Quels impacts environnementaux pour les alternatives au plastique ?

Selon un rapport de WWF, les alternatives aux emballages plastiques ne sont pas parfaites. La consigne, par exemple, augmente de 169% la consommation d’eau. Explications.

Rédigé par Audrey Lallement, le 16 Oct 2020, à 10 h 45 min

La loi de lutte contre le gaspillage pour une économie circulaire adoptée en février 2020 prévoit une réduction des emballages plastiques jetables, avec la fin de leur mise sur le marché d’ici 2040. Il est donc important de proposer aux consommateurs des alternatives crédibles et de repenser certaines, car toutes ne sont pas forcément neutres. La consigne par exemple : selon WWF, elle entraînerait une surconsommation d’eau de 169 %.

Quelles alternatives au plastique ?

La lutte contre le plastique est devenue prioritaire. On estime en effet qu’un tiers des déchets plastiques finissent leur vie dans la nature dont 8 millions sont déversés dans nos océans. Selon le rapport de WWF « Le plastique ça n’emballe plus – Pour des alternatives aux emballages plastiques à usage unique » réalisé par EY, cabinets d’audit financier et de conseil, près de 40 % du plastique que nous produisons sont dédiés à la production d’emballage.

Un foyer de quatre personnes jette 71 kg de déchets d’emballages ménagers plastiques par an. C’est pourquoi, afin de réduire cette pollution, il est capital de proposer aux consommateurs des solutions alternatives.

Vente en vrac, vente assistée (service à la découpe), consigne… Il existe des solutions pour réduire l’utilisation des emballages en plastique. Cependant, ces alternatives ne sont pas parfaites. Elles ont aussi un impact environnemental. WWF a donc voulu comparé un panier de neuf produits « classiques » avec emballages plastiques avec un panier contenant 9 alternatives.

© ‘Le plastique, ça n’emballe plus ?’, EY, WWF

Une surconsommation d’eau

Certes les alternatives aux emballages plastiques « présentent des bénéfices importants en termes de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, grâce à la réduction de l’impact environnemental de l’emballage (matières premières et fabrication) et, pour le changement d’usage, du transport. Cependant, elles augmentent très significativement la consommation d’eau, du fait du nettoyage des contenants réemployés ».
Alors qu’elles permettraient de réduire de 96 % la quantité de déchets plastiques et de 48 % les émissions de gaz à effet de serre, elles augmentent de 169 % la consommation d’eau.

En France, cette surconsommation représente 49 millions de mètres cubes d’eau en plus. Une quantité qui équivaut à la consommation d’eau d’un million de foyers par an. C’est principalement la consigne qui pose problème.

Selon Éric Mugnier, responsable du pôle Études environnement et développement durable d’EY, « il faut en moyenne un litre d’eau pour nettoyer un contenant d’un litre. En prenant en compte tout le processus du traitement de l’eau, cela porte à 20 litres la quantité d’eau nécessaire au nettoyage du même contenant ».

Les impacts du panier alternatif © ‘Le plastique, ça n’emballe plus ?’, EY, WWF

Cela signifie donc qu’il faut poursuivre les efforts et trouver des alternatives crédibles pour tous les produits qui permettent de réduire le plastique sans gaspiller de l’eau. Un défi à relever d’ici 2040 qui prévoit la fin de mise sur le marché des plastiques à usage unique.

Illustration bannière : Des emballages trop divers et trop nombreux ! © Nagy-Bagoly Arpad
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