Catastrophe écologique : des flots d’acide dans une une rivière russe

En Russie, des mines abandonnées sont à l’origine d’une pollution qui s’avère néfaste pour l’ensemble de l’écosystème.

Rédigé par Anton Kunin, le 28 Jul 2020, à 11 h 50 min

Se mélangeant à l’eau et à l’oxygène, les minerais en provenance de mines abandonnées forment de l’acide sulfurique, qui « brûle » toute la nature sur son passage.

260 hectares de terres empoisonnés par une rivière acide

Si les sous-sols russes sont riches en minerais, leur extraction n’est pas sans conséquences sur l’environnement. L’impact peut être d’autant plus désastreux lorsqu’un concessionnaire choisit d’arrêter l’exploitation d’une mine et se retire, laissant des minerais restants s’échapper dans la nature. C’est précisément ce qui se passe dans l’Oural, en Russie, où une quinzaine de mines sont à l’abandon depuis le début des années 2000.

Lire : l’exploitation du minerai de fer, la fin des ressources

Des décharges industrielles dangereuses dans la région de Sverdlovsk – © 7ynp100

L’ampleur du problème a une nouvelle fois été rappelée en juillet 2020 par l’association régionale Ecopravo (« Droit écologique »), qui a publié des photos et vidéos de la rivière d’acide sulfurique qui coule de la Mine de la IIIe Internationale, à 10 km de la ville de Nijni Taguil(1). Selon l’association, les eaux de cette rivière contiennent du quartz, du séricite, du chlorite, de l’épidote, de la calcite et de la baryte. Dans une moindre mesure, sont également présents l’acerilla, le cuivre sulfuré, le cuivre azuré, la chrysocole, la limonite, la marcasite, la magnétite, l’oxyde de titane, l’or et l’argent. En se mélangeant avec l’eau et l’oxygène, ce cocktail crée de l’acide sulfurique, qui coule dans la nature en « brûlant » toute la flore sur son passage. Selon l’association Ecopravo, 260 ha de terres ont ainsi été empoisonnés.

 

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Une dépollution défaillante

Une situation similaire se présente à 70 km de là, dans le village de Lioviha, où une mine est à l’abandon depuis le début des années 2000. Une station de neutralisation des eaux de mine a certes été construite, mais elle ne parvient pas à les dépolluer avant qu’ils ne rejoignent la rivière de Taguil. Dans cette station d’épuration, les eaux en provenance de la mine sont mélangées à de la chaux, censée tirer les minerais vers le fonds d’un étang technique. Mais l’accumulation des minerais au fond de cet étang est déjà telle que le procédé n’est plus efficace. S’y ajoutent les fréquentes coupures d’eau et d’électricité, qui obligent la station d’épuration à arrêter son fonctionnement, alors même que l’eau polluée continue de s’écouler. Un plan de dépollution à l’aval de la rivière existait certes, mais le gouvernement fédéral a mis fin à son financement.

Selon l’association Ecopravo, en période de hautes eaux, l’étang technique où sont stockées les eaux polluées déborde, et le ruisseau qui en découle rejoint la rivière Taguil, où se fait le prélèvement d’eau pour l’approvisionnement en eau de la ville de Nijni Taguil. La mairie nie catégoriquement cette affirmation : selon elle, le point de prélèvement d’eau se situe en amont de la rivière, avant le ruisseau empoisonné.

Illustration bannière : La rivière est empoisonnée par les déchets industriels dans l’Oural – © 7ynp100
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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