Même l’air que nous respirons est pollué par les pesticides

Selon la base de données Phytatmo, dont les analyses viennent d’être rendues publiques, l’air respiré par les Français est pollué par de nombreux pesticides, dont certains interdits depuis des années.

Rédigé par Paul Malo, le 19 Dec 2019, à 9 h 34 min

Selon la base de données Phytatmo, les pesticides polluent jusqu’à l’air que nous respirons en France.

Certains pesticides retrouvés dans l’air sont interdits depuis des années

En matière de pollution de l’air, on avait déjà entendu parler des rejets des activités industrielles, comme les particules fines. Voilà que l’on apprend, en consultant la base de données Phytatmo, que l’air respiré par les Français est pollué par de nombreux pesticides. Cette base vient d’être rendue publique le 18 décembre, par Atmo France, la Fédération des Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa). Herbicides, fongicides, insecticides… Selon cette base de données, ce sont entre 40 et 90 substances actives différentes qui sont détectées et quantifiées annuellement à l’échelle de l’Hexagone.

Un tracteur épand des pesticides sur des citrons ©David Moreno Hernandez

Certaines de ces substances, le plus souvent utilisées par le passé dans l’agriculture, sont même interdites depuis plusieurs années, mais demeurent pourtant présentes dans l’air. Le folpel, utilisé contre le mildiou, classé cancérogène, mutagène et reprotoxique probable par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est fortement présent en Nouvelle-Aquitaine. Le lindane, interdit en agriculture depuis 1998, figure dans le Top 10 de cette analyse et est identifié dans la plupart des régions et dans la majorité de prélèvements. Il est classé cancérogène pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC)

Une durée de vie longue des pesticides dans la nature

Cette analyse réalisée par Atmo France sur la période 2015-2017 a ainsi permis de lister les dix pesticides les plus présents dans l’air au niveau national. On y recense deux insecticides (lindane et chlorpyriphos-éthyl), trois fongicides (chlorothalonil, folpel, cymoxanil) ainsi que quatre herbicides (pendiméthaline, triallate, s-métolachlore, prosulfocarbe et diméthénamide). Pour arriver à ces résultat, la fédération a recherché 321 substances actives, et effectué 6837 prélèvements sur 176 sites permanents ou mobiles en zone rurale comme en ville.

Comment expliquer la présence pérenne de ces produits interdits dans l’atmosphère ? Lors des traitements, tous ces produits phytosanitaires peuvent être durablement transportés dans l’atmosphère par volatilisation, du fait du vent, mais aussi du fait de l’érosion des sols. Des pratiques agricoles illégales, des professionnels comme de particuliers, doivent aussi sans doute perdurer. Enfin, certaines particules persistent tout simplement dans l’environnement, et possèdent hélas une durée de vie très longue. Imprégnant les sols, elle se retrouvent en suspension, notamment en cas de période de sécheresse.

Illustration bannière : Un fermier épand des pesticides – © Jinga
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1 commentaire Donnez votre avis
  1. Mais en France il n’y a plus de capitaine de bateau ??? comment continuer à permettre à tous ces agriculteurs ASSASSINS d’utiliser tous ces pesticides, herbicides, fongicides, engrais chimiques qui arrivent directement dans nos poumons, dans notre sang et dans nos assiettes ??? l’excuse de l’augmentation de production est vraiment RIDICULE quand on voit que cette soi-disant AUGMENTATION de PRODUCTION se trouve dans les centaines de tonnes que les grandes surfaces jettent tous les ans. On a vraiment des gouvt de vrais incapables qui se suivent depuis des années…….

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