Nos formidables alliés en lutte biologique – La Cétoine dorée

Les auxiliaires de culture, ces animaux qui participent à la lutte biologique contre les ravageurs, sont nombreux. Arrêter d’utiliser des produits en tous genres et favoriser toutes ces espèces pour les remplacer est tout à fait envisageable. Mais pour ce faire il faut les connaître et savoir de quelle manière ils peuvent nous aider : découvrons ici la Cétoine dorée !

Rédigé par Julien Hoffmann, le 13 Jun 2019, à 8 h 00 min

Favoriser les auxiliaires ennemis naturels des ravageurs des cultures est à la fois un moyen de laisser une place à la biodiversité et de réfléchir différemment notre production de fruits et légumes. La technique n’est pas nouvelle, mais elle gagne en efficacité au fur et à mesure des nouvelles expériences et du nombre croissant de personnes et de professionnelles qui l’utilisent.

Qui est la Cétoine dorée ?

La Cétoine dorée (Cetonia aurata) est un coléoptère de bonne taille au regard des autres coléoptère en pouvant atteindre les 2 centimètres. Les adultes se rencontrent majoritairement d’avril à juin où ils iront de fleur en fleur.

Gros plan sur Cétoine dorée © iava777

La ponte a lieu aux alentours de mai et juin et les larves qui suivront rapidement mettrons trois ans avant de devenir des adultes qui prendront leur envol.

Si la Cétoine est particulièrement connue ce n’est pas seulement pour sa taille ou ses interactions bénéfiques en lutte biologique, mais aussi parce que ces couleurs sont incroyables et étonneront bien des néophytes comme les enfants !

Lutte biologique et Cétoine dorée : Ce qu’elle fait au potager

Avoir des Cétoines dorées dans votre potager c’est vous assurer d’avoir un pollinisateur massif et un producteur de terre de qualité à vos côtés ! On vous explique…

Les adultes pollinisent

Les adultes de Cétoine dorée se nourrissent de fleurs… Ils ont, a priori, une préférence pour les fleurs blanches principalement d’arbres et arbustes, mais peuvent également se nourrir de fruits blessés ou de sève d’arbre.

Allant de fleur en fleur pour les dévorer, la Cétoine avec sa grande taille, qui fait qu’on la surnomme « hanneton des roses », ne fait pas vraiment dans le détail et laisse beaucoup de fleurs intactes derrière elle. Mais elle joue, se déplaçant ainsi au gré de sa faim, le rôle de pollinisateur de gros volumes !

Les larves décomposent

Les larves de Cétoine sont assez imposantes et sont principalement saproxylophages, c’est-à-dire qu’elles consomment du bois mort déjà en décomposition. Cette nourriture n’étant pas très riche et eu égard à leur taille, ces larves doivent consommer pas mal de nourriture.

Larve de Cétoine dorée © D. Kucharski K. Kucharska

Rajoutez à cela qu’elles ont un cycle de développement de trois ans avant de devenir nymphe puis adulte, cela veut dire qu’une seule larve va transformer un beau volume de matière organique en terre de très bonne qualité !

On trouve souvent les larves de Cétoine dorée dans les composts, les tas de feuilles qui peuvent aussi servir aux orvets, ou encore dans des tas de souche ou branches que vous aurez aménagé pour vos carabes.

Astuce d’identification des larves

Les larves de Cétoines ressemblent un peu aux larves de Hannetons qui, eux, sont problématiques au potager et peuvent causer de gros dégâts. « Petites têtes et gros derrière, c’est une cétoine dorée ; grosse tête et petit derrière, c’est un Hanneton »  !

Comment favoriser la présence de la Cétoine dorée ?

Sans un milieu de vie adéquat, aucun animal qu’il soit auxiliaire de culture ou non, ne viendra s’installer.

Limiter l’usage de produits

L’utilisation de pesticides, d’herbicides ou de fongicides pour ne citer qu’eux, peut avoir un impact tout à fait déterminant sur la présence ou non de ces insectes auxiliaires de cultures que sont les Cétoines dorées.

Mais attention aux idées reçues car il n’y a pas que les produits achetés en magasins qui peuvent avoir un effet négatif sur la présence des Cétoine. Quand vous réalisez vos propres purins qu’ils soient de prêle, de consoude ou de sureau par exemple, prenez garde à ne pas les utiliser trop près ou à un mauvais moment dans le cycle de vie des Cétoines notamment au stade larvaire dans le compost.

Les plantes sont porteuses de principes actifs – c’est d’ailleurs pour cela qu’on les utilise en purin au potager, qui sont potentiellement tout aussi nocifs pour les auxiliaires de cultures.

Adulte de Cétoine dorée en train de se nourrir © Rogatnykh

Créer des refuges

En disposant par exemple des souches déjà bien vieillies comme des îlots au milieu de votre potager vous dresserez le couvert pour les larves de Cétoines dorées qui, les décomposant, enrichiront toute la terre alentour.

Il en ira de même avec des tas de feuilles qui vous laisserez vieillir et se décomposer dans l’entièreté de leur cycle. Vous pouvez par exemple créer un cylindre en grillage que vous compléterez en feuilles mortes au fur et à mesure qu’elles se décomposent. Vous aurez encore une fois un îlot enrichissant les alentours.

Gérer votre compost

Les larves sont relativement résistantes, mais il ne faut pas exagérer ! Il s’agit donc de laisser une partie de votre compost dans votre bac ou sur le lieu où vous le créer, même si vous en aviez besoin dans votre potager.

En réalité, étant donné qu’il y a de fortes chances que votre compost fonctionne grâce aux larves de Cétoines dorées, ce n’est pas cher payer que d’en laisser un peu aux larves sur place. Si, au moment de répartir votre compost sur votre potager vous trouvez des larves, remettez-les dans ce reste de compost pour les protéger.

Illustration bannière : Gros plan d’une face de Cétoine dorée © Henri Koskinen
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