Andros, Materne, St Mamet… Les marques de compotes s’entendent-elles sur le dos des consommateurs ?

L’Autorité de la concurrence a convoqué les grands acteurs de la compote le 10 juillet 2019, dans le cadre de son enquête sur un éventuel cartel dans le secteur, révèle Le Monde.

Rédigé par Anton Kunin, le 11 Jul 2019, à 11 h 35 min

Les fabricants de compotes sont soupçonnés de s’être entendus pour maintenir les prix de leurs produits à un niveau élevé.

Cartel de la compote : les premiers agissements remontent à 2010

Trouvez-vous les compotes chères ? Ou plutôt, savez-vous pourquoi aucune des marques présentes sur le marché n’est connue pour pratiquer des prix bas ? L’Autorité de la concurrence, elle, croit avoir un élément de réponse.

L’institution, qui oeuvre depuis dix ans à la libre concurrence dans tous les secteurs de l’économie, au bénéfice du consommateur, soupçonne les fabricants de compotes de s’être entendus sur les prix de leurs produits, afin de les maintenir élevés(1).

La mafia de la compote ! © Vladislav Mirenskii

Les marques Andros, Materne, Charles & Alice, Conserves France (St Mamet), Valade et Delis (Lactalis) font actuellement l’objet d’une enquête pour savoir ce qu’il en est vraiment. Selon les informations du Monde, les représentants de ces marques ont été convoqués au siège de l’Autorité de la concurrence le 10 juillet 2019.

Le gendarme du libre marché les soupçonne de s’être rencontrés à deux reprises, en 2010 et en 2013, pour fixer ensemble les prix de leurs produits.

Ces suspicions d’ententes succèdent notamment à l’affaire du « cartel du jambon » rendue publique fin 2018, dont le verdict sera rendu cette année, ou encore à l’affaire en 2015 du « cartel des yaourts », au cours de laquelle les fabricants de produits laitiers avaient été condamnés à une amende à hauteur de 192,7 millions d’euros.

Cooros aurait dénoncé les autres protagonistes

Fait notable dans cette enquête : le groupe néerlandais Cooros aurait dénoncé les différents protagonistes afin de bénéficier de la procédure de clémence. La procédure de clémence permet en effet à l’entreprise qui a dénoncé une entente de bénéficier d’une exonération totale d’amende.  En échange, elle doit fournir à l’Autorité de la concurrence une déclaration qui contribue à établir la réalité d’une pratique prohibée et à identifier ses auteurs.

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Rappelons que le Code de commerce interdit expressément aux entreprises de s’entendre afin de restreindre ou de fausser le libre jeu de la concurrence (ce qu’on appelle un cartel). Les entreprises participant à un cartel s’exposent au risque de sanctions élevées, qui peuvent atteindre jusqu’à 10 % de leur chiffre d’affaires mondial.

Affaire à suivre donc !

Illustration bannière : Un entente des fabricants de compote sur le dos des consommateurs et surtout des familles avec enfants – © Arlee.P
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Journaliste de formation, Anton écrit des articles sur le changement climatique, la pollution, les énergies, les transports, ainsi que sur les animaux et la...

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