Près d’un tiers des cactus pourrait disparaître d’ici 50 ans

Rédigé par Hugo Quinton, le 16 Oct 2015, à 17 h 33 min

Le cactus se porte mal, c’est le constat qui ressort de la première évaluation globale de l’état de conservation de ce groupe de plantes à travers le monde, effectuée par des scientifiques de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN)(4), 31 % des espèces de cactus sont menacées d’extinction. Cela place les cactus parmi les groupes taxonomiques les plus menacés de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, devant les oiseaux et les mammifères.

Le monde entier n’est plus un cactus

Selon ce rapport sorti au début du mois d’octobre, les cactus subissent actuellement une pression croissante liée à l’activité humaine, avec plus de la moitié des 1.490 espèces de cactus dans le monde qui sont utilisés par l’Homme. Il va y avoir de moins en moins d’espèces de cactus. Les scientifiques parlent même d’un « avenir proche », c’est-à-dire un demi-siècle si nous n’agissons pas rapidement. Pour Florian  Kirchner, chargé du programme « Espèces » à l’UICN, interrogé au micro de RTL : « Si un cactus disparaît, les lézards qui se nourrissent de l’eau ou de graines qui s’y trouve risquent de disparaître, et avec eux toute une série d’espèces en cascade. Si un jour le tigre disparaît, il ne réapparaîtra pas. »

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C’est la première fois que les scientifiques font une évaluation exhaustive des cactus sur Terre. Pendant quatre ans, ces scientifiques ont compté les cactus, observé leur évolution, leur taille au Mexique, aux Etats-Unis et dans toute l’Amérique du Sud. Leurs conclusions ? Sur les 1.490 espèces existantes, 500 sont en voie de disparition. Un taux de menace énorme, en moyenne, les cactus sont davantage en danger que les oiseaux et les mammifères.

Des menaces sur le cactus omniprésentes

Le commerce illégal de plantes et de graines pour l’industrie horticole et les collectionneurs privés, ainsi que leurs récoltes non durables, sont les principales menaces sur les cactus et affectent 47 % des espèces menacées. Aux Amériques, beaucoup de populations locales se nourrissent des cactus. Certains d’entres eux sont très protéiques, que l’on peut même les comparer à des steaks. D’autres fournissent des molécules utilisées pour les médicaments.

Néanmoins, la disparition des cactus n’est pas liée au changement climatique, le vrai principal problème sont les prélèvements effectués par l’Homme. Le commerce des cactus se fait au niveau national et international et est souvent illégal, avec 86 % des cactus utilisés dans l’horticulture issus de populations sauvages. Les collectionneurs européens et asiatiques sont les plus gros contributeurs de ce commerce illégal de cactus. Les spécimens directement extraits de leurs milieux naturels sont particulièrement recherchés du fait de leur rareté.

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Pour Barbara Goettsch, principale auteure de l’étude et co-présidente du Groupe de spécialistes de l’UICN sur les cactus et plantes succulentes : « Cette étude souligne le besoin d’une meilleure gestion, plus durable, des populations de cactus dans les pays concernés. Au vu de la croissance démographique actuelle, ces plantes ne peuvent soutenir de tels niveaux de récolte et de perte d’habitats. »

Les milieux arides qu’affectionnent particulièrement les cactus sont souvent peu considérés et n’ont globalement pas fait l’objet d’importants programmes de conservation. Les auteurs de l’évaluation de l’UICN rappellent qu’il s’agit de zones riches en biodiversité et appellent à davantage les protéger et à sensibiliser le public sur l’importance de la récolte durable des cactus sauvages, afin de mieux conserver ces espèces.

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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Nous vivons une époque formidable, tous les clignotants sont au rouge et malgré cela nous fonçons toujours tête baissée droit dans le mur, est ce que les géographes, les économistes, les politiques et les démographes qui veulent un humanité à 20 milliards d’individus se rendent comptent qu’à 7 milliards nous sommes déjà à prendre – les 4 derniers mois de chaque année – aux générations suivantes de quoi vivre, que cela sera t’il quand ils seront 10 milliards avec les sécheresses, les inondations, les canicules… ils n’auront que le premier semestre en production de la planête et puis après plus rien, trop nombreux, vive le progrès, vive la croissance, vive le futur, vive le meilleur des mondes.

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