Cannabis : les Français veulent au moins un débat sur la législation

Alors que de l’autre côté de l’océan Atlantique, la légalisation du cannabis récréatif avance et conquiert de plus en plus d’États américains, la France reste l’un des pays où la législation est la plus dure et la plus répressive d’Europe. Mais alors, la question d’une légalisation ou d’une dépénalisation est de plus en plus débattue chez ses voisins directs, les Français aimeraient au moins que les politiques en parlent.

Rédigé par Valérie Dewerte - De Bisschop, le 11 Oct 2016, à 10 h 19 min

Actuellement, la législation est simple concernant le cannabis en France : la détention, la vente et la consommation sont punies par la loi. Ça n’empêche pas 17 millions de Français d’avoir déjà fumé du cannabis et 700.000 d’en fumer tous les jours.

Légalisation ou dépénalisation du cannabis ? Les Français veulent un débat

Se procurer du cannabis n’est vraiment pas compliqué en France et c’est là tout le problème : cet argent finit dans les mains des dealers et non dans les caisses de l’État, comme c’est le cas aux Pays-Bas, au Colorado ou en Colombie-Britannique au Canada.

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700.000 Français utilisent du cannabis au quotidien © transmitdistort (CC BY 3.0) Deviant Art

Mais, surtout, le débat est fermé dans l’Hexagone : aucun politique n’ose réellement s’attaquer au problème, car aucun consensus sur le cannabis n’existe à droite ou à gauche. Tout élu qui tenterait une loi serait abandonné par une partie de sa famille politique. Et pourtant, selon un sondage Ipsos dévoilé lundi 10 octobre 2016, 52 % des Français aimeraient que la question du cannabis soit un des thèmes de la campagne présidentielle.

Le cannabis divise la classe politique

Le problème, avec le cannabis, c’est que personne ne sait quoi faire : si certains estiment qu’une véritable légalisation et la mise en place d’un circuit de distribution de l’État, à l’instar des Pays-Bas, pourrait bloquer les trafiquants et renflouer les caisses, d’autres estiment que le cannabis doit rester interdit pour des raisons de santé publique, alors que le gouvernement met tout en place pour inciter les Français à arrêter de fumer.

À droite comme à gauche, les deux tendances, plus la troisième qui est celle de la dépénalisation (soit le fait de ne pas sanctionner le consommateur mais uniquement les vendeurs et les trafiquants), font débat. Cécile Duflot (EELV) ou encore Benoît Hamon (PS) penchent pour une légalisation, Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) et Jean-Marie Le Guen (PS) pour une dépénalisation. Manuel Valls et le gouvernement, eux, restent sur l’option d’une législation punitive.

Jeunes têtes de cannabis – © transmitdistort (CC BY 3.0) Deviant Art
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. L’expérience d’un policier qui a fait avancer son pays sur le sujet.

    Peter Christ
    « J’ai parlé récemment avec une personne honnête qui m’a dit « Aller ! vous n’allez pas penser que les gangsters vont devenir honnête parce que vous allez légaliser et je lui ai dit Non, les gangsters resterons des gangsters,mais beaucoup de gens mêlés à ce trafic illégal ne peuvent pas être classé comme gangster, ce sont plus, des opportunistes.. Laisser moi vous donner un exemple rapide, en 1919 il y avait un certain taux d’homicide dans ce pays…Nous avons mis en place la prohibition de l’alcool en 1920, le taux d’homicide c’est mis à grimper chaque année, jusqu’au pic de 1933 ou nous avons décider de légaliser. En 1937 le taux était revenu à celui de 1919 d’avant la prohibition de l’alcool. Et je voudrais souligner qu’à cette période la situation était dramatique, parce qu’il y avait énormément de gens en colère, mais il ne pouvaient plus s’entretuer parce que nous avions retiré du marché, le produit pour lequel il s’entretuaient.La légalisation n’est pas un sujet concernant la drogue elle même c’est un problème de Criminalité et de Terrorisme, engendré par le marché clandestin dans ce pays. »

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