Cantines : bientôt 50 % de produits à faible impact environnemental ?

Les députés viennent d’adopter en commission des amendements obligeant les cantines des établissements publics à proposer au moins 50 % de produits issus de filières à faible impact environnemental.

Rédigé par Anton Kunin, le 20 Apr 2018, à 10 h 50 min

Les nouvelles normes, si elles font leur chemin jusque dans la loi, ne risquent pourtant pas d’améliorer outre mesure les produits servis, et peuvent par ailleurs être facilement contournées.

Des produits bio ou labellisés s’inviteront (peut-être) dans les cantines

La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale vient d’adopter des amendements au projet de loi Agriculture et alimentation censés faire diminuer la part des produits issus de l’agriculture intensive dans les cantines. Sont concernés les organismes de restauration collective publique servant plus de 100 couverts par jour en moyenne (restauration scolaire et universitaire, accueil des enfants de moins de six ans, établissements de santé, établissements sociaux et médico-sociaux).

Selon les nouvelles normes, au moins 50 % des produits servis devront soit être issus de l’agriculture biologique (y compris des exploitations en cours de conversion), soit provenir d’exploitations labellisées Haute Valeur Environnementale niveau 2 minimum, soit porter un label de qualité (Label Rouge, Écolabel Pêche…)… mais comme toujours, il y a des exceptions.

cantine

© ercan senkaya

Des exigences pas particulièrement exigeantes

Vous l’aurez deviné : si vous espérez qu’avec cette loi vos enfants mangent au moins moitié bio à la cantine, il y a de fortes chances que vous soyez déçus. Car la part minimum du bio est fixée à 20 % seulement.

Par ailleurs, les amendements prévoient qu’à défaut de pouvoir proposer du bio et des produits portant un label de qualité, les établissements de restauration collective puissent toujours avoir le choix de… mettre la main au porte-monnaie ! En effet, ils auront la possibilité d’acquérir les produits en prenant en compte les coûts imputés aux « externalités environnementales liés au produit pendant son cycle de vie ». En d’autres mots, il s’agit de compenser financièrement l’impact négatif induit par le recours aux filières de l’agriculture intensive, en finançant des mesures d’atténuation.

Et le plastique ? Rien mais place à l’expérimentation !

En revanche, les députés s’opposent à un amendement visant à interdire tout contenant alimentaire en plastique dans les cantines et à les remplacer par des matériaux durables et réutilisables. À la place d’une réglementation, ils ont proposé aux collectivités territoriales elles-même « d’expérimenter l’interdiction » du plastique dans les cantines.

Autant dire que les pratiques ne vont pas forcément changer du jour au lendemain !

Illustration bannière : À la cantine – © MikeDotta Shutterstock
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

1 commentaire Donnez votre avis
  1. Notre société devient de plus en plus obsédée par la qualité des contenus mais occulte sacrément la nocivité des contenants.

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