Une carte blanche pour les chasseurs de trophées d’hippopotames en Zambie !

L’appétit des chasseurs les conduit parfois au-delà des frontières de la France et de l’Europe, pour ramener dans leur foyer des trophées d’espèces ‘exotiques’ ! Prêts à payer le prix, ils entretiennent une demande ciblant parfois même des espèces vulnérables… Et c’est le cas notamment en Zambie, où la saison va bientôt s’ouvrir pour 2.000 hippopotames à abattre sur 5 ans.

Rédigé par Séverine Bascot, le 16 Feb 2019, à 8 h 00 min

En juin 2018 en Zambie, le gouvernement avait déjà tenter d’autoriser les chasseurs de trophées à tuer jusqu’à 250 hippopotames par an, estimant que ces abattages aideraient à prévenir les foyers d’anthrax dans une région surpeuplée. Ce 13 février 2019, on assiste à une nouvelle escalade avec l’annonce faite de tuer 2.000 hippos durant les 5 prochaines années dans le but réduire les populations « trop importantes » dans l’Est du pays.

Pour rappel, les hippopotames sont considérés comme des animaux « vulnérables », par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

hippopotames zambie

Une famille hippo au bord du Luangwa © YolLusZam1802

Le gouvernement zambien autorise les chasseurs à tuer 250 hippopotames par an

La Zambie, pays africain situé à l’est du continent, est aussi connu pour les chutes Victoria que pour ses animaux sauvages. Les touristes y affluent donc par milliers chaque année.

Une industrie du tourisme également nourrie par les safaris dont certains proposent même aux visiteurs qui le souhaitent – et en ont les moyens, la possibilité de tuer des animaux ! Or en Zambie, la chasse aux hippos semble d’actualité et largement encouragée puisque, le gouvernement zambien vient d’annoncer qu’il souhaitait procéder à l’abattage de 2.000 animaux réparti sur les cinq prochaines années.

De son côté, le ministre du Tourisme zambien confirme ce plan funeste, et précise que les chasseurs étrangers pourraient tirer jusqu’à 250 hippopotames par an  !

Pourtant, le déclin des hippopotames est spectaculaire et s’est produit dans un temps record. Il reste aujourd’hui environ 130.000 hippopotames en Afrique. Et l’espèce pourrait s’éteindre d’ici trente ans.

hippopotames zambie

Une espèce à laisser tranquille © Alina Lavrenova

Des raisons qui ne tiennent pas la route pour les ONG

En juin dernier, le département zambien des parcs nationaux invoquait une bonne raison : l’abattage devait aider à prévenir les foyers d’anthrax dans une région surpeuplée d’hippopotames. Un problème aggravé par des précipitations inhabituellement faibles.

Pour rappel, l’anthrax est une maladie potentiellement mortelle causée par des bactéries vivant dans le sol. Les hippopotames sont sensibles à l’infection et peuvent la transmettre aux humains si ces derniers mangent de la viande infectée.

« Il s’agissait d’abord d’empêcher une épidémie d’anthrax. Puis le niveau de l’eau dans la rivière Luangwa était trop faible. Maintenant, c’est à cause d’une prétendue surpopulation. Aucune de ces justifications ne tient la route », a déclaré à l’AFP, Will Travers, le président de l’Ong Born Free.

Les autorités zambiennes se défendent et déclarent que l’abattage permettait de maintenir un « habitat convenable pour les espèces aquatiques et la faune en général », arguant que des abattages similaires avaient eu lieu auparavant. Pour le gouvernement : « Les hippos causent des dommages considérables sur les berges et sont une menace pour l’écosystème de la rivière » !

En 2016 déjà, la Zambie a prévu un abattage de la sorte, mais avait dû y renoncer sous la pression des défenseurs des animaux(1). Pourtant les ONG, dont Born Free, n’ont pas cesser d’accuser le gouvernement d’avoir annulé « secrètement » la décision et de « promouvoir l’abattage pour les chasseurs de trophées ».

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Chasseurs de trophées anonymes (pas peu) fiers derrière le cadavre encore chaud d’un hippo © Umlilo Safaris

Car pour sa part, Born Free estime que les autorités n’ont pas fourni de preuves montrant une surpopulation d’hippopotames dans la rivière Luangwa, ou qu’une telle campagne pouvait avoir un impact positif sur la régulation de l’espèce et la préservation des écosystèmes(2).

Au contraire, les observations scientifiques des précédentes campagnes montrent que plutôt que de réduire le taux de croissance de la population, l’abattage de mâles en excès rend disponibles plus de ressources pour les femelles restantes, ce qui entraine une augmentation des naissances(3).

Commerce de trophées d’hippopotames – Les motivations du gouvernement zambiens ne seraient-elles pas purement économiques ?

Les conséquences pourraient être dramatiques pour les hippos mais pas pour tout le monde… La Zambie est un pays qui attire ces chasseurs de trophées et certains en profitent.

Au programme pour un peu moins de 13.000 euros : tuer jusqu’à 5 hippopotames par personne

Ainsi en Juin 2018, Umlilo Safaris, une entreprise sud-africaine proposait déjà à ses clients une chasse aux hippopotames de cinq jours dans la vallée de Luangwa pour un peu moins de 13.000 euros par personne. La page Facebook de l’entreprise précisait que les chasseurs peuvent tirer cinq hippopotames par voyage et garder les canines des animaux.

Une recherche rapide sur internet montre malheureusement qu’elle n’est pas la seule !

La chasse « sportive » comme moyen de réguler les populations d’hippopotames ? © Vector Tradition

Toujours sur internet, on peut signer la pétition adressé au gouvernement zambien ou écrire au président, Edgar Chagwa Lungu à l’adresse suivante : State House P.O. Box 30135 Lusaka, Zambia (pour que votre courrier soit recevable, commencez votre lettre par ‘Your Excellency‘ et finissez-la avec ‘Yours respectfully and sincerely‘)

Article mis à jour et republié
Illustration bannière : Hippopotames – © Martin Prochazkacz
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Voyageuse insatiable, j'ai parcouru le monde autant pour des raisons personnelles que professionnelles : rien de mieux pour prendre la mesure de l'état de la...

4 commentaires Donnez votre avis
  1. Et le fait que les hippopotames tuent en moyenne 500 hommes chaque année en Afrique?

    • Qu’est ce que les gens font en safari à s’approcher d’eux aussi ?

      Ce sont les comportement irresponsables des hommes qui provoquent ces morts pas les animaux

  2. des humains assoiffés de meurtre … de sang .. de vrais psychopathes à enfermer !

  3. Je trouve ça lamentable! comment peut on tuer ces magnifiques animaux qui, eux aussi, sont en voie de disparition? Ce gouvernement assassin est plus intéressé par le fric que par la vie…il n’est certainement pas difficile de tuer l’hippopotame, ce n’est pas de la chasse(que je condamne fermement!!!)mais un meurtre pur et simple! cette décision est inacceptable et horrible…j’ai honte de faire partie de cette espèce qu’est l’homme, prédateur, assassin, avide, etc…

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