophées d’hippopotames en Zambie !

La chasse aux trophées ne bénéficie aucunement à la préservation de la faune

Selon la Campagne pour l’interdiction de la chasse aux trophées, au cours de la décennie écoulée, les chasseurs ont ramené chez eux 1,7 million de « trophées » d’animaux, dont 200.000 provenant d’animaux menacés d’extinction (éléphants, léopards et lions).

L’argument selon lequel les sommes importantes que paient les chasseurs aux organisateurs de ce loisir bénéficieraient à la sauvegarde d’animaux ne tient pas, car 97 % des sommes versées restent à l’intérieur de l’industrie de la chasse. « C’est comme dire qu’encourager à fumer aide à soigner le cancer du poumon, parce que les cigarettiers contribuent de façon importante au financement du système de soins », peut-on lire sur son site.

Par ailleurs, dans les pays africains, la chasse aux trophées ne génère que 0,03 % du PIB, et correspond à seulement 0,76 % des emplois du secteur du tourisme. Toujours selon cette ONG, l’écotourisme génère un chiffre d’affaires 40 fois plus important et crée plus d’emplois. À ce jour, seuls le Brésil et Costa Rica ont interdit la chasse aux trophées. La France, l’Australie et les Pays-Bas ont quant à eux interdit l’importation de trophées de chasse.

Vers une interdiction de la vente d’éléphants d’Afrique à des zoos

Alors qu’on célébrait la semaine dernière la journée mondiale des éléphants, on se rappelait que plus de 20.000 pachydermes sont tués chaque année pour leurs défenses en ivoire. Les éléphants d’Afrique se retrouvent donc ne fois de plus et bien normalement, au coeur des enjeux de la 18e Conférence des Parties (COP18) de Genève.

Peut-on encore arracher les éléphanteaux à leur famille pour les mettre dans des zoos ? © Benny Marty

Et bonne nouvelle, hier une large majorité d’États membres de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ont décidé de limiter de manière stricte les ventes d’éléphants aux structures permettant de les maintenir dans leur environnement naturel.

Si la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est ont déjà interdit cette pratique, ce n’est pas le cas des pays d’Afrique australe. Ainsi depuis 2012, le Zimbabwe a capturé et vendu plus de 100 bébés éléphants à des zoos chinois, selon le groupe de protection animale Humane Society International.

Finis donc la capture et la vente de ces animaux majestueux à des parcs zoologiques ou d’attractions touristiques… Pratique tellement décriée par les défenseurs des animaux !

La proposition a reçu un nombre suffisant de voix pour être adoptée, mais doit encore être approuvée lors de la séance plénière de la réunion de clôture, le 28 août prochain.

Illustration bannière : Protéger la biodiversité en danger – © iurii
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Quand je lis que « c’est la 18ème Session de la conférence des parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction » et que de par le monde on continue à assassiner des bêtes sauvages rien que pour les mafias Asiatiques je pense qu’il faudrait se réveiller dans toutes ces instances Internationales qui, soi-disant, protègent la faune et la flore en brassant des millions pour rien faire………. et arrêter de dépenser des milliards pour envoyer des satellites et des fusées pour explorer l’Univers pendant que notre terre se meurt tous les jours un peu plus !!!!!

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